DIVERTISSEMENT
01/11/2012 06:32 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Orange mécanique, sur scène et en musique, au Québec dès février 2013

Le mythique drame d'horreur Orange mécanique prendra d'assaut les scènes de la province sous forme de spectacle musical en février 2013. Le producteur Paul Dupont-Hébert et sa boîte Tandem ont dévoilé, mardi, tous les détails entourant cette création un brin glauque, qui promet de défier les conventions.

Inspirée du film de Stanley Kubrick réalisé en 1971, mais surtout basée sur le roman d'Anthony Burgess paru dix ans plus tôt, la version québécoise d'Orange mécanique mettra en vedette Maxime LeFlaguais dans le rôle du sombre Alexandre DeLarge, ce jeune homme sadique, obsédé par la violence et le sexe et fervent adepte de la musique de Beethoven. Sylvain Marcel, Roger LaRue, Félix-Antoine Tremblay, Marianne Thomas, Geneviève Langlois et Danny Gilmore lui donneront la réplique.

« Je suis en train de lire le roman et je vais le relire une deuxième fois, mais je vais essayer de ne pas revoir le film, a déclaré Maxime LeFlaguais, qui se dit emballé par le défi de porter la pièce sur ses épaules. Je vais tenter de créer mon propre Alex et de laisser tomber celui qu'on a connu dans le long-métrage. »

Déjà jouée dans les plus grandes salles de Londres, Chicago, New York, Paris et Los Angeles, l'intrigue d'Orange mécanique nous transporte dans le monde d'Alexandre, un garçon au début de la vingtaine qui, avec ses copains (les « drougs »), passe ses nuits à terroriser les habitants de sa ville. Un jour trahi par ses camarades, notre antihéros se retrouvera emprisonné pendant 14 ans et deviendra le cobaye de scientifiques qui testent des techniques expérimentales destinées à freiner la criminalité, notamment reliées au réflexe de Pavlov. Les conséquences de ces traitements seront extrêmement lourdes pour Alex.

« Je veux rendre le personnage comme il est, a indiqué son interprète. Pour l'instant, j'en suis à essayer de comprendre sa psychologie. Dans le livre, il a 14 ans, ce qui est très jeune pour être animé d'une telle violence, pure et intense. »

« Moi, je ne le perçois pas nécessairement comme un psychopathe, a poursuivi Maxime LeFlaguais. Il y a quelque chose de naturel dans sa folie. Alex fait simplement ce qu'il a à faire pour être heureux. Lui, la violence le rend heureux. L'histoire est basée sur le libre-arbitre. Quelqu'un qui choisit le mal est-il nécessairement plus à blâmer que quelqu'un qu'on oblige à agir vers le bien ? Ce sont des questions complexes. Oui, le personnage est très violent et très arrogant, mais il va avoir une bonne leçon. »

La distribution de la pièce Orange Mécanique:

orange mecanique

Réseaux sociaux

On a confié à Véronique Marcotte la délicate tâche de mettre en scène l'univers éclaté d'Orange mécanique. C'est Denis Bouchard, responsable de la direction artistique, qui a pensé à la jeune femme pour accomplir ce mandat. Celle-ci a apposé sa griffe, dans le passé, à plusieurs événements d'envergure, comme les fêtes du 400e anniversaire de la ville de Québec et le Forum jeunesse du Sommet du millénaire 2010. Elle a aussi écrit quatre romans.

« Le texte d'Orange mécanique est intemporel, a-t-elle avancé. On se rend compte à quel point il vieillit super bien. De revisiter une œuvre comme celle-là et de la transposer sur scène, c'est ambitieux. »

« On est en train de défaire toute la patente, a renchéri Denis Bouchard. Le show ne sera pas très long et il y aura des spectateurs sur scène. Les gens seront pris à partie. C'est un show de réseaux sociaux ! Les billets ne coûteront pas très cher, et on entrera dans un monde très spécial. »

Et comment les deux artistes comptent-ils illustrer les tourments intérieurs du protagoniste principal qui, entre autres lubies, perçoit le mal comme une œuvre d'art ?

« Nous, on ne pense pas comme ça, a précisé Denis Bouchard. Sans doute que quelqu'un qui découpe des gens et en envoie des morceaux par la poste pense qu'il est en train de faire une œuvre d'art, mais moralement, on ne peut pas être d'accord avec ça. La pièce n'est pas une simple provocation. Le gars va finir par passer au cash. On démontre la répression de la société par rapport à l'acte de répression que le gars a fait lui-même. »

En ce qui a trait aux autres artisans de la production, le comédien Alexandre Goyette s'est chargé d'en adapter le scénario, Michel Robidas a créé les costumes et Danny Lutz a composé la musique. Les deux chansons-thèmes du spectacle, Orange mécanique et Just Like Me, sont d'ailleurs déjà disponibles sur iTunes.

Orange mécanique prendra l'affiche à l'Olympia de Montréal le 13 février 2013, à l'Impérial de Québec le 20 février et au Casino du Lac-Leamy les 3 et 4 mai. À l'occasion, la pièce sera jouée à deux reprises dans la même soirée, soit à 20h et à 23h. Pour de plus amples renseignements ou pour se procurer des billets, on consulte le www.orangemecanique.ca ou le www.tandem.mu.