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La France reconnaît la répression «sanglante» d'octobre 1961

17/10/2012 03:03 EDT | Actualisé 16/12/2012 05:12 EST

Le président français, François Hollande, a rendu hommage aux dizaines d'Algériens morts à Paris au cours d'une manifestation réprimée par les forces de l'ordre, le 17 octobre 1961.

« Des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression », a déclaré M. Hollande dans un communiqué de l'Élysée. « La République reconnaît avec lucidité ces faits », a ajouté le président, réalisant ainsi une promesse électorale. C'est le premier chef d'État français à admettre officiellement ce massacre.

En fin d'après-midi mercredi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Paris devant la plaque commémorative rendant hommage aux victimes. Un peu plus tôt, le maire socialiste de la ville, Bertrand Delanoë, a pour sa part déposé une gerbe de fleurs devant la plaque commémorative qu'il avait lui-même fait apposer en 2001.

François Hollande prévoit se rendre en Algérie au début du mois de décembre pour un voyage officiel destiné à sceller de nouveaux rapports entre la France et son ancienne colonie.

Une reconnaissance condamnée par la droite

Le geste du président a provoqué la colère du chef de file du parti de droite UMP, Christian Jacob, qui a dénoncé une « tentative de politiser les enjeux de mémoire d'une période difficile de notre histoire », qu'il juge « dangereuse pour la cohésion nationale ». « S'il n'est pas question de nier les événements du 17 octobre 1961 et d'oublier les victimes, il est intolérable de mettre en cause la police républicaine et avec elle la République tout entière », a-t-il déploré dans un communiqué.

Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, a eu une réaction semblable. « Ces gens qui mettent la France, les responsabilités de la France en cause, ils ne sont pas chargés de ça, pas plus M. Chirac que M. Hollande n'ont autorité pour reconnaître la culpabilité ou l'innocence de la France », a-t-il déclaré.

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a salué l'initiative du président Hollande, mais estimé qu'il ne s'agissait qu'un début. La LDH réclame l'ouverture des archives de cette période.

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