Débat télé: Mitt Romney et Barack Obama ont recroisé le fer (TWITTER/PHOTOS)

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OBAMA ROMNEY PENSIONS
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Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Dominé par des enjeux économiques, le deuxième débat opposant le président Barack Obama et son adversaire républicain Mitt Romney a donné lieu à des échanges beaucoup plus animés que le précédent.

Grand gagnant du premier duel, Mitt Romney a dû faire face à un opposant beaucoup plus énergique qu'il y a deux semaines. Mieux préparé, le président sortant semblait en outre plus à l'aise dans ce format qui donnait la parole aux citoyens et se déroulait devant public à l'Université Hofstra d'Hemsptead, à New York.

Les deux aspirants à la Maison-Blanche devaient répondre aux questions de quelque 80 électeurs indécis sélectionnés par l'Institut de sondage Gallup. Leurs questions pouvaient autant porter sur les enjeux reliés à la politique étrangère qu'à ceux reliés à la politique intérieure, mais cette dernière a cependant monopolisé les débats.

Chacun des deux candidats disposait de deux minutes pour répondre aux questions des participants, et d'une minute supplémentaire si la modératrice du débat, la journaliste de CNN Candy Crowley, décidait de relancer la discussion.

Se levant pour s'adresser directement aux spectateurs à chacun de leur tour de parole, les deux débatteurs se sont à l'occasion mesurés l'un face à l'autre, s'interrompant à quelques reprises, contrevenant ainsi aux règles du débat.

L'économie, toujours l'économie

Au cours de cette joute oratoire de 90 minutes, les candidats démocrate et républicain ont martelé que leurs politiques respectives étaient les plus susceptibles de relancer l'économie.

Critiquant les politiques économiques de l'administration Obama, la blâmant notamment pour le taux de chômage élevé, Mitt Romney a soutenu que la classe moyenne avait souffert des quatre dernières années. Misant sur son parcours politique mais aussi sur son expérience dans le milieu des affaires, il s'est présenté comme l'homme de la situation, prônant entre autres des baisses d'impôts.

« Je sais ce que ça prend pour équilibrer les budgets. Je l'ai fait toute ma vie », a-t-il ajouté. M. Romney a en outre reproché au président sortant d'avoir fait passer la dette des États-Unis de 7000 milliards de dollars à 16 000 milliards de dollars. « Cela nous met sur la route de la Grèce », a-t-il lancé.

Proposant d'imposer davantage les plus riches, M. Obama de son côté accusé son opposant de vouloir favoriser les Américains les mieux nantis, ce dont le principal intéressé s'est défendu.

« Cela a été sa philosophie dans le secteur privé, cela a été sa philosophie comme gouverneur et cela a été sa philosophie comme candidat à la présidentielle », a poursuivi le président Obama. « Vous pouvez délocaliser des emplois à l'étranger et obtenir des exemptions d'impôt. Vous pouvez investir dans une entreprise, licencier ses employés et les dépouiller de leurs retraites: c'est exactement la philosophie de la dernière décennie, c'est ce qui a étranglé les familles de la classe moyenne », a-t-il martelé.

Les deux hommes se sont aussi affrontés sur l'énergie et le prix de l'essence, ce qui, étonnnament, a suscité l'un des échanges les plus musclés. S'interrompant à plusieurs reprises, ils se sont même retrouvés debout, l'un en face de l'autre, argumentant notamment au sujet d'un règlement sur le forage.

« Ce dont nous n'avons pas besoin, c'est que le président nous empêche de tirer profit de l'essence, du charbon et du gaz naturel », a tonné M. Romney. Le président sortant a pour sa part accusé son rival de laisser les groupes pétroliers « écrire la politique énergétique » américaine.

Interrogé sur le contrôle des armes à feu, plus précisément sur le fait que des armes AK-47 se retrouvent entre les mains de criminels, Barack Obama a soutenu qu'il fallait faire respecter les lois existantes, déplorant avoir dû réconforter « trop souvent » des familles ayant perdu un proche.

Son rival, qui a rappelé son opposition à toute nouvelle loi resserrant le contrôle des armes, a lui aussi plaidé en faveur de l'application des lois actuelles et dénoncé au passage la « culture de la violence ».

De bonnes écoles et un foyer composé de deux parents contribuent à tenir les jeunes loin des armes illégales, a-t-il argué, vantant les vertus du mariage.

Ils ont également débattu de l'immigration et de l'égalité hommes-femmes.

La politique étrangère peu présente

Les questions de politique étrangère n'ont occupé qu'une mince part des échanges.

Mitt Romney a reproché au président d'avoir tardé à reconnaître que l'attaque de Benghazi, qui a coûté la vie à quatre américains, dont l'ambassadeur des États-Unis en Libye, le 11 septembre dernier, était un attentat terroriste plutôt qu'une simple manifestation qui avait dégénéré.

Le président a dénoncé les accusations « insultantes » du camp républicain, qui a reproché à son administration d'avoir failli en matière de sécurité et de renseignement. « Essayer de marquer des points politiques [quand il y a des victimes], ce n'est pas comme cela qu'opère un commandant en chef. Vous ne pouvez pas transformer la sécurité nationale en une affaire politique », a-t-il lancé.

Après la diatribe de son adversaire, Mitt Romney a affirmé que la politique du président au Moyen-Orient, « amorcée par une tournée d'excuses », tombait « en pièces sous nos yeux ».

Barack Obama a été relancé par la modératrice au sujet des déclarations de la secrétaire d'État Hillary Clinton, qui, la veille, a assumé la responsabilité de la gestion de l'attaque. « Je suis le président et je suis toujours responsable », a-t-il répondu.

L'événement de mardi soir était d'autant plus important que le vote anticipé a déjà commencé dans 43 des 50 États, dont certains des 9 États jugés déterminants pour l'élection du 6 novembre.

Les sondages réalisés dans les jours qui ont suivi le premier duel, regardé par plus de 67 millions d'Américains, ont montré une remontée de Mitt Romney dans les intentions de vote. À l'échelle nationale, les deux hommes sont maintenant au coude à coude - certains signalant même une légère avance du républicain - et Mitt Romney a réussi à resserrer l'écart qui le séparait du président dans les États clés.

Les deux hommes croiseront le fer pour la troisième et dernière fois le 22 octobre à Boca Raton, en Floride. Le débat portera exclusivement sur la politique étrangère.

Vous pouvez relire notre session de clavardage en direct ci-dessous :

Pour me joindre :

sophie-helene.lebeuf@radio-canada.ca

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