L'ex-policier de Sainte-Foy Serge Lefebvre, qui a purgé une peine de prison pour le meurtre de deux de ses collègues en 1985, a de nouveau été arrêté, tôt jeudi. Serge Lefebvre a été appréhendé pour une introduction par effraction dans le secteur de Cap-Rouge

L'homme âgé de 67 ans a été arrêté au 4473 de la rue Saint-Félix, dans un centre communautaire de Québec.

Serge Lefebvre doit comparaître cet après-midi au palais de justice de Québec pour répondre à une accusation de vol par effraction. Selon Sandra Dion de la police de Québec, des accusations devraient aussi être portées relativement à une série de vols commis entre septembre 2011 et octobre 2012. « C'est une enquête qui a duré plusieurs mois et l'individu devrait comparaître cet après-midi sous des chefs d'accusation d'introduction par effraction et pour de multiples vols », précise-t-elle.

Rappelons que le 3 juillet 1985, Serge Lefebvre avait abattu deux policiers de Québec, Yves Têtu, 25 ans, et Jacques Giguère, 43 ans qui l'avaient surpris en train de commettre un vol dans un entrepôt, au dépôt dentaire Canada limité, une entreprise du Parc industriel de Québec. Deux jours plus tard, l'ex-sergent Lefebvre avait tenté de s'enlever la vie en se tirant une balle à la poitrine. L'homme qui a survécu à sa tentative de suicide a finalement plaidé coupable en avril 1986 aux accusations de meurtre qui pesaient contre lui.

Il a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans. Cependant, sa bonne conduite et de nouvelles dispositions légales ont conduit à sa libération avant la fin de sa peine. L'ex-sergent Serge Lefebvre a été libéré en juin 2002 après avoir purgé 17 ans de sa peine d'emprisonnement.

Surprise et consternation

L'affaire avait suscité beaucoup d'émoi à Québec notamment au sein des services policiers. Jacques-André Leclerc, un ancien collègue policier, ami et voisin du prévenu, qui a soutenu et aidé Serge Lefebvre après sa libération, s'est montré bouleversé en apprenant la nouvelle de l'arrestation jeudi matin. Les événements font ressurgir des souvenirs douloureux.

« Ça m'a vraiment désarmé, défait, parce qu'il me semble que c'était loin derrière. Même si on veut passer par-dessus ça, c'est un événement qui est arrivé il y a 27 ans, on a beaucoup souffert, en tant que policier, en tant que membre de l'État major, souffert en tant que collègue et souffert en tant que voisin. Avec les enfants et tout ça parce que ses enfants et nos enfants, il y avait des liens près », explique M. Leclerc.

Le directeur général de la maison La Vigile, qui vient en aide aux policiers en difficulté, est sous le choc. Jacques-Denis Simard avait témoigné pour la libération de Serge Lefebvre. « C'est une réaction de consternation, de tristesse aussi. Je pensais vraiment que ce monsieur-là avait fini, avait évolué et avait réglé ses problèmes. C'est ma première réaction, déception profonde. J'avais extrêmement confiance en ce qui avait été fait et je pensais vraiment que ses problèmes étaient réglés. »