Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, pose quatre conditions pour appuyer le budget qui sera déposé le 20 novembre prochain par le ministre des Finances Nicolas Marceau.

Les quatre conditions de la CAQ pour appuyer le budget Marceau :

  • Aucune hausse d'impôts;
  • Abolition de la taxe santé sur deux ans;
  • Atteinte de l'équilibre budgétaire, comme que prévu, l'an prochain;
  • Mise en place d'un plan crédible avec des mesures concrètes pour relancer l'économie du Québec.

M. Legault et le porte-parole de la CAQ en matière de Finances, Christian Dubé, ont fait part de leurs attentes mardi matin, au lendemain de la rencontre de M. Dubé avec l'équipe du ministère des Finances.

« Si n'on a pas ces quatre conditions, on va voter, les 19 députés [de la CAQ] à l'Assemblée nationale, contre le budget », a déclaré M. Legault.

Des solutions mises de l'avant

Lors de sa rencontre de lundi, Christian Dubé dit avoir expliqué clairement au ministre Marceau qu'il était inconcevable d'envisager des hausses d'impôts actuellement au Québec.

« Je lui ai donné à titre d'exemple la réaction des citoyens à Montréal, il y a quelques semaines, quand il y a eu une annonce sur la taxe foncière. Je lui ai dit que les gens se sentaient un peu de la même façon à Québec et donc, de ne pas aller là », a expliqué M. Dubé.

Le porte-parole de la CAQ en matière de Finances dit avoir donné de nombreux exemples de solutions de rechange aux hausses d'impôts au chef de cabinet de Nicolas Marceau, Jean-François Gaudreault, lors de leur rencontre.

L'équipe caquiste dit avoir donné un certain nombre d'exemples aux péquistes, à l'image de certaines propositions qu'elle avait mises de l'avant lors de la dernière campagne électorale. M. Legault a notamment évoqué des compressions chez Hydro-Québec, dans les commissions scolaires ou encore dans les agences de santé.

Selon Chistian Dubé, Jean-François Gaudreault a bien écouté les suggestions mises de l'avant, mais il répliquait chaque fois que cela n'était « pas possible » ou « pas assez ».

Christian Dubé a par ailleurs estimé que l'équipe péquiste semblait manquer d'expérience pour gérer la situation critique à laquelle elle fait face. « Il est intéressant de voir que ces gens-là ne sont peut-être pas habitués dans des situations critiques comme ça, et je les ai senti un petit peu désemparés », a-t-il commenté.

Des dépenses trop élevées, selon M. Legault

Le chef François Legault a lui aussi insisté sur le fait qu'il est « impensable » d'alourdir le fardeau fiscal des Québécois. Selon lui, le problème au Québec n'est pas que les impôts sont trop bas, mais plutôt que les dépenses sont trop élevées.

M. Legault a tenu à préciser qu'il était possible de réaliser des compressions en ne touchant pas les services aux citoyens, mais plutôt l'administration.

« Il faut au Québec qu'on soit capables de sortir des vieilles habitudes des vieux partis. Les deux vieux partis font toujours la même chose : quand ils ont un problème, tout de suite on pense à piger dans les poches des contribuables avant de faire le ménage dans la bureaucratie », a déclaré M. Legault.

Le ministre Nicolas Marceau doit présenter le premier budget du nouveau gouvernement du Parti québécois le 20 novembre. Il a déclaré que le dépôt d'un budget à l'automne était nécessaire afin de mettre en oeuvre les dispositions pour lui permettre de revenir à l'équilibre budgétaire en 2013-2014.

Les promesses du PQ
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  • Un gouvernement du Parti québécois ne <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/06/pq-integrite-elus_n_1749328.html" target="_hplink">demandera pas à ses élus de remplir la caisse électorale</a>, pas plus à ses ministres qu'à ses députés. L'effort reposera sur les militants.

  • Le Parti québécois a <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/04/soins-domicile-parti-quebecois_n_1742718.html" target="_hplink">promis la création d'une politique nationale de soins et de services à domicile</a>. Pauline Marois veut regrouper et augmenter les services offerts aux personnes en perte d'autonomie qui souhaitent rester à la maison. La chef péquiste a promis d'ajouter 120 millions de dollars aux 380 millions déjà prévus par le gouvernement, pour atteindre une enveloppe de 500 millions d'ici cinq ans.

  • <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/03/marois-pq-banque-developpement-quebec_n_1737944.html" target="_hplink">Création d'une Banque de développement économique du Québec</a> dont le mandat serait de soutenir la croissance, d'aider les entreprises à démarrer, surtout en région et dans le domaine de l'économie sociale, en leur donnant accès à du capital de risque.

  • La chef du Parti québécois <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/13/parti-quebecois-garderies-place-enfant_n_1772776.html" target="_hplink">«garantit» une place en garderie pour tous les enfants qui en ont besoin d'ici la fin du premier mandat d'un gouvernement péquiste</a>. Le PQ maintiendra le tarif à 7$ jusqu'à ce que l'objectif d'une place par enfant soit atteint.

  • Pauline Marois a promis de<a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/02/charest-parle-economie-adversaires-le-ciblent_n_1733168.html" target="_hplink"> tenir un vaste sommet sur la gestion et le financement des universités</a> et d'abroger la loi 78, que la leader souverainiste juge «ignoble».

  • Un gouvernement Marois <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/02/charest-parle-economie-adversaires-le-ciblent_n_1733168.html" target="_hplink">embauchera 600 professionnels supplémentaires d'ici 2015 afin de contrer le décrochage scolaire</a>. Le PQ évaluera aussi la possibilité d'implanter dans les milieux défavorisés la maternelle à quatre ans à temps plein, et verra à renforcer l'autonomie des établissements scolaires.

  • Un gouvernement péquiste <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/09/pauline-marois-pq-fonds-protection-entreprises_n_1760351.html" target="_hplink">reviendra à une forme de nationalisme économique à la Caisse de dépôt</a> en créant un fonds d'investissement stratégique de 10 milliards $, pour protéger les entreprises contre les prises de contrôle étrangères.

  • Pauline Marois a promis de faire <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/14/pq-propose-une-charte-laicite_n_1775508.html" target="_hplink">adopter une charte de la laïcité</a> dans les services publics advenant l'élection de son parti. La charte reposerait sur les principes de neutralité de l'État et de prépondérance de l'égalité entre les femmes et les hommes.


La carrière de François Legault en images
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  • 7 novembre 1998

    François Legault a été nommé ministre de l'Industrie et du Commerce par Lucien Bouchard, mais devait d'abord être élu. On le voit ici lors d'un rassemblement à Saint-Roch-de-l'Achigan avec sa femme. (PC/Paul Chiasson)

  • 23 février 2000

    Au Sommet du Québec et de la jeunesse, avec son premier ministre Lucien Bouchard et Jean Charest, alors chef de l'opposition. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

  • 13 novembre 2001

    François Legault, alors ministre de l'Éducation et de l'Emploi, félicite deux nouveaux venus au cabinet des ministres, Rita Dionne-Marsolais et Richard Legendre. (CP PHOTO/Jacques Boissinot)

  • 12 janvier 2009

    La chef de l'opposition Pauline Marois en compagnie de François Legault, alors critique péquiste en matière de Finances. (PC/Jacques Boissinot)

  • 25 juin 2009

    François Legault quitte l'Assemblée nationale après avoir annoncé son retrait de la vie politique. (PC/ Jacques Boissinot)

  • 21 février 2011

    L'ancien ministre François Legault et l'homme d'affaires Charles Sirois annoncent la création de la Coalition pour l'avenir du Québec, qui deviendra par la suite un parti. (PC/Jacques Boissinot)

  • 14 novembre 2011

    François Legault dévoile les couleurs de son nouveau parti, la Coalition avenir Québec. (PC/Jacques Boissinot)