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Brahimi arrivé en Syrie, les bombes pleuvent à Maaret al-Noomane

19/10/2012 06:14 EDT | Actualisé 19/12/2012 05:12 EST

Alors que le médiateur international Lakhdar Brahimi est Damas, l'aviation syrienne continue à bombarder la ville rebelle de Maaret al-Noomane, visée par un raid meurtrier la veille.

Arrivé en début d'après-midi dans la capitale syrienne, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe tentera de négocier un cessez-le-feu entre les rebelles et le gouvernement syrien du 26 au 28 octobre, pour la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

Pour M. Brahimi, cette trêve pourrait servir de base à l'amorce d'un « processus politique ». Le pouvoir et l'opposition ont favorablement accueilli son appel en ce sens.

Le médiateur s'entretiendra samedi avec le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem et rencontrera le président Bachar Al-Assad à une date indéterminée.

L'aviation frappe encore

À une semaine de cet éventuel arrêt des violences, les troupes gouvernementales menaient toujours vendredi des frappes sanglantes sur les fiefs des insurgés, en particulier Maaret al-Noomane, ville stratégique contrôlée depuis le 9 octobre par les rebelles.

L'armée tente de la reprendre pour que ses renforts puissent se rendre de Damas au nord du pays sans encombre. Toutes les 15 minutes, des roquettes pleuvent sur des quartiers presque déserts, a constaté le correspondant de l'AFP.

Quant à eux, les insurgés parcourent la ville en 4X4, tirant en l'air chaque fois que passent les bombardiers. « Peu importe si nous mourons, mais nous devons descendre ces avions », a déclaré à l'AFP un rebelle muni d'une mitrailleuse antiaérienne.

La veille, un raid aérien a touché deux immeubles et une mosquée. Après l'événement particulièrement meurtrier, le correspondant de l'AFP a vu 32 corps, dont plusieurs mutilés, enveloppés dans des linceuls blancs dans un hôpital de fortune. Parmi eux figuraient ceux de 6 enfants.

Principal atout du régime, les bombardements aériens ont tué au moins 49 personnes jeudi, dont 23 enfants. Un correspondant de l'Agence France-Presse qui a assisté à des scènes d'horreur a notamment vu des bombes décapiter un enfant et en déchiqueter un autre.

L'extrême violence du conflit, au cours duquel 34 000 personnes ont trouvé la mort en 19 mois d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), a freiné l'ardeur des manifestants qui appelaient autrefois en très grand nombre au départ de Bachar Al-Assad.

Dénonçant l'inaction de la communauté internationale, les militants antirégime ont néanmoins lancé un appel, comme tous les vendredis, à manifester sous le thème « États-Unis, votre silence suspect a contribué à la mort de milliers de victimes ».

D'après l'OSDH, un organisme basé à Londres, 195 personnes ont perdu la vie jeudi dans les violences (89 civils, dont 27 enfants, 45 insurgés et 61 soldats).

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