OTTAWA - Les répercussions d'un rappel massif de boeuf contaminé se faisaient toujours sentir à Ottawa mardi alors que le gouvernement conservateur faisait adopter une loi visant à rendre plus sécuritaire le système alimentaire.

Questionné sur les effets économiques du rappel de la viande de l'usine XL Foods, en Alberta, le ministre de l'Agriculture Gerry Ritz a affirmé que les ventes de boeuf n'avaient pas chuté.

Il a toutefois noté qu'un autre cas de personne rendue malade par le boeuf contaminé à l'E. coli avait été signalé il y a quelques jours, portant à 18 le nombre de personnes touchées.

L'Agence de la santé publique du Canada a déclaré le 14 novembre qu'un nouveau cas de contamination à l'E. coli lié à l'usine XL Foods avait été confirmé en Alberta. La personne est tombée malade et n'est toujours pas entièrement rétablie.

Les États-Unis et Taiwan ont imposé des restrictions sur les importations de boeuf provenant de l'usine XL Foods immédiatement après la contamination à l'E. coli. Celles-ci ont été levées depuis pour Taiwan, mais les États-Unis n'acceptent toujours pas le boeuf de cette usine.

Le mois dernier, l'Agence canadienne d'inspection des aliments a redonné à l'usine la permission de recommencer à abattre des animaux après sa fermeture de plus d'un mois.

Ce n'est pas encore clair quand l'usine sera autorisée à recommencer à expédier son boeuf vers des détaillants au pays ou aux États-Unis.

Les déclarations de Ritz sont survenues après qu'il eut dit s'attendre à ce que le projet de loi S-11, Loi sur la salubrité des aliments au Canada, passe aux Communes mardi.

Le projet de loi n'est pas une réponse directe à la fermeture de l'usine XL Foods en septembre, mais il devrait rendre plus facile l'identification d'aliments une fois expédiés d'usines, afin que des inspecteurs puissent plus facilement résoudre des problèmes, a indiqué le ministre.

L'agence d'inspection a été critiquée le mois dernier pour le délai avant d'annoncer le rappel pour que le boeuf potentiellement contaminé soit retiré des étagères.

Une fois devenu loi, le projet S-11 mettra en place des mesures qui «permettraient de retracer plus rapidement les produits qui sont rappelés afin qu’ils soient retirés plus vite du marché et de façon plus exhaustive», a déclaré le ministre dans un communiqué.

Introduit au Sénat en juin dernier, le projet de loi a pour objectif de fournir une meilleure surveillance du système alimentaire en rendant les inspections plus consistantes, en donnant plus de pouvoir aux inspecteurs et en augmentant les pénalités pour les entreprises qui posent un risque à la santé et à la sécurité des consommateurs.

Les amendes pourraient augmenter jusqu'à atteindre 5 millions $ — ou plus à la discrétion d'une cour dans le cas d'offenses plus graves. Le maximum actuel est de 250,000$.

L'agence donnera aussi à l'agence d'inspection l'autorité d'exiger des producteurs et des transformateurs qu'ils mettent en place des systèmes pour mieux retracer leurs produits.