MONTRÉAL - Le Nouveau Parti démocratique (NPD) s’inquiète de la sécurité qui prévaut au poste frontalier de Stanstead, en Estrie.

Les députés néo-démocrates de la région, Jean Rousseau et Pierre Jacob, et la porte-parole adjointe de l’opposition officielle en matière de sécurité publique, Rosane Doré Lefebvre, ont fait part de leurs craintes lors d’un point de presse, dimanche, à Stanstead.

Au Québec, 260 personnes ont été informées qu'elles perdraient leur emploi à l'Agence des services frontaliers, affirme le NPD, citant des données de l'Alliance de la fonction publique du Canada. Les douanes devront désormais fonctionner avec des effectifs réduits en raisons des coupes prévues dans le dernier budget du ministre Flaherty.

De nombreuses personnes traverseraient illégalement au poste frontalier de Stanstead pour ensuite demander l’asile au Canada. Le NPD dit avoir obtenu des documents en vertu de la Loi sur l'accès à l'information révélant que plus de 300 passages illégaux avaient eu lieu à Stanstead depuis le début de l'année.

À Magog, notamment, la police locale aurait intercepté plusieurs illégaux pour ensuite les remettre entre les mains de la GRC. Le manque d’effectifs au poste de Stanstead serait en partie responsable de la situation.

La députée néo-démocrate déplore que les questions posées en Chambre soient demeurées sans réponse. Elle soutient que le gouvernement conservateur ne cesse de répéter que la situation à la frontière ne pose pas problème. Selon elle, les faits ne donnent pas raison aux conservateurs.

«(Le ministre de la Sécurité publique), M. Toews, devrait faire son travail, venir voir ce qui se passe sur le sur le terrain et ajuster (le tir) en conséquence», lance Mme Doré Lefebvre.

«C'est dangereux pour notre sécurité nationale. Est-ce qu'il y a des armes, des drogues, du tabac illégal qui entrent au Canada?», ajoute-t-elle.

Le sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais assure pour sa part que les cas d'entrées illégales ont diminué ces dernières années.

L'ex-président de l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec croit que la situation est «loin d'être alarmante».

«On suveille ça constamment, on est prêt à agir et on a des lois sévères pour lutter contre ça», affirme-t-il.

Il assure d'ailleurs que les gens qui franchissent la frontière sont, pour la plupart, des demandeurs d'asile, qui ne représentent pas une grande menace pour le Canada.