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Échanges de tirs entre soldats et hommes armés au Liban

22/10/2012 10:26 EDT | Actualisé 22/12/2012 05:12 EST

La tension monte encore d'un cran au Liban où des affrontements ont eu lieu entre des soldats de l'armée libanaise et des hommes armés, lundi dans un quartier sunnite de Beyrouth. Ces échanges de tirs, qui ont fait cinq blessés, surviennent après la mort, vendredi, d'un haut responsable de la sécurité.

Des soldats ont essuyé des tirs d'hommes armés lorsqu'ils ont tenté de rouvrir la route menant à Tariq al-Jdidé, un bastion des partisans de l'ancien premier ministre Saad Hariri. Les hommes armés de fusils mitrailleurs, gardant des barricades de débris, bloquaient une route.

Des affrontements ont également fait quatre morts, dont une fillette de neuf ans, à Tripoli.

L'armée s'est dite « décidée à réprimer toute atteinte à la sécurité et à préserver la paix civile » pendant que le chef de l'opposition, Saad Hariri, a affiché sa détermination à renverser le gouvernement de son rival Najib Mikati.

M. Hariri a toutefois lancé un appel au calme. « Nous voulons la paix, le gouvernement doit tomber, mais nous voulons que cela se produise de manière pacifique », a-t-il déclaré à la télévision.

Le gouvernement est dominé par le Hezbollah, un parti chiite proche du président syrien Bachar Al-Assad et de Téhéran.

Les affrontements surviennent dans la foulée de l'assassinat du général Wissam Al-Hassan, vendredi. Ce dernier a été victime d'un attentat à la voiture piégée que l'opposition a attribué au régime syrien.

Le général Al-Hassan était notamment à l'origine de l'arrestation d'un ancien député libanais, Michel Samaha, partisan du régime Assad. M. Samaha est accusé d'avoir transporté des explosifs pour commettre des attentats au Liban.

Après les funérailles du général Al-Hassan, dimanche, des partisans ont attaqué le siège du gouvernement et réclamé la démission du gouvernement.

Le spectre du conflit syrien

Le Liban est menacé de voir le conflit syrien s'étendre à son territoire. La population libanaise est divisée entre sunnites, chiites et chrétiens. La majorité sunnite est hostile au président syrien Bachar Al-Assad, alors que la majorité des chiites le soutiennent. Les chrétiens sont quant à eux divisés sur la question.

« Les développements des dernières heures ont montré sans l'ombre d'un doute que la nation traverse des moments très critiques et que la tension a atteint des degrés sans précédent dans certaines régions », a indiqué l'armée dans un communiqué. « La sécurité est une ligne rouge, de même que les atteintes aux institutions officielles et aux intérêts publics et privés », a-t-elle poursuivi.

L'armée libanaise appelle tous les citoyens à agir de façon responsable afin de préserver la paix civile. « Nous appelons toutes les forces politiques à être circonspectes dans l'expression de leurs positions et de leurs idées [...], car le destin du pays est en jeu », a déclaré le commandement de l'armée dans son communiqué.

Les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité au Liban de même que le coordonnateur spécial de l'ONU au Liban, Derek Plumby, ont plaidé en faveur de la stabilité du pays. Dans un communiqué lu après une rencontre avec le président libanais, Michel Sleimane, ils ont appelé « toutes les parties au Liban à préserver l'unité nationale ».

« C'est vital que les institutions et l'action gouvernementale se maintiennent afin d'assurer la stabilité, la sécurité et la justice au Liban », ont-ils souligné.

La Syrie exerce une forte influence chez son voisin libanais depuis la guerre civile qui a secoué le Liban de 1975 à 1990.

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