Le maire Vaillancourt démissionnera vendredi

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GILLES VAILLANCOURTT
CP

Visé depuis quelques semaines par de multiples perquisitions de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, doit présenter sa démission cet après-midi, à 14 h.

Selon nos informations, celui qui règne en maître sur la troisième ville du Québec depuis 1989 annoncera son départ lors d'une allocution publique. Il ne devrait cependant répondre à aucune question des journalistes.

Le maire Vaillancourt est soumis à une forte pression depuis que l'hôtel de ville et sa résidence personnelle ont été visités par les policiers de l'UPAC et de l'escouade Marteau le 4 octobre.

Le maire de Laval n'a pas été vu en public depuis que le vice-président du comité exécutif de la Ville, Basile Angelopoulos, a annoncé le 24 octobre qu'il prenait une « courte période de repos », sur recommandation de son médecin.

« Il sera en mesure de vous faire connaître les fruits de cette réflexion prochainement », avait alors déclaré M. Angelopoulos.

Présence policière aux abords de la résidence du maire
L'annonce de la démission prochaine du maire Vaillancourt intensifie sur lui et ses proches la pression médiatique. Vendredi matin, une autopatrouille de la police de Laval a été postée pendant un moment devant la résidence de Gilles Vaillancourt.

Selon la police de Laval, aucune menace n'a été proférée contre le maire. Cette présence policière devant la résidence visait à s'assurer que les journalistes ou des individus indésirables ne pénètrent sans autorisation dans la propriété du maire Vaillancourt.

L'opposition lavaloise n'est pas étonnée

Dans les rangs de l'opposition, l'annonce du départ prochain du maire Vaillancourt est attendue depuis fort longtemps, notamment au Parti au service du citoyen (PSC) où le chef, Robert Bordeleau, est prêt pour un changement de garde à l'Hôtel de Ville.

« Il y a environ 15 ans, lors d'une soirée, j'avais dit à M. Vaillancourt que je serais sur son chemin politique pour le reste de sa carrière et que je ferais partie de ceux qui lui montreraient le chemin de la sortie. Et ce jour semble aujourd'hui arrivé », a déclaré M. Bordeleau à Radio-Canada vendredi matin.

« Depuis 2006 que je demande sa démission à la mairie et je demandais également la démission de tout le conseil. Les récents événements démontrent à la population que j'avais raison. » — Robert Bordeleau, chef du Parti au service du citoyen
Québec attend la suite des choses

À Québec, le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a refusé de commenter la nouvelle. « Je ne suis pas dans les hypothèses. Je ne fais pas de politique-fiction », a-t-il déclaré.

« Il doit d'abord et avant tout s'adresser aux gens de Laval, alors on va voir ce qu'il va dire demain et après ça on va se reparler », a-t-il ajouté.

Le 11 octobre, cinq entreprises du secteur de la construction active à Laval - Poly Excavation, Louisbourg Construction, J. Dufresne Asphalte, Nepcon et Construction Mergad - ont aussi été visées par des perquisitions de l'UPAC, auxquelles ont aussi participé des enquêteurs du Bureau de la concurrence du Canada.

Quelques jours plus tard, trois autres entreprises - Construction Giuliani de Laval, Asphalte Desjardins de Terrebonne et Construction DJL de Boucherville - ont aussi été perquisitionnées par l'UPAC et le Bureau de la concurrence. Cette opération était liée à celle menée le 11 octobre.

Le 5 novembre, ce sont les bureaux de cinq firmes de génie-conseil, dont Aecom, Dessau, Genivar et Cima, qui ont été visés par l'UPAC, dans le cadre d'une enquête sur l'attribution de contrats municipaux à Laval.

Quatre autres firmes de génie-conseil ont été visitées par les enquêteurs de l'UPAC jeudi matin.

Face à cette série de perquisitions, l'administration de la Ville de Laval a décidé le 5 novembre de surseoir à tout nouvel octroi de contrat de réfection de chaussée, d'égout et d'aqueduc. La Ville dit avoir agi de la sorte « dans la foulée du dépôt du projet de loi 1 du gouvernement provincial » sur l'intégrité.

Un huissier de Laval, Jean-Yves Lortie, a par ailleurs affirmé à Radio-Canada qu'il avait déjà remis deux pots-de-vin de 15 000 $ en argent comptant au maire Vaillancourt, afin d'obtenir davantage de contrats de la part de la Ville. Le maire a catégoriquement nié ces allégations par voie de communiqué.

Retour sur la carrière de Gilles Vaillancourt

Plus de détails à venir.

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