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Cyberprédation : les victimes se voient souvent demander d'envoyer des photos

19/10/2012 06:49 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

De nombreux cas de cyberprédation portés à la connaissance du Centre canadien de protection de l'enfance via une ligne de signalement consistent en des menaces et des requêtes d'envoyer des photographies.

Le Centre canadien de protection de l'enfance a révélé qu'il avait examiné pour son étude 264 rapports de signalement en provenance du grand public.

Les données ont été recueillies entre septembre 2007 et juin 2011 sur le site Cyberaide.ca, le centre canadien de signalement des cas d'exploitation sexuelle d'enfants sur Internet.

Des chiffres alarmants

Les cyberprédateurs adultes utilisent un vaste éventail de moyens afin de manipuler les enfants et « les rendre dociles dans le but de les exploiter sexuellement », constate Lianna McDonald, la directrice générale du Centre canadien de protection de l'enfance.

Le centre estime que 31 % des rapports de signalement ont été effectuées par les victimes et 50 % par des parents ou des membres de la famille.

Les cyperprédateurs utiliseraient l'intimidation dans 24 % des cas, souvent en menaçant de distribuer des photos des victimes qu'ils ont en leur possession.

93 % des cyberprédateurs demandent des photos à leurs victimes et ces dernières se soumettent à leur requête dans 30 % des cas.

Protéger les jeunes coûte que coûte

L'organisme Au-delà des frontières de Winnipeg, qui lutte également contre l'exploitation sexuelle des enfants, a exhorté le gouvernement à réglementer davantage le web de manière à repérer les prédateurs rapidement et à leur bloquer l'accès à Internet.

Le groupe croit que les adresses IP, qui sont uniques à chaque connection à Internet, devraient être enregistrées comme les plaques d'immatriculation des véhicules.

La présidente de l'organisme va même plus loin en réclamant que le registre des délinquants sexuels soit rendu public.

« Comme ça les fournisseurs peuvent bloquer la réception de courriels à ceux qui sont sur le registre des délinquants », explique Rosalind Prober, la présidente d'Au-delà des frontières.

Le rapport du centre survient une semaine après le suicide d'Amanda Todd, une jeune fille de 15 ans originaire de Port Coquitlam, en Colombie-Britannique, qui a subi des années d'exploitation sexuelle sur Internet. Elle était aussi victime d'intimidation par des camarades de classe.

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