La vie, un «don de Dieu» même en cas de viol, dit un républicain

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RICHARD MOURDOCK
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Après le tollé qu'avaient suscité les propos de Todd Akin sur le viol et l'avortement, le candidat républicain au Sénat dans l'Indiana, Richard Mourdock, renchérit en disant que la grossesse était « un don de Dieu [...] même lorsque la vie commence dans cette situation horrible qu'est le viol ».

S'exprimant dans le cadre d'un débat avec les candidats démocrate et libertarien, M. Mourdock a affirmé mardi soir que la vie débutait dès la conception et qu'il s'opposait à l'avortement, sauf lorsque la vie de la mère est en danger.

Dans un communiqué diffusé après le débat, Richard Mourdock a précisé sa pensée « Dieu crée la vie et c'est ce que j'ai voulu dire. Dieu ne veut pas de viol et je n'ai en aucun cas suggéré qu'Il le voulait. Le viol est une chose horrible et il est ridicule et écoeurant de déformer mes propos », a expliqué M. Mourdock, issu de la mouvance conservatrice du Tea Party.

Ces propos ont tout de même été rapidement dénoncés par le camp démocrate et ont donné l'occasion au président sortant Barack Obama d'attaquer de nouveau son rival républicain sur sa vision du droit des femmes, alors que l'électorat féminin est particulièrement courtisé par les deux candidats en vue de la présidentielle du 6 novembre.

Mitt Romney, qui avait lancé lundi une campagne publicitaire dans l'Indiana pour soutenir le M. Mourdock, a tenu à prendre ses distances face à ces déclarations.

« Le gouverneur Romney est en désaccord avec les propos de Richard Mourdock, qui ne reflètent pas ses propres opinions », a déclaré la porte-parole du candidat républicain à la présidentielle, Andrea Saul.

Todd Akin, autre candidat républicain au Sénat, dans le Missouri, avait déjà suscité un tollé en août en assurant que les femmes possédaient des défenses biologiques leur permettant de ne pas tomber enceintes en cas de « véritable » viol.

Mitt Romney avait dénoncé ces propos et l'avait d'ailleurs appelé à abandonner sa campagne en vue d'obtenir un siège au Sénat, ce qu'il avait refusé.

À moins de deux semaines de l'élection présidentielle, la question du droit à l'avortement est un des enjeux avec lesquels Mitt Romney et Barack Obama doivent jongler.

L'ex-gouverneur du Massachusetts a déjà déclaré qu'il ne s'opposerait pas à l'avortement en cas de viol, d'inceste ou lorsque la vie de la mère était en danger. Cette position va pourtant à l'encontre de celle de son colistier, Paul Ryan. L'aspirant vice-président a en effet présenté une loi rendant illégal l'avortement, sans faire d'exception pour les grossesses dues à un viol.