«On vous aura averti». Voilà ce que scandent en chœur les vedettes de la nouvelle cuvée de LIB TV, la chaîne web et mobile de Vidéotron qui célèbre ces jours-ci ses deux ans d’existence. Patrick Huard, directeur des programmes de la plateforme, l’a répété à plusieurs reprises lors d’une rencontre avec les médias au Motel Royal Labarre, situé sur le Boulevard Taschereau à Longueuil, la semaine dernière: les six nouvelles émissions qui défilent actuellement sur LIB TV ne donnent pas dans le politiquement correct et se démarquent par leur humour déjanté, porté vers le «champ gauche».

«On cherche vraiment un public qui est averti, alors ne venez pas chialer», a rigolé l’humoriste et comédien. «Les gens viennent consommer notre produit sur une base volontaire et, pour moi, c’est important qu’on continue de se différencier de la télévision traditionnelle. On s’engage à offrir quelque chose de différent.»

Un virage
Avec ses 417 épisodes déjà diffusés, ses 27 concepts produits, ses 300 artisans et ses 2000 heures de tournage à ce jour, LIB TV s’impose, malgré son jeune âge, comme un joueur majeur dans l’industrie de plus en plus foisonnante de la webtélé québécoise. Ce succès n’est toutefois pas suffisant pour convaincre Patrick Huard de faire le saut du côté du petit écran généraliste à titre de décideur, lui qui aurait pourtant tout le bagage nécessaire pour le faire.

«Ah non, je ne pense pas que je pourrais faire ça. La raison pour laquelle je peux m’impliquer ainsi à LIB TV, c’est que j’ai les deux mains dans la création. Je participe moi-même à des émissions, je vais en animer une après les fêtes, je vais peut-être en réaliser une autre… Je dois pouvoir m’investir à tous les niveaux. Si j’étais réellement directeur des programmes, on n’accepterait pas que je réalise une émission. Chez LIB TV, les conflits d’intérêts, on ne s’en préoccupe pas.»

Et qu’est-ce qui motive l’homme-orchestre à se vouer à une telle entreprise, lui qui s’éclate déjà sur scène et au cinéma, devant et derrière la caméra?

«Ça m’intéresse toujours de créer quelque chose de nouveau. On n’arrête pas de dire que les médias sont actuellement dans un virage; moi, de regarder le virage, ça ne m’intéresse pas. Je préfère attraper la courbe et rentrer dans le mur s’il le faut. Et, je ne veux pas sonner quétaine, mais j’aime aussi donner l’opportunité à des gens qu’on connaît moins, à de nouveaux talents, de travailler dans ce métier-là. Je suis très fier de ça, je m’en enorgueillis. Ça me force à me renouveler, à trouver de nouveaux créateurs, de nouvelles générations», a expliqué Patrick Huard.

Pour visionner tout le contenu de LIB TV, on clique au www.videotron.com. On peut aussi suivre les activités de la chaîne sur Twitter, avec le hashtag #LIBTV.

Les émissions en quelques mots:

Nectar Denis
Têtes d’affiche: Les Denis Drolet (Sébastien Dubé et Vincent Léonard)
Réalisation: Pierre Ouimet
Synopsis: Les Denis Drolet cherchent à trouver leur place dans le monde. En s’immisçant dans diverses scènes de la vie quotidienne (un baptême, un cours de conduite, l’achat d’un cercueil, une visite dans une cour d’école, un passage dans un ascenseur…), nos deux lascars aspirent à se conformer à la normalité. Y parviendront-ils? Probablement pas.

«C’est un humour absurde, trash et de non-sens à la puissance mille. On va dans différents tableaux, d’où le titre Nectar Denis. C’est un mélange de toutes sortes de produits, et ça donne ce nectar, qu’on vous présente.» - Les Denis Drolet.

Avec des guns
Têtes d’affiche: Adib Alkhalidey et Stéphane E.Roy
Réalisation: Sébastien Gagné
Synopsis: les deux policiers Michel et Nasim en sont à leur second tour de piste sous l’enseigne LIB TV. L’un est un puceau bisexuel de 40 ans, tandis que l’autre est considéré comme un psychopathe. En dignes représentants des forces de l’ordre, ils tentent de servir au mieux les intérêts du peuple (mais surtout les leurs) et de protéger les citoyens (mais surtout leur emploi). Bref, un duo éclaté qu’il vaut mieux ne pas croiser.

«Nos policiers sont extrêmes, fous, parfois vulgaires… On les regarde, et on se demande pourquoi ils font ce métier. Il y a de l’intelligence dans tout ça, mais qui se traduit très mal (rires). Ce sont des policiers qui abusent de leur pouvoir.» - Adib Alkhalidey.

Anne Ovule
Tête d’affiche: Ève Landry
Réalisation: Sébastien Landry
Synopsis: Anne est une femme indépendante qui espère devenir mère, sans devoir pour autant tolérer le père qui vient généralement d’emblée avec le projet. Elle est donc à la recherche d’un homme qui voudra bien la mettre enceinte et la quitter sans faire d’histoires. Déterminée, elle enchaîne les entrevues afin de dénicher le candidat idéal, à la génétique sans faille.

«J’avais développé l’idée d’une femme libre et bien de son temps, qui voulait seulement coucher avec des hommes sans raison précise. Mais le concept était difficile à intégrer dans des capsules de trois minutes, alors on a trouvé un prétexte à Anne, celui d’avoir un enfant. Ève Landry a obtenu le rôle par audition, bien avant qu’Unité 9 n’aboutisse en ondes. Les auditions ont eu lieu en avril et mai.» - Sébastien Landry.

Sur le hayon
Tête d’affiche: Jean-Charles Lajoie
Réalisation: Félix St-Jacques
Synopsis: l’animateur de radio et de télévision à la langue bien pendue, et amateur de sport et de bonne chère Jean-Charles Lajoie entraîne ses invités dans les stationnements des différents stades et arénas de la grande région métropolitaine, et dans les événements sportifs les plus courus. Confortablement installés dans la boîte du pick-up de leur hôte, les convives discutent de tout, de rien, mais surtout de sport.

«Sur le hayon est une expression francisée, homologuée, “laroussisée”, “robertisée”, pour dire qu’on macère et qu’on fait cuire dans une boîte de pick-up. Et c’est exactement ce qu’on fait. On démarre le barbecue, on fait des grillades, on boit de la bière, on rote, on pète, on jase entre boys. Des fois, il y a des filles. Et on parle de sport. Ce n’est pas vraiment une parodie des talk-shows traditionnels, parce qu’il y a beaucoup de talk-shows qui sont une parodie en soi. Donc, qui sommes-nous pour les parodier? C’est un show de chaises pas de chaises.» - Jean-Charles Lajoie.

Sale gueule
Têtes d’affiche: Mathieu Handfield et Mickaël Gouin
Réalisation: David Béland
Synopsis: les truands Cure-dents et Dandy sont de retour pour une deuxième saison à l’antenne de LIB TV. Souhaitant toujours devenir des criminels reconnus comme leurs héros, les Casseurs Flotteurs (les voleurs idiots des films Home Alone), nos joyeux malfrats fondent leur propre bande de motards, Les Faucons du Désespoir, dans le but d’être remarqués par un gang de crimes organisés.

«Ils décident de faire des coups pour se faire reconnaître en tant que criminels célèbres. Or, plus ça avance, et plus leurs crimes sont immoraux et dépassent les limites… mais eux ne s’en rendent pas compte! Déjà, on sait que ça ne sera pas très bon pour eux.» - Mickaël Gouin.

Le tour du monstre de Sèxe Illégal
Tête d’affiche: Sèxe Illégal
Réalisation: Daniel Savoie
Synopsis: les légendaires rockeurs Paul Sèxe et Tony Légal nous rapportent des images inédites de leur dernière tournée mondiale. Corée du Nord, Jérusalem, Moscou, Haïti: aucun coin du globe n’a échappé à l’œil aiguisé des deux stars, qui nous font découvrir la planète sous un angle bien particulier… le leur.

«C’est notre tournée de la dernière année. On a visité plus de 200 pays, mais évidemment, il n’y a pas d’images de chacun, parce qu’il y a des pays où ce n’est pas joli à voir! On a choisi les meilleures images et on les a envoyées à Patrick (Huard), chez lui. Il a fait le montage entre deux tatouages. C’est un documentaire, on va au fond des vraies choses. On apprend beaucoup sur les autres cultures que ce soit celle des Noirs, des Blancs, des Bruns, des Beiges et de toutes les autres couleurs.» - Sèxe Illégal.