Place au cinéma! ... Beauty and the breast, Vous n'avez encore rien vu, The Paperboy, Le magasin des suicides, Le jour des corneilles, Arbitrage, Activité paranormale 4... Voici les résumés et critiques des nouveaux films dans les salles du Québec cette semaine.

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  • THE PAPERBOY

    <strong>États-Unis. 2012. 107 min.</strong> Drame de Lee Daniels avec Matthew McConaughey, Zac Efron, Nicole Kidman, David Oyelowo, John Cusack, Scott Glenn. En 1969, un reporter revient dans sa Floride natale pour innocenter un prisonnier condamné à mort pour le meurtre d'un shérif raciste. Il est aidé dans son enquête par un assistant, une femme mûre amoureuse du détenu et son jeune frère, qui s'éprend de cette dernière.

  • VOUS N'AVEZ ENCORE RIEN VU (4)

    <strong>France. 2012. 115 min.</strong> Drame de Alain Resnais avec Pierre Arditi, Sabine Azéma, Anne Consigny, Lambert Wilson, Mathieu Amalric, Michel Piccoli, Anny Duperey, Vimala Pons, Sylvain Dieuaide, Andrzej Seweryn, Hippolyte Girardot, Gabriel Dufay. Suivant les dernières volontés de l'homme de théâtre français Antoine d'Anthac, treize comédiens et comédiennes, qui ont à une époque ou une autre joué dans sa pièce "Eurydice", se réunissent dans son manoir. À la demande du disparu, les convives doivent visionner une captation sur vidéo d'une nouvelle version de la pièce par une jeune compagnie, afin de juger si elle mérite d'être produite à Paris. Dès les premières répliques, Sabine Azéma, emportée par la beauté du texte, se met à jouer le personnage d'Eurydice, qu'elle a autrefois créé sur les planches. Pierre Arditi, qui a pour sa part été le premier interprète d'Orphée, lui emboîte le pas. Ils sont bientôt imités par Anne Consigny et Lambert Wilson, qui tenaient les mêmes rôles dans une production plus récente. Se joindront à eux les autres acteurs présents, dont Hippolyte Girardot, Michel Piccoli et Anny Duperey, mais surtout Mathieu Amalric qui, dans le rôle de l'envoyé du Destin, tire les ficelles de cette relecture du mythe grec, une histoire d'amour par delà la mort entre un musicien au coeur pur et une comédienne aux lourds secrets. Alain Resnais (MÉLO, COEURS) rend un vibrant hommage aux acteurs et au théâtre avec cette adaptation ludique, aux mises en abyme vertigineuses, de deux pièces de Jean Anouilh. D'une grande virtuosité, l'élégante mise en scène parvient souvent à faire oublier l'artificialité du dispositif. Au sein de la distribution chevronnée, Sabine Azéma force un peu la note.

  • BEAUTY AND THE BREAST (5)

    <strong>Canada. 2010. 86 min.</strong> Documentaire de Liliana Komorowska. Les parcours de neuf femmes d'âges et d'horizons divers qui, à l'annonce d'un diagnostic de cancer du sein, choisissent de suivre les traitements prescrits par la médecine traditionnelle, ou encore de se tourner vers les thérapies naturelles ou holistiques. Bien intentionné et empathique, ce survol des différentes attitudes adoptées par les victimes de cette terrible maladie se mue en une véritable ode à la résilience. En revanche, le film se révèle chiche en informations inédites et, dénuée d'un réel point de vue, la réalisation de Liliana Komorowska se cantonne dans une esthétique télévisuelle.

  • LE MAGASIN DES SUICIDES (5)

    <strong>France. 2012. 79 min.</strong> Film d'animation de Patrice Leconte. Commerçants spécialisés dans les produits pour se suicider, Mishima et Lucrèce Tuvache appréhendent la venue d'un troisième enfant. Leurs craintes sont justifiées. Alors que ses aînés Vincent et Marilyn respirent le mal de vivre, le petit Alan sème la joie autour de lui. Tandis que ses parents font tout pour que celui-ci ne contamine pas les clients moroses de leur commerce prospère, Alan réussit à donner le goût de vivre à sa grande soeur. Terrifié par la graduelle transformation de Marilyn, le couple Tuvache travaille d'arrache-pied afin de sauver la boutique en ces temps difficiles et ainsi éviter que le bonheur ne se répande partout. En adaptant librement un roman pétri d'humour noir de Jean Teulé, Patrice Leconte a concocté un film moralisateur, où l'humour se fait tour à tour macabre et trop gentillet. Avec ses couleurs pimpantes et ses riches détails, l'animation fluide évoque par son charme suranné les vieux livres pour enfants.

  • LE JOUR DES CORNEILLES (4)

    <strong>France. 2012. 95 min.</strong> Film d'animation de Jean-Christophe Dessaint. Depuis sa naissance, le fils Courge vit en reclus dans la forêt avec son père autoritaire et colérique, qui le maintient par la peur à l'intérieur du périmètre au-delà duquel, dit-il, il s'exposerait à une mort certaine. Mais la vision lointaine de deux individus traversant paisiblement la clairière ébranle la certitude du gamin, qui rêve en secret d'élargir son horizon. Lorsque le vieux Courge est victime d'un accident grave, le fils, sur les conseils rassurants de l'esprit de sa défunte mère, défie l'interdit et le conduit jusqu'au village le plus proche. Courge est bientôt recueilli par le charitable médecin en chef de l'hôpital, qui confie l'enfant sauvage à Manon, sa fille du même âge. Tandis que la gronde se fait entendre au sein de la populace qui nourrit une vieille rancoeur vis-à-vis du malade, le fils Courge prend goût à la vie en société. Cette coproduction France-Québec se distingue en premier lieu par son animation belle et sophistiquée mixant différents styles de dessin, comme si Frédéric Back rencontrait Caillou. Ce métissage répercute l'écho d'un récit vif mais parfois lourd qui, inspiré du roman de Jean-François Beauchemin, croise les univers et motifs de Marcel Pagnol et SHREK.

  • ARBITRAGE (4)

    <strong>États-Unis. 2012. 107 min.</strong> Thriller de Nicholas Jarecki avec Richard Gere, Susan Sarandon, Tim Roth, Brit Marling, Laetitia Casta, Nate Parker. S'il donne l'impression d'être au dessus de ses affaires, Robert Miller, un riche spéculateur, souhaite plus que tout vendre son empire financier avant que ses manoeuvres frauduleuses ne soient dévoilées au grand jour. Alors qu'il fête ses soixante ans entouré de sa famille, dont sa femme Ellen et leur fille Brooke, héritière potentielle de l'empire, Miller quitte la soirée afin d'aller rejoindre Julie Côté, jeune marchande d'art française qu'il entretient aux frais de sa compagnie. Alors qu'ils font route vers une destination romantique, Robert et Julie ont un accident qui coûte la vie de cette dernière. Abandonnant la dépouille, Robert appelle un ex-détenu de sa connaissance afin qu'il fasse disparaître toute trace de sa présence sur les lieux de l'accident. Mais c'est sans compter sur le flair de l'insistant Michael Bryer, détective du NYPD. La réalisation élégante du premier long métrage de fiction de Nicholas Jarecki s'accorde parfaitement avec le sujet. La réussite de cette illustration glacée du monde de la finance où évoluent des individus superficiels repose sur un suspense bien entretenu et une distribution talentueuse, où domine Richard Gere.

  • L'OEIL DE L'ASTRONOME, (4)

    <strong>France. 2011. 91 min.</strong> Drame historique de Stan Neumann avec Denis Lavant, Airy Routier, Lou Castel, Max Baissette de Malglaive, Jérôme Derre, Élise Caron. Prague, été 1610. L'astronome allemand Johannes Kepler, protégé de l'empereur Rodolphe II, se voit confier pour dix jours l'un des premiers télescopes inventés par Galilée. Transformant la terrasse de sa demeure en observatoire, il scrute le ciel, échafaudant au fil des nuits sa théorie sur le mouvement elliptique des planètes autour du soleil. En proie au doute et en perte d'acuité visuelle, Kepler s'en remet à son assistant, tandis que plusieurs membres de la cour et du clergé, qui défilent chez lui, remettent en cause ses recherches considérées comme dissidentes. Il subit d'ailleurs de fortes pressions de la part de l'entourage de l'empereur, dont l'autorité est de plus en plus contestée. Mettant en évidence les considérations scientifiques, politiques et philosophiques de son récit, le documentariste Stan Neumann privilégie, pour cette première incursion dans la fiction, un traitement dépouillé, quasi théâtral et un peu didactique, composé de magnifiques clairs-obscurs faisant émerger le profil singulier de l'intense et convaincant Denis Lavant.

  • ACTIVITÉ PARANORMALE 4 (Paranormal Activity 4)

    <strong>États-Unis. 2012. 95 min.</strong> Drame fantastique de Henry Joost et Ariel Schulman avec Kathryn Newton, Katie Featherston, Brady Allen, Matt Shively, Alisha Boe, Tommy Miranda. Une adolescente vivant seule avec sa mère se met à épier le garçon et la femme qui viennent d'emménager dans la maison voisine, sans soupçonner que ceux-ci font depuis cinq ans l'objet d'un avis de recherche lancé à la suite d'un épisode meurtrier auquel ils ont été mêlés.

  • ALEX CROSS (5)

    <strong>États-Unis. 2012. 101 min.</strong> Drame policier de Rob Cohen avec Tyler Perry, Matthew Fox, Edward Burns, Rachel Nichols, Carmen Ejogo, John C. McGinley, Cicely Tyson, Jean Reno, Werner Daehn. Docteur en psychologie et enquêteur pour la police de Detroit, Alex Cross poursuit avec son coéquipier Thomas Kane un tueur en série sadique surnommé Picasso, en raison de la nature des dessins qu'il abandonne auprès de ses victimes mutilées. Ce meurtrier très méthodique, ancien militaire habile au pugilat, s'en prend principalement à des grosses légumes, et sa prochaine cible pourrait être Gilles Granger, un baron de l'immobilier d'origine française qui tente de redonner un nouveau souffle à la ville. Jouant au chat et à la souris avec Picasso, le perspicace détective redouble d'ardeur lorsque ce dernier tue son épouse enceinte. Tyler Perry (la série des MADEA) apparaît bien terne dans le rôle d'Alex Cross, que tenait avec plus de charisme et de nuances Morgan Freeman dans KISS THE GIRLS et ALONG CAME A SPIDER. Rob Cohen (xXx, STEALTH) peine à donner du relief à ce polar générique aux multiples invraisemblances, dans lequel Matthew Fox ("Lost"), à contre-emploi, en fait des tonnes.

  • WE ARE LEGION - THE STORY OF THE HACKTIVISTS (We Are Legion)

    <strong>États-Unis. 2012. 93 min.</strong> Documentaire de Brian Knappenberger. Portrait d'Anonymous, un collectif de justiciers masqués qui, au nom de la liberté, dénonce via Internet les mensonges politiques en attaquant les serveurs informatiques de différents gouvernements, groupes et multinationales jugés délinquants.

  • WAGNER & ME

    <strong>Grande-Bretagne. 2011. 89 min.</strong> Documentaire de Patrick McGrady. D'origine juive, l'acteur anglais Stephen Fry (WILDE) tente de réconcilier sa passion pour l'oeuvre de l'Allemand Richard Wagner avec le fait que ce dernier était également le compositeur préféré d'Adolf Hitler, sous le régime duquel ses parents ont péri dans les camps.

  • DIANA VREELAND: THE EYE HAS TO TRAVEL (3)

    <strong>États-Unis. 2011. 86 min.</strong> Documentaire de Lisa Immordino Vreeland,Bent-Jorgen Perlmutt,Frédéric Tcheng. Née à Paris en 1903, Diana Vreeland vécut à Londres et à New York où, toute sa vie, elle s'entoura de gens aussi excentriques qu'elle. Initialement complexée par son apparence hors norme, elle entreprit d'en faire sa carte de visite. Comme éditrice de Harper's Bazaar (1937-1962), puis de Vogue (1962-1971), elle contribua à faire reconnaître la mode comme un art à part entière. Chemin faisant, elle a également mis en valeur la beauté atypique de personnalités publiques telles que Mick Jagger, Cher, Twiggy et Veruschka. Ce portrait fascinant est en partie basé sur les mémoires de Diana Vreeland et coréalisé par l'épouse du petit-fils de cette dernière. Le traitement, en phase avec la personnalité haute en couleur du sujet, est mis en lumière par la réalisation et le montage, d'une belle fluidité. Les intervenants bien choisis livrent en outre des témoignages éclairants.

  • THE BALLAD OF GENESIS AND LADY JAYE

    <strong>France. 2010. 65 min.</strong> Documentaire de Marie Losier. En 2000, l'artiste new-yorkais Breyer P-Orridge Genesis entame un long processus de chirurgie plastique afin de ressembler trait pour trait à sa partenaire et épouse Lady Jaye Breyer P-Orridge.

  • STORIES WE TELL (3)

    <strong>Canada. 2012. 90 min.</strong> Documentaire de Sarah Polley. Alors qu'elle brosse le portrait sur film de sa famille centré sur la figure de sa défunte mère, la cinéaste et actrice torontoise Sarah Polley (AWAY FROM HER, TAKE THIS WALTZ) tombe sur des indices selon lesquels Michael Polley, un comédien de Toronto, ne serait pas son véritable père. Son film se transforme aussitôt en une enquête, propulsée par des témoignages de ses frères et soeurs plus âgés qu'elle, ainsi que des proches de Diane Polley. Leurs révélations la conduisent à Montréal, où sa mère, qui jouait en 1978 dans une pièce donnée au théâtre Centaur, aurait eu une liaison avec un membre de la troupe. Mais lequel? Afin de percer ce mystère, Sarah va à la rencontre de l'imprésario de sa mère, Harry Gulkin. Ce dernier lui fait une révélation fracassante. Entre ses archives réelles et fabriquées, son enquête éparpillée en apparence et très focalisée en vérité, Sarah Polley exécute sur la frontière documentaire-fiction un véritable tour de magie. Même s'il tire en longueur au dernier tiers, cet objet ludique et profond sur le sens de la famille et de la filiation séduit, à chaque plan, l'oeil et l'esprit.