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Festival du nouveau cinéma: Claude Chamberland ne veut pas d'un gros festival comme Toronto (ENTREVUE)

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Le Festival du nouveau cinéma (FNC) se termine cette fin de semaine. Pour conclure en beauté, le cofondateur et directeur de la programmation, Claude Chamberland nous a accordé une entrevue. Il donne ses impressions sur l'avenir du festival et sur sa place dans l'univers ultra-compétitif des festivals dans le monde.

Claude Chamberland aura travaillé dur pour convaincre les studios Fox de lui donner en première canadienne le très attendu film de Ang Lee, L'Histoire de Pi, dont la sortie en salles est prévue en novembre prochain. «Si on l'a eu, c'est grâce à Yann Martel qui est personnellement intervenue en notre faveur», explique-t-il. L'auteur québécois qui a écrit le livre dont est adapté le film américain a dû donc faire pression après du studio hollywoodien pour que soit présenter le long-métrage à Montréal. «Depuis son existence, la Fox n'a jamais fait cela», précise Chamberland.

Entre Toronto et Montréal, le clash ne peut être aussi frappant. Un mois plus tôt, la Ville reine a accueilli presque la totalité des prochaines superproductions américaines qui se sont bousculées au Bell Lightbox, quartier général du TIFF et cela sans aucun effort ou presque. «Une chose est certaine: sur ce point, Toronto a depuis longtemps gagné la bataille», déclare le cofondateur.

Pourtant, Claude Chamberland n'envie pas Toronto. Trop écœuré par autant de strass et de paillettes, il ne s'y rend plus depuis trois ans. «Même si sa programmation reste excellente, ce festival est devenu un gros show de boucane, trop corporate. Je ne veux pas d'un festival comme Toronto à Montréal», déclare-t-il.

Selon Chamberland, l'avenir des festivals se trouve ailleurs. «Les nouvelles technologies nous forcent à revoir les choses. En 2012, les anciennes méthodes ne fonctionnent plus», affirme-t-il.

Selon lui, il faut plutôt des structures plus petites à taille humaine, plus proches des gens, quitte à faire des alliances. «Les réalisateurs nous disent souvent qu'ils aiment venir dans notre festival, par qu'ils n'ont pas besoin d'y faire le spectacle où ils peuvent rencontrer le public et avoir le temps d'échanger avec eux», croit-il.