Huffpost Canada Quebec qc

France Daigle remporte le prix du Gouverneur général dans la catégorie «romans»

Publication: Mis à jour:
FRANCE DAIGLE
PC

MONTRÉAL - L'auteure de Moncton France Daigle a remporté le prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie «romans et nouvelles» pour son oeuvre «Pour sûr», qualifiée par le jury de «magistrale».

Publié chez Boréal, le roman, qui fait largement place au chiac, a déjà reçu les honneurs du prix du Lieutenant-gouverneur pour l'excellence dans les arts littéraires 2011. Ce «roman monumental» ouvre une porte sur la compréhension de l'identité acadienne, a souligné le comité d'évaluation.

Concernant l'utilisation du chiac, cette langue populaire acadienne mêlant anglais et français, France Daigle a dit avoir voulu s'extraire en quelque sorte de la «rigidité» du français, tout en gardant en tête le combat qui doit être mené pour préserver le français dans une mer anglophone.

«J'illustre par écrit ce qu'est la langue chiac. Je ne crois pas que cela avait été fait beaucoup. J'étais aussi dans l'esprit qu'on se sent terriblement figé dans la langue. Dans le chiac, il s'agit aussi de niveaux de liberté par rapport au français», a exprimé l'auteure en entrevue.

En Acadie, «on n'apprend pas l'anglais, on l'attrape», a-t-elle ajouté, en parlant du combat à mener.

En recevant son prix, mardi, à Montréal — avant la remise officielle qui se tiendra plus tard à Rideau Hall —, Mme Daigle a aussi évoqué la mémoire de son père, qui a toujours voulu «conserver et enrichir la langue».

Disant ignorer «s'il s'est retourné dans sa tombe», elle a ajouté espérer qu'il ait compris que le travail de labeur de «Pour sûr» — elle aura mis 10 ans à accoucher de l'ouvrage — n'est pas vain.

«Il y a un certain degré de jeu (dans la langue). Mais un moment donné, il faut se demander quand est-ce qu'on va trop loin, et quand est-ce qu'on revient à la base? Il faut prendre conscience chacun de notre langue et comment on veut la parler.»

Normand Chaurette

Les prix littéraires du Gouverneur général, annoncés mardi, ont également souligné le travail de Normand Chaurette, pour son essai «Comment tuer Shakespeare». Il s'agit d'une deuxième récompense en autant d'années pour le dramaturge montréalais, qui récolte du coup un quatrième prix du Gouverneur général.

Il a parlé de cet essai «écrit au je» comme d'un ouvrage «aux antipodes de (son) travail de dramaturge».

«J'avais lu beaucoup d'ouvrages sur Shakespeare. Aucun ne me parlait à moi (...) "Comment tuer Shakespeare", c'est en fait comment se défaire de l'emprise de ce méga auteur, pour essayer de le mettre en face de soi et non pas sur un piédestal au-dessus de soi», a fait valoir M. Chaurette.

En poésie, le jury a décoré «Un drap. Une place.» de Maude Smith Gagnon. L'auteure a remercié le Conseil des arts du Canada — qui administre et finance les prix du Gouverneur général —, soutenant qu'il peut y avoir «1000 raisons» d'apprécier un tel honneur, mais que la plus essentielle est qu'il «incite à continuer».

C'est la pièce «Contre le temps», de Geneviève Billette, qui a été retenue dans la catégorie théâtre.

Cette dernière a évoqué son père, décédé récemment, un économiste qui avait écrit sans qu'elle le sache des pages de réflexion autour de la connaissance et contre une vision utilitariste du monde. Il y est question notamment «de mettre un frein au règne de l'utilité, de comprendre que la seule valeur d'une pensée, d'une idée, n'est pas son application immédiate».

Du côté de la littérature jeunesse, Aline Apostolska, pour son texte «Un été d'amour et de cendres», et Élise Gravel, pour le texte et les illustrations de «La Clé à molette», ont reçu les honneurs.

Alain Roy a été récompensé pour son travail de traduction en français de l'ouvrage «Glenn Gould» de Mark Kingwell.

Les prix honorent également sept gagnants dans les catégories anglophones. Chaque prix est doté d'une bourse de 25 000 $.

Sur le web

France Daigle remporte le prix du Gouverneur général

Les lauréats sont…