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La concurrence des monarchies du Golfe et de l'Iran sur la question palestinienne

21/11/2012 08:57 EST | Actualisé 21/01/2013 05:12 EST

Un texte de Kamel Bouzeboudjen

Dans la guerre d'influence au Moyen-Orient, dont la question palestinienne est le catalyseur, l'Iran et les monarchies pétrolières du Golfe mènent des batailles féroces aussi bien sur le plan politique que sur le plan de la communication.

À chaque crise, les deux parties se livrent bataille pour apparaître le plus solidaire des Palestiniens aux yeux de l'opinion publique arabe et musulmane.

Quelques jours avant le déclenchement de l'opération « Pilier de défense », l'émir du Qatar, Hamad ben Khalifa al Thani, s'est rendu en grandes pompes à Gaza, où il a annoncé une aide pour la reconstruction de plusieurs millions de dollars.

Cette visite largement médiatisée par la chaîne Al-Jazira (propriété du royaume) est une des opérations de ce petit pays dans sa bataille pour s'imposer comme acteur important dans la région.

Quand la direction en exil du Hamas a dû quitter la Syrie, en raison sa difficulté à prendre position dans la crise qui oppose le régime et les rebelles, le Qatar l'a accueillie.

Mais ces actions n'ont pas grâce aux yeux de l'Iran et de ses alliés dans la région, comme le Hezbollah libanais.

Dans son dernier discours, le 19 novembre, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s'en est pris au premier ministre du Qatar, sans le nommer, en faisant référence à une intervention lors d'une réunion de la Ligue arabe, où il a déclaré : « Nous [les dirigeants arabes] sommes devenus des brebis ».

Le chef du Hezbollah n'a pas manqué l'occasion de commenter. Il s'est adressé au premier ministre du Qatar en lui disant que s'il se considérait, lui, comme une brebis, il ne devait parler qu'en son nom seulement, car dans les pays arabes, il y a encore, selon ses termes, des héros et de combattants, notamment les Palestiniens et les Libanais, qui « résistent à Israël ».

Les Iraniens ont saisi l'occasion des bombardements israéliens contre la bande de Gaza pour inviter les pays arabes à suivre leur exemple et fournir des armes aux Palestiniens.

« Notre message est que si les pays arabes veulent aider l'État de Palestine, ils doivent fournir une aide militaire », a déclaré Ali Larijani, le président du Parlement iranien.

Le Hamas et le Djihad islamique ont d'ailleurs remercié les Iraniens pour leur aide en armes et en argent.

Les Palestiniens qui se trouvent au milieu de cette bataille ont une position inconfortable et prennent les plus grandes précautions pour ne déplaire ni aux uns ni aux autres.

Mais la question demeure toujours posée : qui gagnera la bataille de l'influence au Moyen-Orient, dont la question palestinienne est l'un des enjeux?

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