Malgré le gel des droits de scolarité, le mouvement étudiant québécois a poursuivi la tradition mensuelle établie au printemps dernier en participant à la manifestation du 22 novembre. Des milliers d'étudiants ont répondu à l'appel l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) pour réclamer la gratuité scolaire.

La manifestation s'inscrivait en outre dans une semaine d'action internationale contre la « marchandisation de l'éducation ».

La marche, amorcée en après-midi au square Victoria s'est terminée à la place Émilie-Gamelin vers 16 h 30. L'escouade antiémeute du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) était sur place pour surveiller le déroulement de la manifestation, qui a été déclarée illégale dès ses premières minutes en vertu d'un règlement municipal parce que l'itinéraire n'avait pas été fourni aux autorités.

Comme au plus fort de la crise étudiante, le SPVM a indiqué qu'elle serait « tolérée si aucun acte criminel n'est commis ».

Si on rapporte quelques méfaits, comme des pierres lancées contre les véhicules des médias et les voitures de police, la manifestation s'est dans l'ensemble déroulée dans le calme. Les policiers n'ont d'ailleurs procédé à aucune arrestation.

Pour de nombreux étudiants, l'annulation de la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Marois ainsi que l'abrogation de la loi 12 encadrant les manifestations adoptées par le gouvernement précédent ne suffisent pas.

Si plusieurs scandaient des slogans en faveur du droit à l'éducation ou contre le capialisme, certains s'en prenaient directement au Parti québécois.

Des dizaines d'associations regroupant plus de 56 000 étudiants collégiaux et universitaires et affiliées à l'ASSÉ, qui avait fondé la CLASSE pendant le conflit, s'étaient prononcées en faveur de cette journée de grève et même, dans certains cas, pour des périodes plus longues.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), les deux autres associations qui étaient à l'avant-scène de la grève, ne participaient pas à cette manifestation.

Une délégation de Québec solidaire, dont faisait partie le député de Mercier, Amir Khadir, s'est jointe au mouvement de protestation.

« Nos gouvernements veulent de plus en plus arrimer l'éducation postsecondaire aux besoins du marché alors que l'éducation postsecondaire devrait avoir des orientations humanistes de transmission de connaissances, de transmission du savoir et de développement de l'esprit critique », a indiqué Jérémie Bédard-Wien, un porte-parole de l'ASSÉ, au cours d'un point de presse précédant la marche.

Gratuité scolaire, opposition au budget Marceau et soutien aux Palestiniens au menu

Si la manifestation avait pour but d'exprimer la « solidarité avec les autres luttes [étudiantes] mondiales », elle avait d'autres messages à transmettre, a martelé M. Bédard-Wien, qui a notamment rappelé que l'objectif de l'association était d'obtenir la gratuité scolaire.

« Nous avons réussi à annuler la hausse, ce qui nous permet d'ouvrir un espace de possible. Nous aimerions remplir cet espace de possible par une vision humaniste, une vision progressiste de l'éducation et cette vision, depuis 2001, depuis la fondation de l'ASSÉ, c'est la gratuité scolaire. » — Jérémie Bédard-Wien, porte-parole de l'ASSÉ.

Déplorant les orientations « néolibérales », M. Bédard-Wien a également dénoncé le « budget d'austérité » déposé cette semaine par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, qui maintient une taxe santé, dégèle les tarifs du bloc patrimonial d'Hydro-Québec en plus d'annoncer cette « indexation [des droits de scolarité] qui se profile ».

La manifestation se voulait aussi un soutien à la lutte des Palestiniens, a indiqué M. Bédard-Wien, notant la présence d'un contingent propalestinien.

Les étudiants réclament également une commission d'enquête publique sur les opérations policières, ainsi que le retrait des accusations criminelles et pénales liées au conflit étudiant du printemps dernier.

Une démarche qui ne fait pas l'unanimité

La FEUQ et la FECQ, qui réclament pour leur part le gel des droits de scolarité et non la gratuité scolaire, estiment que leur participation au sommet sur l'éducation, annoncé par le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, est une stratégie plus efficace pour obtenir gain de cause que de prendre la rue.

L'ASSÉ doit quant à elle décider dimanche prochain, lors d'un congrès à Québec, si elle participera ou non au sommet.

Malgré l'absence de la FEUQ et de la FECQ à cette manifestation, M. Bédard-Wien a estimé que le mouvement étudiant jouissait d'un « très grand momentum » pour réaliser la gratuité scolaire.

Forte de « 70 000 membres », l'ASSÉ est sur la « pente ascendante », a-t-il assuré.

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  • (Crédit: Geoffrey Dirat, Le Huffington Post Québec)

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  • (Crédit: Caroline d'Astous, Le Huffington Post Québec)

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