Fort des 400 représentations de son premier spectacle solo, Arrête ton cinéma, du succès de son émission Peut contenir des Rachid et de son début de carrière prometteur en France, Rachid Badouri s'apprête à renouer avec les scènes du Québec avec son deuxième one man show, intitulé Badouri rechargé.

Gonflé à bloc, l'humoriste a rencontré les médias, mardi après-midi, pour parler de cette nouvelle œuvre, qu'il rodera pendant tout l'été 2013 et qu'il présentera au Théâtre Saint-Denis, à Montréal, du 15 au 19 octobre de la même année.

Si, dans Arrête ton cinéma, Rachid s'introduisait au public et dévoilait des bribes de la personne qu'il est, dans Badouri rechargé, il dressera un panorama de ce qu'est devenue sa vie depuis que la réussite professionnelle l'a happé au tournant.
« Je vais raconter ce que j'ai vécu dans les six ou sept dernières années, a expliqué l'artiste. Je veux parler à mes fans de ce qui m'est arrivé en France. Je veux aussi traiter de certaines de mes passions dont je n'ai pas parlé dans mon premier spectacle, comme les voitures. Je suis un maniaque de voitures! Je ne l'ai jamais dit, et je ne sais même pas pourquoi. J'en ai pourtant long à dire là-dessus. »

Pour une rare fois, Badouri risque aussi de s'aventurer sur un terrain qu'il a peu fréquenté depuis qu'on le connaît, celui de sa vie privée. Lui qui, en 2011, s'est marié et a vu sa maman mourir à quelques semaines d'intervalle abordera peut-être ces thèmes dans ses nouveaux monologues, mais se laisse encore le droit de changer d'avis si un assaut de pudeur vient le bloquer dans son processus de création.

« Pour l'instant, j'écris et je rectifie. Est-ce que je vais avoir le courage de le dire ? Est-ce que ce sera assez à mon goût pour le présenter dans le spectacle ? Je ne sais pas. C'est la beauté de faire un lancement d'avance; on peut encore se permettre plein de changements. »

Chose certaine, il compte tourner en dérision l'obsession de la santé qui s'est emparé de lui lorsque sa mère est décédée. « J'ai découvert le monde de l'extrême santé, a-t-il rigolé. Ma vie a changé drastiquement. Je peux te dire que, lorsque tu es dans une clinique pour la première fois, en train de subir une irrigation du côlon... Il faut être à l'aise ! »

Rachid avance par ailleurs que les effets de sons et de lumières qui habillaient son premier spectacle seront également présents dans ce second tour de piste.

« La sauce Badouri, l'énergie disjonctée, va rester. Ça ne deviendra pas un show unplugged (rires) ! »

Gérer le succès

C'est en 2005 que Rachid Badouri a effectué ses premiers pas sous les projecteurs et que les Québécois ont découvert sa bouille irrésistible et son style unique. Depuis, son existence a changé du tout au tout. Il est devenu une tête d'affiche importante dans la Belle Province et fait de plus en plus sa marque de l'autre côté de l'océan. Comment arrive-t-il à gérer l'effervescence de ce tourbillon, qui ne semble pas près de s'estomper et qui aurait fait perdre les pédales à plusieurs ?

« Je suis entouré de super bonnes personnes, a répondu le jeune homme avec philosophie. Pas des personnes qui veulent du cash ou me presser comme un citron, mais qui veulent mon bonheur. Ainsi, moi, j'arrive à livrer la marchandise et à rester humble. J'ai mes défauts, mais j'arrive à gérer mon succès grâce à eux. Et je ne parle pas seulement d'une équipe que je rémunère, comme un gérant ou une productrice, mais aussi d'amis qui me suivent partout. »

« Du jour au lendemain, tout ça peut s'éteindre, a poursuivi Rachid. Le monde artistique est un peu injuste. Du jour au lendemain, on arrête de te flatter. Si on se nourrit seulement de cette énergie, on peut facilement perdre la carte. Mais j'ai un bel entourage. »

Pour les prochains mois, c'est la conception de Badouri rechargé qui occupera Rachid Badouri. Puis, lorsque la tournée sera bien huilée et que le spectacle sera bien implanté, ici comme en France, notre homme compte se consacrer à un projet qu'il caresse depuis longtemps : percer au grand écran.

« Je veux mettre l'accent sur le cinéma, a lancé ce mordu du septième art. En français, en anglais, au Québec ou ailleurs, partout où je peux en faire. S'il faut que j'apprenne le mandarin pour aller faire un nouveau film de Jackie Chan, je m'en fous, je vais le faire ! (rires) ».