Un texte de François Messier

À la commission Charbonneau, André Durocher d'Excavations Panthère a expliqué comment Tony Conte de Conex l'a vraisemblablement empêché de soumissionner pour un contrat de reconstruction d'une conduite d'eau dans la rue Chabanel, à Montréal, en mettant de la pression sur l'entreprise qui lui offrait du cautionnement.

M. Durocher a expliqué qu'il s'apprêtait à déposer une soumission de 1,6 million de dollars pour ce contrat, le 3 décembre 2008, lorsque Pierre Papineau, de la firme Comerco Courtage Plus qui assurait ses équipements, a fait irruption dans ses bureaux peu après 6 h le matin.

« Il m'a dit: "André, on va se faire casser les deux jambes" », avant d'enchaîner: « Un, tu ne déposes pas [ton appel d'offres pour la rue] Chabanel, deux, je t'enlève ta caution, et trois, je t'enlève tes assurances de tous tes équipements si tu déposes » une soumission.

Selon lui, Pierre Papineau, qui était « agressif et nerveux », a évoqué le nom de Tony Conte de Conex, un entrepreneur aujourd'hui décédé et dont le nom revient très souvent à la commission Charbonneau. André Durocher dit qu'il ne connaissait pas Tony Conte.

André Durocher a affirmé qu'il ne pouvait plus soumissionner pour ce contrat. Pierre Papineau, a-t-il précisé, était reparti de son bureau en emportant avec lui la feuille confirmant que Panthères Excavation avait le cautionnement requis pour le contrat.

Le cautionnement est une garantie qui est offerte au donneur d'ouvrage, la Ville de Montréal dans ce cas-ci. Sans ce document, la soumission d'Excavations Panthère n'aurait même pas été valide.

Conex a finalement obtenu le contrat avec une soumission de 1,83 million de dollars.

M. Durocher avait précédemment expliqué qu'il avait été inlassablement harcelé au sujet de son contrat dès qu'un employé de sa firme avait mis les mains sur les documents d'appels d'offres à la Ville de Montréal.

Il avait reçu de nombreux appels à ce sujet, auquel il ne répondait pas, et même la visite de deux hommes venus à son bureau dans une Cadillac noire. Ces derniers lui avaient donné un numéro de téléphone en insistant pour qu'il le compose, ce qu'il n'a pas fait.

Avant M. Durocher, la commission Charbonneau avait appelé Pierre Papineau à la barre des témoins pour parler en particulier de ce contrat. Ce dernier avait expliqué qu'il assurait les équipements de M. Durocher, mais que son cautionnement était fourni par un associé, Michel Leduc.

Pierre Papineau avait déclaré à la commission qu'il avait reçu en décembre 2008 un appel de son associé Serge Poirier, qui faisait le cautionnement pour l'entreprise Conex de Tony Conte. M. Poirier voulait savoir si M. Durocher avait l'intention de soumissionner sur le projet de la rue Chabanel à Montréal.

M. Papineau a raconté qu'il n'avait jamais reçu une demande du genre de toute sa carrière, mais qu'il a tout de même téléphoné à M. Durocher à ce sujet, parce qu'il savait que « M. Conte faisait partie d'un groupe » et craignait qu'il n'y ait des « problèmes pour [Durocher] et pour ses équipements ».

Pierre Papineau raconte qu'il a demandé à André Durocher s'il entendait soumissionner, mais ne s'est pas souvenu d'avoir obtenu une réponse. Il affirme lui avoir rappelé qu'il travaillait généralement dans « son coin », sur la Rive-Nord de Montréal, plutôt qu'à Montréal et qu'il s'était déjà fait incendier de l'équipement.

M. Papineau n'a cependant jamais évoqué la rencontre du 3 décembre 2008 dans les bureaux d'Excavations Panthère.

De l'avantage d'être lié à une firme de génie

Le témoignage d'André Durocher a aussi permis de jeter un éclairage sur des cas de collusion dans les municipalités de la Rive-Nord de Montréal. Selon lui, ces marchés sont devenus « fermés » après que des entrepreneurs actifs à Montréal, dont Infrabec, eurent entrepris d'y soumissionner vers 2002.

Les marchés de Montréal et de Laval, a-t-il dit, étaient déjà fermés par certains entrepreneurs « très très agressifs ». Selon lui, il recevait des appels dès qu'il allait chercher des documents d'appels d'offres dans ces deux villes. On lui disait alors: « "tu ne soumissionnes pas, tu n'as pas d'affaire là" ».

Corroborant des informations déjà distillées par l'ex-propriétaire d'Infrabec Lino Zambito, André Durocher a raconté que seuls les entrepreneurs qui étaient associés à des firmes de génie-conseil proche de la Ville pouvaient y travailler convenablement.

À Blainville, a-t-il dit, une firme de génie pouvait, par exemple, exiger qu'un entrepreneur utilise des tuyaux de L'Écuyer et fils. Les entrepreneurs qui n'avaient pas d'entente particulière avec cette firme se retrouvaient ainsi exclus d'entrée de jeu.

Il a aussi dit qu'un entrepreneur qui n'était pas associé à une firme de génie-conseil avait automatiquement « le laboratoire sur le dos ». Ce laboratoire, mandaté par les firmes de génie, pouvait ainsi se mettre à exiger des taux de compaction du sol beaucoup plus élevés que prévu, ce qui retardait considérablement l'avancée des travaux.

« Un laboratoire peut te donner de la misère comme il peut donner un bon coup de main », soutient André Durocher.

C'est grâce à de telles ententes, a dit André Durocher, que, depuis 2002, Mascouche est en quelque sorte une municipalité attitrée à Normand Trudel, Blainville, à CJRB et Doncar, Saint-Jérôme, à l'entreprise 4 Saisons et Lachute, à ABC Rive-Nord et CJRB.

M. Durocher a aussi raconté qu'il avait beaucoup de difficultés à exécuter un contrat de 2,7 millions de dollars qu'il avait décroché à Lachute. Il soutient que quand il a obtenu le contrat, un ingénieur de la firme LBHA, Steve Chaumont, l'a appelé pour le mettre en garde.

« Il m'a dit : "André, on vient de recevoir un téléphone. Un, tu n'es pas le bienvenu, et deux, on a reçu l'ordre de te crever à Lachute" », a raconté le témoin. M. Durocher a cependant eu de bons mots pour la firme LBHA, qui ne lui a jamais mis des bâtons dans les rues.

André Durocher dit en outre qu'une firme de génie pouvait s'organiser pour faire annuler un appel d'offres pour repousser un entrepreneur dont elle ne voulait pas. Il dit que cela lui est arrivé dans un projet de la municipalité de Saint-Janvier.

Selon le témoin, Michel Lalonde, du groupe Séguin, l'a notamment menacé d'annuler un appel d'offres qui était réservé à son frère Yves Lalonde, qui venait de démarrer une entreprise avec Joe Borsellino.

M. Durocher dit qu'il a remporté l'appel d'offres, et que celui-ci a bel et bien été annulé.

Au fil des années, André Durocher dit avoir été harcelé, intimidé, et que ses équipements ont été vandalisés. Il soutient que son frère Denis s'est fait frapper au visage par un individu équipé d'un poing américain, ce qui lui a valu trois fractures et un arrêt de travail d'un an.

Il soutient qu'il a dénoncé certaines de ces actions à la police, mais qu'aucune d'entre elles n'a été élucidée.

Mis en cause par Zambito

André Durocher a par ailleurs fermement nié avoir trempé dans des pratiques collusoires. « Je n'avais pas d'intérêt à embarquer là-dedans. Ça ne m'intéressait pas », a-t-il dit, en précisant que tous les nombreux membres de sa famille actifs dans la compagnie étaient du même avis.

Il soutient en outre n'avoir payé aucune ristourne à quiconque. « On a été élevé de même. [...] Mes parents [également entrepreneurs] ne payaient pas, moi je n'ai pas payé et mes enfants ne paieront pas non plus. C'est une question de principe », a-t-il affirmé.

Le 4 octobre, l'ex-propriétaire d'Infrabec Lino Zambito avait expliqué à la commission qu'André Durocher et son frère avaient réuni de 15 à 20 entrepreneurs dans un hôtel de Blainville en mai 2008 pour mettre sur pied un système de collusion.

Des représentants d'Infrabec, de Doncar, de Pavage 4 Saisons, de G. Giuliani, de Poly Excavation et de Civex étaient notamment présents, selon lui.

D'après Lino Zambito, André Durocher et son frère « ont commencé à parler du fait que les entrepreneurs, on devait se tenir puis éviter un peu, sur la couronne Nord, de se déchirer comme on le faisait tout le temps ».

« Puis, M. Durocher a commencé à sortir la liste des appels d'offres qui étaient en cours dans le prochain mois, ce qui était public. Et il a commencé à demander aux entrepreneurs lesquels avaient des intérêts pour tel ou tel projet. [...] Il commençait à dispatcher des jobs pour que chacun ait un contrat », a-t-il poursuivi.

Selon Lino Zambito, le stratagème a fonctionné deux ou trois mois, notamment à Mirabel, à Blainville et à Saint-Jérôme, mais sans plus.

L'ex-propriétaire d'Infrabec a expliqué que l'affaire ne pouvait pas tenir parce que Durocher n'avait pas invité d'importants entrepreneurs, comme ABC Rive-Nord, Asphalte Desjardins et Simard-Beaudry, à se joindre au groupe.

Ces entrepreneurs, a-t-il dit, n'auraient jamais accepté de se « tasser » de certains contrats au profit des membres de ce groupe.

Lino Zambito avait en outre fait valoir qu'il avait trouvé cette démarche fort malhabile, puisqu'elle se déroulait de façon trop ouverte, et devant beaucoup trop de témoins qui ne se connaissaient pas toujours.

Suivez la commission en direct avec François Messier :

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  • Michel Arsenault

    L'ex-président de la FTQ a défendu son intégrité, assurant que les choix qui avaient été faits étaient les bons pour l'économie québécoise. <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/28/commission-charbonneau-deuxieme-jour-de-comparution-pour-michel-arsenault_n_4680036.html" target="_blank">Il a nié les allégations de Ken Pereira</a>, notamment celle voulant qu'un Italien lui ait proposé 300 000$ pour le dossier Carboneutre. Il a aussi nié avoir donné un traitement particulier aux dossiers de Jocelyn Dupuis. Il a cependant été questionné longuement <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/27/commission-charbonneau-michel-arsenault-frequente-toujours-tony-accurso_n_4673593.html" target="_blank">sur son amitié avec Tony Accurso</a>, entre autres sur un <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/30/commission-charbonneau-michel-arsenault_n_4694791.html" target="_blank">cadeau luxueux</a> que ce dernier a remis à sa femme.

  • Jean Lavallée

    L'ex-président de la FTQ-Construction Jean Lavallée <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/21/jean-lavallee-commission-charbonneau_n_4636972.html" target="_blank">nie avoir fait des démarches auprès du PQ</a>, au printemps 2009, afin de le convaincre de ne pas appuyer la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction. L'écoute électronique d'une conversation entre lui et l'ex-président de la FTQ Michel Arsenault laisse toutefois croire à l'existence d'un «deal» entre la FTQ et Claude Blanchet, ex-PDG du Fonds et époux de Pauline Marois. Ml Lavallée admet que Tony Accurso <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/22/commission-charbonneau-jean-lavallee-temoignage_n_4644154.html" target="_blank">l'a invité en vacances à ses frais à plusieurs reprises</a>. Il nie par ailleurs que son ami Denis Vincent soit lié aux Hells Angels. Source: Radio-Canada

  • Guy Gionet

    L'ex-PDG de la SOLIM Guy Gionet <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/14/commission-charbonneau-guy-gionet-solim_n_4595095.html" target="_blank">soutient s'être inquiété du risque</a> que posait à la réputation du Fonds la présence de certaines personnes dans des dossiers de la SOLIM. Mais Jean Lavallée lui a bien fait comprendre que son rôle de PDG se limitait à obtenir du rendement. Lavallée était en quelque sorte un «dieu» à la FTQ et au Fonds, dira Gionet. Il indique aussi que personne à la SOLIM n'a jamais eu de malaise <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/01/15/commission-charbonneau-guy-gionet-jean-lavallee_n_4601879.html" target="_blank">à faire affaire avec Ronnie Beaulieu</a>, un homme dont le passé criminel était pourtant bien connu. Source: Radio-Canada

  • Jocelyn Dupuis

    Jocelyn Dupuis est l'ancien directeur général du syndicat de la la FTQ-Construction. Il est en attente d'un procès pour avoir réclamé des remboursements sur la base de fausses factures et de factures gonflées. Source: Radio-Canada.ca

  • Nicodemo Milano

    L'enquêteur Nicodemo Milano analyse l'écoute électronique effectuée par la SQ dans le cadre de l'opération Diligence. Les policiers ont enregistré différents acteurs impliqués dans Carboneutre, une entreprise infiltrée par la mafia qui a tenté, en vain, d'obtenir du financement du Fonds de solidarité FTQ.

  • Paul Sauvé

    Paul Sauvé, le patron de LM Sauvé a indiqué dans son <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/10/23/collusion-na-pas-epargne-maconnerie-sauve_n_4152126.html" target="_blank">témoignage</a> que la maçonnerie n'a été épargnée ni par la collusion ni par l'intimidation, comme les autres domaines de la construction ciblés par la commission.

  • Benoît Ringuette

    Il est le <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/10/17/commission-charbonneau-quand-la-mafia-cogne-aux-portes-du-fonds-de-solidarite-ftq_n_4114840.html" target="_blank">co-fondateur de Carboneutre</a> et a finalement perdu le contrôle de sa compagnie sans pour autant réussir à la vendre, se retrouvant ainsi entouré de collaborateurs dont il ignorait l'essentiel des agissements, dont notamment la présence dans l'entreprise du mafieux Raynald Desjardins, ou encore de celle de son ami Jocelyn Dupuis. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Gaétan Morin

    Gaétan Morin, le premier vice-président au développement corporatif et investissement du Fonds, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/10/16/abc-fonds-de-solidarite-commission-charbonneau_n_4107586.html" target="_blank">a expliqué à la commission</a> les étapes que doit maintenant traverser le dossier d'une entreprise qui souhaite obtenir du financement du Fonds de solidarité FTQ.

  • Ken Pereira

    L'ex-syndicaliste Ken Pereira a affirmé que l'ex-directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis entretenait des liens avec les Hells Angels et la mafia. Il a dû interrompre son témoignage à la suite d'une chute accidentelle au début du mois d'octobre.

  • Jocelyn Anctil

    Jocelyn Anctil, un homme d'affaire prospère et ambitieux de l'Estrie, a raconté à la commission Charbonneau comment ses entreprises ont été victimes d'une série d'incendies criminels entre 2009 et la fin 2010. Source: Radio-Canada.ca

  • Claude Asselin

    Claude Asselin admet que l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt lui a demandé à de multiples reprises de s'arranger pour que des contrats lancés en appels d'offres aboutissent entre les mains des entrepreneurs qu'il avait choisis. Il soutient n'avoir sinon jamais été témoin de cas de collusion entre firmes de génie et se défend d'avoir fait de l'aveuglement volontaire.

  • Jean Gauthier

    Le notaire à la retraite Jean Gauthier admet, après s'être défilé malhabilement, que l'argent qu'il récoltait auprès des firmes de génie pour le PRO des Lavallois était lié à des contrats obtenus par elles à la Ville de Laval. « C'est ça, c'est pour des contrats qu'ils ont reçus », a-t-il laissé tomber, coincé sous le feu croisé du procureur Denis Gallant et de la commissaire France Charbonneau

  • Bahjat Ashkar

    L'ingénieur Bahjat Ashkar a expliqué à la commission comment il a pu prendre pied dans le marché de Laval au tournant des années 2000 en finançant le PRO des Lavallois, par l'intermédiaire du notaire Jean Gauthier, puis a expliqué son implication dans le système de collusion dans le génie mis en place en 2002.

  • Vincent Auclair

    L'ex-député libéral Vincent Auclair admet avoir reçu des mains de l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt une enveloppe d'argent lors d'une rencontre en tête à tête à l'hôtel de ville de Laval arrangée par son équipe de campagne. L'argent lui a été remis en marge de la partielle dans la circonscription de Vimont en 2002, lors de la troisième semaine de campagne.

  • Mike Mergl

    Mike Mergl reconnaît avoir fait de la collusion à Laval dès le début des années 2000 avec son entreprise Mergad. Il ne peut cependant dire pourquoi tel ou tel contrat lui était attribué par le système, mais estime que le gestionnaire de la collusion, le directeur de l'ingénierie Claude Deguise, lui donnait « les projets que personne ne voulait ».

  • Basile Angelopoulos

    Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Laval, Basile Angelopoulos, admet avoir servi de prête-nom pour des contributions politiques faites au parti du maire Gilles Vaillancourt, à la demande de Me Jean Bertrand.

  • Jean Bertrand

    Presque tous les conseillers municipaux élus sous la bannière du PRO des Lavallois depuis 1997, dont l'actuel maire Alexandre Duplessis et l'ensemble du comité exécutif, se sont fait rembourser des centaines de milliers de dollars en contributions politiques grâce à de l'argent comptant fourni par des firmes d'ingénieurs au notaire Jean Gauthier, affirme Me Jean Bertrand. (Source: Radio-Canada)

  • Ronnie Mergl

    Ronnie Mergl, vice-président de Nepcon, a révélé jeudi que l'entreprise a elle aussi versé une rémunération à Bernard Trépanier, l'ancien responsable du financement d'Union Montréal. Devant la Commission Charbonneau, M. Mergl a confirmé que Nepcon a versé quelque 90 000 $ en honoraires à la compagnie de M. Trépanier en 2010 et 2011. Le rôle de M. Trépanier consistait à identifier des projets qui pourraient intéresser Nepcon, comme des abribus. (Source: Radio-Canada)

  • Gilles Théberge

    Gilles Théberge a expliqué à la commission Charbonneau que Sintra, entreprise pour laquelle il travaillait de 1996 à 2000, a fait de la collusion dans l'asphalte sur des contrats du ministère des Transports du Québec (MTQ). La collusion se faisait entre producteurs d'asphalte tant sur la Rive-Sud que sur la Rive-Nord de Montréal. (Source: Radio-Canada)

  • Pierre Allard

    Un entrepreneur de Mascouche, Pierre Allard, a raconté à la commission avoir tenu tête au système de collusion à Laval entre entrepreneurs. Le propriétaire d'Excavations S. Allard a affirmé avoir refusé, en 2006, de se tasser sur un contrat public de raccordement des égouts et aqueducs de 42 triplex aux services municipaux sur un chantier où il avait fait l'excavation. (Source: Radio-Canada)

  • Roger Desbois

    Roger Desbois confirme que la collusion a régné dans les appels d'offres à Laval entre firmes de génie-conseil, au vu et au su du maire Vaillancourt. Le système, implanté début 2000 dans la foulée de la loi 106, était géré par le directeur de l'ingénierie de la Ville de Laval, Claude Deguise. Les firmes devaient verser en échange une cote de 2 % au parti de Gilles Vaillancourt. (Source: Radio-Canada)

  • Jean Roberge

    Le directeur général adjoint de la Ville de Laval, Jean Roberge, a confirmé avoir pris part au système de collusion à la Ville de Laval. « J'y ai moi-même participé », a-t-il confié à la commission Charbonneau. Jean Roberge a pris part à ce système alors qu'il était à la tête de la firme d'ingénieurs Équation Groupe Conseil, de 2002 à 2007. (Source: Radio-Canada)

  • Gaétan Turbide

    Le directeur général de la Ville de Laval, Gaétan Turbide, devait ouvrir le chapitre sur la ville de Laval, mais la commission Charbonneau a mis de côté son témoignage à la dernière minute. Vers 10:30 le matin même où devait débuter son témoignage, la procureure en chef Sonia Lebel a expliqué que la commission avait obtenu de nouvelles informations à son sujet. « À 9 h 15 ce matin, les procureurs de la commission ont appris des informations qui leur font sérieusement mettre en doute la crédibilité du prochain témoin, Gaétan Turbide ». C'est donc l'adjoint de Gaétan Turbide, Jean Roberge, qui est venu témoigner sur les malversations alléguées à la Ville de Laval. (Source: Radio-Canada)

  • Gérald Tremblay

    L'ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay, a affirmé avoir congédié le collecteur de fonds Bernard Trépanier après avoir appris qu'il aurait exigé un pot-de-vin de 1 million$ à un promoteur. Le collecteur de fonds aurait demandé cette somme au promoteur SmartCentres pour un projet immobilier dans l'arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension. Par ailleurs, Gérald Tremblay a soutenu que son parti, Union Montréal, n'a jamais bénéficié de la fameuse cote de 3% que Bernard Trépanier aurait récolté auprès des firmes de génie collusionnaires. (Source: Radio-Canada)

  • Frank Zampino

    La commission a prouvé que Frank Zampino et Tony Accurso ont fait un voyage ensemble à Las Vegas en septembre 2006, en dévoilant quelques photos faites lors de ce voyage. La commission a du même coup dévoilé quelques photos d'un autre voyage que M. Zampino a effectué avec M. Accurso à Las Vegas, en février, cette fois en compagnie de l'ex-directeur général de la Ville, Robert Abdallah. L'ancien bras droit du maire Gérald Tremblay a admis qu'il a séjourné sur le bateau de l'entrepreneur en construction Tony Accurso avec sa famille dès 2005, sans payer quoi que ce soit. Ce voyage n'avait jamais été révélé, contrairement à ceux qu'il a effectués en février 2007 et 2008, soit avant et après le lancement de l'appel d'offres dans le dossier des contrats d'eau. <em>Le Huffington Post Québec avec Radio-Canada</em>

  • Bernard Trépanier

    Bernard Trépanier a reçu des honoraires de 900 000 $ de Dessau entre 2002 et 2010, dont quelque 150 000 $ alors qu'il occupait le poste de directeur du financement d'Union Montréal. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Rosaire Sauriol

    Moins d'une semaine après son témoignage à la commission Charbonneau, le vice-président de la firme Dessau, Rosaire Sauriol, a annoncé qu'il démissionnait du poste qu'il occupait au sein de l'entreprise depuis 1986. (Source: Radio-Canada)

  • Pierre Lavallée

    L'ancien président de BPR Inc., Pierre Lavallée, a confirmé qu'il a accepté de payer la ristourne de 3 % demandée par le directeur du financement d'Union Montréal Bernard Trépanier pour avoir accès aux contrats de la Ville de Montréal. « C'est stupide, on n'aurait jamais dû faire ça, mais on l'a fait ». Pierre Lavallée a démissionné de son poste de président de la firme BPR, qu'il occupait depuis 2008, le 26 mars 2013.

  • Yves Cadotte

    Le Parti libéral du Québec et le Parti québécois sollicitaient directement SNC-Lavalin pour obtenir des contributions politiques, a affirmé le vice-président principal de la firme de génie-conseil, Yves Cadotte. La firme récoltait ensuite les chèques des cadres supérieurs qui voulaient contribuer et les remboursait par des bonis versés spécifiquement à cette fin. (Source: Radio-Canada)

  • Claude Meunier

    Un autre ingénieur, Charles Meunier, qui travaillait cette fois pour la firme BPR, a confirmé qu'il a servi d'intermédiaire pour remettre des milliers de dollars comptant à Bernard Trépanier, l'ancien responsable du financement d'Union Montréal.

  • François Perreault

    Genivar a eu recours à de la fausse facturation pour pouvoir faire du financement politique municipal, a admis un ex-vice-président. François Perreault, qui a été vice-président de Genivar, a assuré que si la firme donnait aux partis politiques, c'est parce qu'elle était sollicitée pour le faire."Si on n'avait pas joué le jeu, je ne crois pas qu'on aurait survécu dans ce monde-là. C'est presque une obligation" au municipal, a-t-il lancé. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Christian Ouellet

    Le mode de financement du parti Union Montréal, de 2004 à 2008, venait en partie de celui du Parti libéral du Québec, a expliqué à la Commission Charbonneau Christian Ouellet, ancien directeur général du parti Union Montréal, qui a aussi travaillé au PLQ. Par ailleurs, M. Ouellet, a reçu quelque 60 000 $ par année de la firme de génie-conseil Roche. Il disait n'y voir aucun conflit d'intérêts, n'a jamais avisé de cela le comité exécutif de la Ville ou le maire et a maintenu qu'il ne faisait que cumuler deux mandats à titre de consultant. (Source: Radio-Canada.ca)

  • Claude Léger

    L'ex-directeur général de la Ville de Montréal a admis à la commission Charbonneau que Frank Zampino lui a fait des demandes inappropriées, mais qu'il n'en a jamais parlé à Gérald Tremblay, par crainte... « Est-ce que vous vous seriez qualifié de naïf, que c'est peut-être l'image que vous projetiez? » lui a alors demandé la commissaire France Charbonneau. « Je pense que oui », a répondu Claude Léger. (Source: Radio-Canada)

  • Robert Marcil

    Lors de son témoignage, l'ex-directeur de la réalisation des travaux publics à la Ville de Montréal, Robert Marcil, a assuré qu'il n'était pas au courant que des entrepreneurs en construction faisaient de la collusion pour se répartir des contrats publics.

  • Joseph Farinacci

    L'ex-directeur de la Direction des stratégies et transactions immobilières de la Ville de Montréal, Joseph Farinacci, a affirmé que la vente du site Marc-Aurèle Fortin au promoteur immobilier Petra-St-Luc s'est produite de façon « irrégulière », après que l'ex-président du comité exécutif Frank Zampino, eut intervenu dans ce dossier.

  • Nicolo Milioto

    « C'est quoi la mafia M. Milioto? », lui a demandé la procureure en chef Sonia Lebel.« Je ne sais pas », a répondu l'homme qui fréquentait pourtant Nicolo Rizzuto père au café Consenza. Nicolo Milioto dit ne rien savoir des activités criminelles alléguées de Rizzuto. Il dit avoir croisé certains lieutenants du clan Rizzuto au café Consenza, sans savoir ce qu'ils faisaient dans la vie. (Source: Radio-Canada)

  • Giuseppe Borsellino

    Giuseppe Borsellino a fait des aveux sur son financement d'Union Montréal. Le témoin a entre autres admis qu'il avait fait un voyage de pêche à Plattsburgh le 5 juin 2008 avec Yves Lortie de Genivar et Robert Marcil, à l'époque grand patron des travaux publics à la Ville de Montréal.

  • Michel Lalonde

    Le président de la firme Génius Conseil, Michel Lalonde, affirme que sa firme ainsi que plusieurs autres remettaient des montants en argent à des partis municipaux ou provinciaux pour obtenir des contrats. Union Montréal, Vision Montréal, différentes élus de la rive nord de même que le PLQ, le PQ et l'ADQ auraient notamment bénéficié de ces montants.

  • Le maire de Laval Gilles Vaillancourt démissionne

    Dans la foulée, après avoir été visé par des allégations devant la Commission Charbonneau et ciblé par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/09/maire-laval-gilles-vaillancourt-demission_n_2099363.html">Gilles Vaillancourt a démissionné</a>. Par ailleurs, le maire de Mascouche, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/30/le-maire-de-mascouche-demission-marcotte_n_2217433.html">Richard Marcotte, a aussi quitté ses fonctions</a>. (Crédit photo: PC)

  • Le maire de Montréal Gérald Tremblay démissionne

    « On a trahi ma confiance, j'en assume l'entière responsabilité. » — <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/05/gerald-tremblay-retour_n_2075539.html">Gérald Tremblay</a>. (Crédit photo: PC)

  • Martin Dumont

    <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/30/martin-dumont-union-montreal-commission-charbonneau_n_2042857.html">Le témoignage de Martin Dumont</a>, ancien organisateur du parti de Gérald Tremblay, est un coup dur pour le maire de Montréal. Il affirme que ce dernier connaissait l'existence d'une double comptabilité dans son parti. (Crédit photo: PC)

  • Luc Leclerc

    Luc Leclerc, ancien surveillant de chantier à la Ville de Montréal,<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/11/01/luc-leclerc-commission-charbonneau-jeudi_n_2055838.html"> a reconnu avoir reçu au moins 500 000 $ en pots-de-vin</a> de la part d'entrepreneurs en construction. (Crédit photo: PC)

  • Gilles Surprenant

    Gilles Surprenant a corroboré le témoignage de monsieur Zambito. Il a entre autres affirmé avoir reçu <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/24/commission-charbonneau-surprenant-_n_2008604.html">quelque 700 000 $ en pots-de-vin</a> de la part des dix entrepreneurs membres du cartel des égouts actif à Montréal entre 2000 et 2008.

  • Lino Zambito

    Lino Zambito a mis à nu le stratagème de corruption et de collusion. Pendant sept jours, <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/01/commission-charbonneau-lino-zambito-suite-temoignage_n_1928373.html">il explique que la mafia recevait 2,5 % des contrats</a>, le parti du maire Tremblay, 3 %. Il implique notamment le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, et des organisateurs libéraux comme Pierre Bibeau. (Crédit photo: PC)

  • Joe Pistone

    La commission d'enquête sur l'industrie de la construction a entendu l'<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/09/24/commission-charbonneau-joe-pistone-donnie-brasco_n_1908716.html">ex-agent vedette du FBI Joseph Pistone</a>. L'homme de 73 ans a témoigné derrière un paravent, au sujet des des liens que les clans mafieux montréalais ont entretenus avec la famille Bonanno de New York. (Crédit photo: PC)

  • Jacques Duchesneau

    <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/06/18/commission-charbonneau-duchesneau-lundi_n_1605415.html">La commission a entrepris ses audiences</a> avec un témoin incontournable pour mettre la table, Jacques Duchesneau. (Crédit photo: PC)