Les économistes canadiens divisés sur la réélection de Barack Obama

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Barack Obama lors de son discours de réélection, le 6 novembre 2012. (AFP)
Barack Obama lors de son discours de réélection, le 6 novembre 2012. (AFP)

TORONTO - Les économistes canadiens étaient partagés, mercredi, au sujet de la réélection de Barack Obama et de son impact sur la relance de l'économie mondiale.

L'issue de l'élection a généré de nouvelles interrogations quant à savoir s'il s'agit d'un pas dans la bonne direction pour remettre de l'ordre dans les finances américaines, ce dont le Canada tirerait profit en tant que principal partenaire commercial des États-Unis.

On se questionne aussi sur l'avenir du projet Keystone XL de TransCanada (TSX:TRP), un oléoduc qui relierait les sables bitumineux de l'Alberta aux raffineries américaines du Texas.

«Il va y avoir une période d'incertitude pendant laquelle nous allons passer de la politique aux tâches énormes qui attendent, a expliqué lors d'une conférence téléphonique Paul Taylor, le responsable des investissements chez BMO Gestion d'actifs. Je pense que la vraie question est de savoir jusqu'à quel point le président pourra tendre la main aux républicains pour relever le défi de la 'falaise fiscale'.»

Certains économistes se demandent si le président Obama parviendra à présenter un nouveau budget avant la fin de l'année, sans quoi d'importantes hausses d'impôt et des réductions budgétaires d'envergure entreront automatiquement en vigueur. Si aucun compromis n'est trouvé, plusieurs craignent que cette soi-disant «falaise fiscale» puisse faire replonger l'économie des États-Unis dans une récession, ce qui aurait certainement un impact sur le Canada.

«Les républicains ont toujours le contrôle de la Chambre des représentants et les démocrates celui du Sénat, ce qui veut dire qu'Obama sera confronté au même paysage divisé que celui qui a bloqué tout progrès législatif depuis deux ans, a prévenu Peter Buchanan, économiste principal chez Marchés mondiaux CIBC. Les marchés devront composer avec une incertitude politique importante à l'approche des discussions sur la falaise fiscale et le plafond de la dette.»

Si une victoire de Mitt Romney aurait essentiellement garanti un feu vert au projet Keystone XL, des observateurs croient maintenant que M. Obama sera beaucoup plus prudent face à une initiative qui a déjà fait l'objet de pressions de la part des autorités environnementales du Nebraska.

Malgré tout, des responsables de l'industrie des hydrocarbures se sont dits confiants de voir M. Obama permettre au projet d'aller de l'avant. TransCanada a de son côté émis un communiqué dans lequel elle dit croire que le projet sera approuvé.

«Les faits en faveur de l'approbation de Keystone XL demeurent les mêmes — et plus son approbation est retardée, plus la nécessité pour cet oléoduc se fait pressante», a indiqué TransCanada.

Le président et chef de la direction de la firme d'hydrocarbures Enbridge (TSX:ENB), Al Monaco, a déclaré aux investisseurs, lors d'une conférence téléphonique, qu'il ne croyait pas que l'issue du scrutin changerait grand-chose.

«Si on examine les fondements du marché du pétrole brut au Canada et aux États-Unis, on constate un accroissement important du volume grâce à une nouvelle production, a-t-il dit. Je crois qu'il est dans l'intérêt de tous de construire de nouvelles infrastructures. Je pense que ça a été le point de vue de l'administration Obama jusqu'à présent et que ça continuera à l'être à l'avenir.»

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