DIVERTISSEMENT
01/11/2012 10:46 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Première de L'existoire de Richard Desjardins à Montréal: le génie rencontre une belle folie

HuffPostQc

Richard Desjardins ne fait pas dans la demi-mesure et c'est entier qu'il s'est livré mercredi soir, tout au long de son succulent spectacle L'existoire. Parfaitement entouré de cinq musiciens aussi talentueux que versatiles, il a dirigé, d'une main de maître, une foule prête à le suivre au bout du monde, jusque dans des contrées lointaines aux erreurs boréales.

L'allure un peu cowboy, vêtu entièrement de noir, Richard Desjardins est apparu sur scène le sourire aux lèvres et l'air sincèrement enchanté de se retrouver sur les planches du Club Soda.

Pendant la soirée, il s'assoira parfois sur son petit banc pour jouer de la guitare, performera aussi debout, puis se rendra souvent à son piano pour nous faire perdre la voix devant la profondeur de la sienne.

Richard Desjardins désarçonne. Il n'y a que lui pour faire des envolées lyriques à propos de ses chères forêts, des affres du gouvernement fédéral ou de la nourriture bio, juste avant d'entamer la plus sublime des chansons d'amour. Il n'y a que Desjardins pour dire tout haut ce qu'une majorité pense tout bas, pour se moquer de la religion d'une manière qui, par un autre que lui, ne se ferait pas.

Il n'y a que Richard Desjardins pour faire couler des rivières, pour faire repousser les arbres et pour célébrer la Terre.

«Je pense que si le p'tit Jésus revenait, y s'rait pas catholique... Il jouerait plutôt de la guitare avec d'excellents musiciens», a-t-il blagué juste avant d'entamer Avec l'amour de Jésus. Si Richard Desjardins se prend pour Dieu on lui pardonne, car hier, ses chansons avaient en effet une odeur de divin.

Desjardins fait tout passionnément. C'est ce qui lui permet de dénoncer avec la même ferveur les coupes à blanc et de chanter à s'en arracher le cœur l'amour d'un gamin de cinq ans.

Et si lui et ses cinq musiciens ont raflé le Félix du spectacle de l'année au dernier gala de l'Adisq, ce n'est certainement pas sans raison.

L'existoire c'est un merveilleux fouillis d'instruments que, tout au long du spectacle, six musiciens se partageront. C'est un basiste-réalisateur de l'album, une violoncelliste jouant aussi du banjo et dont la voix se marie magnifiquement avec celle de Desjardins (comme lorsqu'ils interprètent la superbe Sur son épaule). C'est un batteur qui quitte son poste pour faire de jolis solos de violon, un contrebassiste qui joue de la base, un harmonica, des percussions...

L'existoire, c'est aussi un Richard Desjardins en grande forme qui n'a peur ni des mots, ni des silences. Un artiste qui n'hésite pas à lancer publiquement un f*ck you au premier ministre Harper tout en écorchant au passage la reine d'Angleterre. Entre deux tirades écologiques, c'est un homme qui s'amuse à créer des malaises, inébranlablement assis sur ses solides convictions.

C'est aussi onze chansons tirées de son tout dernier album dont L'existoire, Atlantique Nord, Elvira, Migwetch et les époustouflantes Elsie, Ils et Los Ayala livrées presque seul, au piano en plus d'une quinzaine d'anciennes pièces, de classiques.

Un Développement durable si festif qu'elle emprunte des notes de la pièce Cancun et un Roger Guntacker qui se mélange joyeusement aux paroles de Provigo dans une ambiance cajun, classique et parfois même indienne.

Lorsqu'il s'installe au piano, nous pourrions entendre une mouche voler (même si je conseille fortement à toute mouche tenant à la vie de ne pas s'y risquer... ) Desjardins préserve jalousement tous ces instants de pur bonheur qu'il réussit à créer.

Alors que les six artistes qui forment cette équipe parfaite terminent le spectacle en dansant et en s'amusant comme des fous sur «Les Yankees», ils n'ont d'autre choix que de revenir sur scène pour livrer à la foule en délire quelques surprises.

L'une d'elles s'intitule Tu m'aimes-tu? et permet à Richard Desjardins de changer soudainement le silence en or.

Richard Desjardins présente son spectacle L'existoire au club Soda de Montréal du 1er au 4 novembre 2012.

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Richard Desjardins en spectacle