POLITIQUE

Québec a besoin d'une «médecine de cheval» contre la corruption dit Jacques Duchesneau

19/10/2012 11:20 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST
CP

MONTRÉAL - Pour régler les problèmes de corruption, le Québec a besoin d'une «médecine de cheval», croit Jacques Duchesneau, porte-parole en matière de justice de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Après les révélations jeudi de l'ancien fonctionnaire de la Ville de Montréal Gilles Surprenant, devant la Commission Charbonneau, M. Duchesneau estime que l'évidence ne peut être niée: la corruption existe et doit être enrayée.

«Vous savez, quand des gens témoignent, les juges disent toujours qu'on peut croire, ne pas croire ou croire en partie. Nous avions besoin de corroboration, c'est ce que nous avons eue», a indiqué Jacques Duchesneau, vendredi.

L'ingénieur Gilles Surprenant a confirmé l'existence d'un système de truquage des contrats municipaux. Il a appuyé les allégations de l'ex-entrepreneur Lino Zambito, notamment sur le prélèvement d'une quote-part d'un pour cent sur les contrats accordés par la Ville de Montréal. Au fil des ans, M. Surprenant, surnommé «Monsieur TPS» (pour Taxe pour Surprenant), a accumulé environ 600 000 $. Une enveloppe de 122 800 $ a été déposée en preuve à la Commission, soit la somme qu'il avait toujours chez-lui au moment d'une perquisition à son domicile en août dernier.

Devant ces révélations, et en constatant l'ampleur des fraudes commises, la CAQ réclame des décisions musclées qui mèneront à un véritable redressement. Le parti place la barre haute et annonce qu'il ne se contentera pas de petites mesures. Jacques Duchesneau cite le plafonnement à 100 $ des dons aux partis politiques, prôné par le nouveau gouvernement du Parti québécois, qu'il considère comme un bon pas, mais insuffisant. Il exhorte le gouvernement Marois à inclure les partis politiques municipaux dans son train de réformes.

L'intérêt pour le monde municipal apparaît comme une priorité pour Jacques Duchesneau, puisque l'année 2013 sera une année électorale pour les villes au Québec.

D'ici là, même si les projecteurs se braquent sur Montréal et Laval, M. Duchesneau hésite à recommander la mise en place d'une tutelle, en raison des complications légales de la procédure, mais aussi parce que la responsabilité de chacun n'est pas encore claire. Dans le cas de Mascouche par contre, sa position diffère.

« Si je prends le cas de Mascouche, lui, le maire (Richard Marcotte), il a été accusé. Selon moi, il ne devrait plus maintenir sa fonction. Il continue d'occuper une fonction, faisant fi de la démocratie. C'est une fronde!», lance-t-il.

M. Duchesneau en fait une question de crédibilité, estimant que la population est bien consciente de la situation et souhaite des changements. En ce sens, il se dit convaincu que la Commission Charbonneau contribue à un «éveil de la population».

«C'est comme si une personne entrait dans la maison et partait avec des choses sans que vous vous en aperceviez. Là, on a pris conscience de tout ça et on s'indigne. Et on sait pourquoi on s'indigne: on se fait voler des centaines de milliers de dollars», clame le député.

La CAQ juge que le fruit est mûr pour rectifier plusieurs zones d'ombres, comme l'encadrement des dépenses électorales, et voir à ce que les pouvoirs des vérificateurs généraux soient étendus.

«Il n'y a pas une journée où je ne suis pas interpellé par des gens qui viennent me dire: "c'est écoeurant ce qui se passe, j'espère que vous allez prendre des mesures". Je pense qu'il faut se donner les moyens de nos ambitions», affirme M. Duchesneau.

Dès la reprise des travaux à l'Assemblée nationale, la question de la corruption et des mesures de redressement seront abordées de front. La CAQ attend le gourvernement Marois de pied ferme.

«On ne veut pas faire dérailler le gouvernement, mais on ne veut pas perdre l'occasion que nous avons, avec la Commission Charbonneau et la prise de conscience de la population, de faire autre chose que de mettre seulement un diachylon sur le problème», insiste M. Duchesneau.

Le député de la CAQ souhaite aussi que les aspirants au titre de chef du Parti libéral du Québec prennent position dans le débat.

INOLTRE SU HUFFPOST

Construction: la (longue) marche vers une enquête
La commission Charbonneau en bref