Des millions dépensés en vain pour rénover Gentilly-2

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GENTILLY
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La décision de fermer Gentilly-2 pourrait forcer Hydro-Québec à vendre à perte l'équipement qu'elle a déjà acheté pour la rénovation de la centrale nucléaire, a appris Radio-Canada.

Avant l'annonce de la fermeture de la centrale nucléaire décidée par le gouvernement Marois, la société d'État a acheté de l'équipement évalué à plusieurs centaines de millions de dollars en prévision de sa réfection, même si le doute planait sur son avenir. Au total, 965 millions de dollars ont été dépensés.

Hydro-Québec avait amorcé au cours des dernières années plusieurs étapes des travaux, comme des études de sûreté. Mais il ne s'agissait que de travaux préliminaires, avait assuré au printemps 2012 le PDG de la société, Thierry Vandal. Le PDG avait précisé que « seuls certains équipements de pointe avaient été achetés ».

Or, selon ce qu'a appris Radio-Canada, Hydro-Québec a en fait déjà acheté la plupart des équipements importants identifiés dans le plan directeur de réfection de la centrale, comme les tubes de force qui se trouvent au coeur du réacteur, ainsi que plusieurs nouvelles composantes de la turbine et des ordinateurs de contrôle.

De plus, Hydro-Québec aurait déjà construit une installation de gestion des déchets radioactifs, en plus d'acheter un système de filtration de l'air de la compagnie française Areva.

Il manque peu de choses pour que la centrale soit complète, selon le professeur de génie nucléaire Guy Marleau, de l'Institut de génie nucléaire à l'École Polytechnique de Montréal.

Hydro-Québec cherche maintenant à revendre l'équipement qu'elle vient d'acheter, mais les débouchés sont peu nombreux. La plupart des centrales nucléaires ailleurs dans le monde qui emploient la même technologie n'ont pas besoin d'être rénovées.

« Je pense que ça va être une tâche assez difficile de revendre cet équipement-là et, à la limite, si on le revend, ça va certainement être à perte », pense Guy Marleau.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, refuse de condamner la direction d'Hydro-Québec, rejetant plutôt la responsabilité de ces dépenses sur le gouvernement précédent qui « a été complètement irresponsable de ne pas demander plus d'information et de ne pas être plus prudent ». La ministre réitère sa confiance à l'égard du PDG de la société d'État.

D'après le reportage d'Hugo Lavallée.

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