NOUVELLES
22/10/2012 06:58 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

SAAQ : Des examens de permis de conduire en arabe, chinois et espagnol

Shutterstock

Afin de faciliter l'obtention du permis de conduire aux clients immigrants, la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) offre de passer les examens écrits en arabe, chinois (mandarin) et espagnol ou encore, d'avoir recours à un interprète. Il s'agit là d'un service surtout populaire dans la région de Montréal, où un peu plus de 4000 nouveaux arrivants ont déjà bénéficié de cette mesure depuis le début de l'année.

Pour obtenir son permis de conduire de classe 5 (véhicule de promenade), il faut passer deux examens écrits et un autre sur la route. Or, certains ont recours aux examens théoriques en langues étrangères disponibles en trois langues, soit l'arabe, le chinois (mandarin) et l'espagnol.

Par ailleurs, si la personne ne parle pas une de ces trois langues, elle peut toujours s'inscrire à des sessions d'examens avec interprète afin de passer son examen théorique. «À ce jour, des sessions d'examens avec interprète ont été réalisées dans plus de 30 langues. Chaque session avec un interprète permet d'accueillir jusqu'à 12 candidats», écrit la SAAQ dans un courriel.

Plus de 4000 clients en langues étrangères

Selon les chiffres obtenus par la SAAQ, pour la période du 1er janvier au 30 septembre dernier, 3235 clients ont réalisé pas moins de 11 663 examens en langues étrangères. Or, dans la même période, 866 clients ont réalisé 3254 examens avec interprète.

Pour ce qui de l'examen pratique, l'immigrant doit obligatoirement détenir des notions de base en français ou en anglais, précise la SAAQ. «Elle doit avoir suffisamment de notion en français pour comprendre les demandes de la personne qui donne l'examen», dit Audrey Chaput, relationniste pour la SAAQ.

Dans les cas contraires, l'élève peut avoir recours au service d'un interprète à ses frais pour se faire expliquer les consignes avant et après le départ, mais il ne peut être admis dans le véhicule pendant l'examen sur la route.

Cet accommodement s'inscrit conformément à la politique linguistique de la société, et ce, si le candidat réside au Québec depuis moins de 3 ans. «Il y a une très grande demande pour ce type de service surtout à la SAAQ d'Henri-Bourassa, précise Mme Chaput. C'est surtout pour enlever l'effet du stress», défend-elle. Cet ajustement de service ne concerne que les examens pour l'obtention du permis de classe 5.

Un accommodement anti-intégration

Professeure en francisation, Tania Longpré critique cette mesure. «J'ai des élèves russes qui vont passer l'examen du permis conduire dans leur langue. Une fois sur la route, s'ils ont un accident, ils vont communiquer dans quelles langues ?» questionne-t-elle.

Même son de cloche de la part du président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu, qui dénonce ce type d'accommodement de la part d'une société d'État.

«Ça devrait se faire exclusivement en français. Une société d'État doit avoir pour mission de proposer des mesures pour accompagner l'immigrant vers l'intégration», pense-t-il. Mario Beaulieu estime pour sa part que l'ensemble de ces actions explique, entre autres, le déclin du français à Montréal.

Interrogé concernant cette mesure, le porte-parole de l'Office québécois de la langue française (OQLF), Martin Bergeron, s'est montré prudent à commenter, indiquant que l'actuel politique linguistique de la SAAQ a été approuvée par l'OQLF en 1999. «Il est trop tôt pour dire s'il y aura des changements», a-t-il évoqué.