Tournage de «La Garde»: Sylvain Archambault filme un père en détresse (PHOTOS/ENTREVUE)

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Le tournage de «La Garde», avec Paul Doucet, Antoine L'Écuyer et Sandrine Bisson. | Ismaël Houdassine/Zabmag

Après onze jours passés dans la forêt de Knowlton, le réalisateur Sylvain Archambault (Piché, French Kiss) se trouve sur la Rive-Sud où il termine le tournage de son film La Garde. L'œuvre, qui raconte les tentatives désespérées d'un père afin de renouer des liens avec son fils dont il a perdu la garde, met en vedette les comédiens Paul Doucet, Antoine L'Écuyer et Sandrine Bisson. Nous les avons rencontrés.

La caméra est posée au bout du couloir. La séquence, qui doit être filmée dans une petite maison modeste au cœur de Longueuil, met en scène une mère morte d'inquiétude pour son fils, Sam, qui n'est pas encore rentré de la nuit. «Je reviens après une nuit blanche que j'ai passée avec mes chums. On a bu et fumé», explique Antoine L'Écuyer.

Le jeune acteur, qu'on a pu découvrir dans C'est pas moi, je le jure! de Philippe Falardeau, a maintenant l'âge de son personnage. L'ado de 15 ans qu'il interprète ici est un «bum» arrogant. «En fait, cette dispute est l'occasion pour Sam d'assoir son autorité. Il est brillant, mais il traine dans les rues et se moque bien de ce que sa mère va lui dire», dit-il.

De son côté, l'actrice Sandrine Bisson, qui joue la maman, avoue avoir eu quelques difficultés avec son personnage. «En lisant le scénario, j'ai eu d'abord du mal à sympathiser avec elle. Même si ce n'est pas dit ouvertement dans le film, on comprend vite que cette mère monoparentale qui empêche son ex-mari de voir son propre fils a vécu des antécédents familiaux assez rudes. Tout n'est pas si simple», déclare-t-elle.

Le réalisateur tient tout de même à préciser une chose: La Garde n'est pas un film sur les problèmes de l'adolescence. «L'œuvre parle avant tout d'un père qui veut absolument retrouver une relation avec son fils», dit-il.

Un papa prêt à tout
Pour y arriver, l'homme n'hésitera pas enlever son enfant. Un thème audacieux dans lequel le père ne devient plus un criminel, mais une victime. «Au Québec, on juge très sévèrement les pères. Le film tente de comprendre pourquoi certains d'entre eux commettent ce genre de gestes», ajoute Archambault.

Au-delà du drame familial, le cinéaste assure ne pas vouloir réaliser une œuvre pamphlétaire: «Je n'y fais le procès de personne. Je me suis surtout attardé sur la détresse d'un papa qui ne peut plus voir son garçon.»

Paul Doucet pense effectivement que ce père qu'il incarne est surtout un personnage désemparé: «Il va sans doute faire quelque chose qu'il ne devrait pas faire, pourtant le besoin profond de retrouver son fils va l'amener à le kidnapper pour partir ensemble dans la forêt. Il l'emmène dans un univers qu'il connait bien afin de partager des moments avec lui», raconte-t-il.

L'acteur n'a d'ailleurs pas hésité à accepter le rôle. Selon Doucet, le plus crucial chez le père, ce n'est pas tant dans la composition que dans l'importance du sujet. «Sylvain m'a parlé du projet en me disant que si l'on peut empêcher un geste fâcheux en faisant ce film, cela aura valu la peine de le faire.»

La Garde – Les Films Christal – Sortie en salles prévue au printemps 2013 – Canada (Québec).

Merci à Zabmag.com.

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