Au moins 146 personnes ont péri vendredi 26 octobre dans des violences en Syrie, au premier jour d'une trêve mort-née âprement négociée par l'émissaire international Lakhdar Brahimi, a rapporté samedi 27 octobre l'Observatoire syrien des droits des l'Homme (OSDH).

L'ONG, qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans des hôpitaux militaires et civils à travers le pays, a recensé 53 civils, 50 rebelles et 43 soldats tués vendredi, soit un bilan qui dépasse la centaine de morts, comme chaque jour depuis que la révolte contre le régime s'est transformée en conflit armé au cours des derniers mois.

A l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd el-Kebir, qui dure quatre jours, rebelles et forces régulières s'étaient engagés à faire taire leurs armes, mais les deux parties avaient dit se réserver le droit de riposter en cas de violations du cessez-le-feu par la partie adverse.

La trêve est un "échec" pour un chef rebelle

Le commandement de l'armée a ainsi annoncé tard dans la soirée de vendredi que les forces du régime de Bachar al-Assad "continuaient de faire leur devoir en luttant contre les groupes terroristes armés", en référence aux rebelles, selon l'agence officielle Sana.

Un chef rebelle a qualifié d'"échec" la trêve initiée par le médiateur Lakhdar Brahimi. "Nous avons accepté la trêve pour la communauté internationale (...) mais nous savions que le régime ne la respecterait pas. Notre mission est de défendre le peuple, ce n'est pas nous qui attaquons", a ainsi affirmé à l'AFP le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle d'Alep (nord)..

Nouvel attentat à la voiture piégée

Samedi, quatre civils dont un enfant ont à nouveau péri dans plusieurs régions bombardées par l'armée au deuxième jour de la trêve, selon l'OSDH. Un homme a été abattu par un tireur embusqué et un enfant a été tué par des tirs des forces loyalistes dans la province de Deraa, berceau de la révolte dans le sud du pays.

Dans la région d'Alep (nord), les avions militaires du régime ont survolé pour la première fois depuis le début de la trêve théorique plusieurs villages de cette province et l'artillerie a bombardé la localité de Maaret al-Artik. La ville même d'Alep a été la cible de roquettes, et des combats intermittents ont éclaté dans le secteur de Sayyed Ali.

Et dans la province de Damas, deux civils ont été tués dans des bombardements et par des tireurs embusqués. L'artillerie du régime a bombardé la ville rebelle de Douma et d'autres localités proches, faisant plusieurs blessés.

Un attentat "terroriste" à la voiture piégée a aussi visé samedi une église de la ville de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, a indiqué la télévision d'Etat syrienne, dénonçant "une nouvelle violation de la trêve", entrée théoriquement en vigueur vendredi, par les rebelles. "Les bandes terroristes armées ont une nouvelle fois violé la trêve, en faisant exploser une voiture piégée devant l'église syriaque de Deir Ezzor, causant d'importants dégâts matériels, notamment à la façade de l'église", a précisé la chaîne.

En début d'après-midi, les avions de l'armée syrienne ont bombardé samedi la région de Damas, faisant huit morts, dans le premier raid aérien depuis l'annonce de la trêve. "Le raid aérien a visé un immeuble dans la ville d'Arbine, province de Damas, tuant huit hommes qui étaient à l'intérieur, a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, chef de l'OSDH.

En avril, une trêve négociée par Kofi Annan, le prédécesseur de Lakhdar Brahimi, avait déjà volé en éclats au bout de quelques heures.

À LIRE AUSSI:
» Syrie: la trêve est rompue
» Syrie: une trêve pour la fête de l'Aïd
Loading Slideshow...
  • Un garçon syrien court dans les rues d'Alep. Des centaines de rebelles affrontent les forces syriennes pour le contrôle de cette ville stratégique.

  • Un garçon syrien court dans les rues d'Alep. Des centaines de rebelles affrontent les forces syriennes pour le contrôle de cette ville stratégique.

  • Des rebelles se préparent au combat contre les forces syriennes.

  • Des chars des forces syriennes prennent position dans le quartier de Suleiman al-Halabi, à Alep.

  • Un activiste rebelle se replie après avoir été blessé dans les combats.