DIVERTISSEMENT

Festival du Nouveau Cinéma: «La cicatrice» qui laisse des traces de Jimmy Larouche (VIDÉO/PHOTOS)

17/10/2012 01:50 EDT | Actualisé 17/12/2012 05:12 EST
Courtoisie Brigitte Chabot Communications

Pour son tout premier long métrage, le Québécois Jimmy Larouche a choisi d'emprunter une route obscure où, à travers la noirceur, le chemin à prendre s'avère quasi introuvable. Une route bordée de peur, de regrets, de violence et de souvenirs laissant, sur le corps et sur l'âme, des cicatrices ineffaçables.

Marc Béland, grand homme de théâtre, n'aurait pu trouver meilleur rôle que celui de Richard Tremblay, homme perdu au passé trouble et personnage central de ce film aux allures théâtrales.

Alors que la Cour lui interdit d'approcher sa femme et son fil, Richard est de plus en plus perdu et s'enlise dans un malaise beaucoup plus grand que lui. Au fil de l'histoire, à l'aide de retours en arrière et d'images du passé, on reconstruit quelques vies pour finalement saisir ce qui le forcera à commettre l'irréparable. Avec l'enfance et ses douleurs en toile de fond, Marc Béland insuffle le petit peu de vie qu'il reste encore à ce personnage, qu'il porte à bout de bras avec charisme et pudeur.

Flanqué de grands partenaires de jeu (Patrick Goyette en rival retrouvé, Normand D'Amour en père trop dur et Sébastien Ricard en psychologue), Marc Béland transforme ce long métrage en pièce de théâtre sur grand écran, ce qui permettra, entre autres, à son personnage devenu adulte de se côtoyer lui-même enfant, puis adolescent.

Faisant à nouveau face à son passé, en pleine détresse au cœur de son présent, comment cet homme s'en sortira-t-il? Est-ce qu'une enfance malheureuse peut tout excuser? Peut-on vivre avec des regrets aussi grands que la vie même? Ce ne sont que quelques questions soulevées ici par Jimmy Larouche.

La photographie de Glauco Bermudez, magnifique et émouvante, détonne volontairement avec le sujet sombre de La cicatrice. Avec un soin fou, on s'attarde à des détails porteurs de sens, on joue avec les textures comme Richard joue avec sa vie et celle des autres. Puis, on laisse entrer un peu de lumière, pour mieux retrouver la froideur de l'ombre, tout en faisant pratiquement de la ville d'Alma un nouveau personnage. Entourées de tant de beauté, la détresse et la noirceur du personnage principal n'en sont que plus bouleversantes.

Résolument de son temps, Jimmy Larouche aborde, entre autres thèmes, celui de l'intimidation chez les jeunes et de ses répercussions à court et à plus long terme, sujet aujourd'hui fort préoccupant. Brisant délibérément les genres, son cinéma se transforme en terrain de jeu où tout devient possible. Les images et les symboles, tout au long du récit, sont aussi forts que nécessaire et, bien qu'on tente peut-être un peu trop d'expliquer l'inexplicable, la démarche reste sincère et touchante.

Site du Festival du Nouveau Cinéma: http://www.nouveaucinema.ca/

«La cicatrice»