DIVERTISSEMENT
29/10/2012 01:53 EDT | Actualisé 30/10/2012 12:38 EDT

Exil de Charles-Olivier Michaud présenté en première mondiale au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue

François Lemire, Shootstudio

ROUYN-NORANDA - C'est le public du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue qui a vu, en première mondiale, le nouveau film de Charles-Olivier Michaud, Exil. Destiné à une sortie en salles en mars, le film a reçu un accueil respectueux des 700 spectateurs présents au Théâtre du Cuivre.

Au cœur du film, un petit garçon de 12 ans interprété par Francis Cléophat, originaire de Montréal, qui est de tous les plans. « J'avais envie de suivre un personnage, de le voir dans toutes les scènes, de le filmer de façon subjective tout le temps. » On y suit donc Samuel, qui quitte son Haïti natale, s'embarquant sur une bicoque, comme tant d'autres compatriotes, pour essayer de trouver une vie meilleure à Miami et, par le fait, même, retrouver sa mère qui est censée y vivre... Ce petit voyageur sera balloté d'une barque à un conteneur, en passant par un autobus froid et au camion d'un routier américain. Son exil le mènera à Montréal en passant par New York.

Le périple de Samuel en est un extrêmement difficile. Battu, trompé, le petit Samuel ne trouve pas en Amérique un chemin parsemé de roses. Difficile d'entraîner un enfant dans de telles scènes? « En fait, ce sont les scènes que j'ai préféré faire. Et lui aussi. Les scènes de violence l'intéressaient. Il avait envie d'explorer ces zones d'ombres. »

Le prochain film de Michaud fait tout autant parler de lui, même à un an de sa sortie. Faut dire qu'avec un tournage à Seattle, Richard Jenkins dans le rôle-titre et Kim Basinger à la distribution, One Square Mile a de quoi attirer les projecteurs sur le jeune cinéaste de Saint-Romuald.

La production américaine n'est pas la terre promise à atteindre à tout prix pour Charles-Olivier Michaud. « Je développe actuellement un projet avec Nicole Robert ici au Québec. Moi, les cinéastes que j'admire, c'est Steven Soderbergh et Alfonso Cuaron, des gars qui passent des films faits avec 100 000$ à des superproductions comme Ocean's Eleven ou Harry Potter. »

Difficile de dire si Exil trouvera son public. Le rythme un peu chambranlant et les dialogues parfois maladroits pourraient en décevoir quelques-uns. Mais une chose est certaine, la maîtrise technique de Charles-Olivier Michaud devraient lui ouvrir bien des portes, à Hollywood ou ailleurs.

*** Les frais de déplacement et de séjour à Rouyn ont été payés par le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue ***