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Pauline Marois rencontre François Hollande

14/10/2012 03:55 EDT | Actualisé 13/12/2012 05:12 EST

La première ministre du Québec, Pauline Marois, rencontre en ce moment le président français, François Hollande, à Paris. Leur entretien de 45 minutes devrait être suivi d'une rencontre avec la presse.

Il s'agit d'une prise de contact entre les deux politiciens qui se sont déjà rencontrés à Kinshasa, au Congo, lors du 14e Sommet de la Francophonie.

Mme Marois entreprend ainsi une visite de trois jours à Paris.

Pauline Marois n'arrivera sans doute pas à faire dire au président Hollande que la France renouera officiellement avec la politique de « non-ingérence, non-indifférence » abandonnée par son prédécesseur Nicolas Sarkozy, mais l'accueil chaleureux qu'elle recevra en dira long sur les sympathies socialistes envers le Québec et le Parti québécois.

« Les dirigeants français ne parleront pas de non-ingérence, non-indifférence. Il n'y aura pas non plus de nouvelle formule », prédit une source diplomatique française, pour qui, très nettement, « la formule est dans la forme », c'est-à-dire dans le programme de la visite.

Mme Marois ne sera pas à Paris en visite officielle. Il s'agit d'une simple visite de travail et d'une prise de contact entre le nouveau pouvoir socialiste et les souverainistes, fraîchement élus.

Rencontres avec François Hollande et Jean-Marc Ayrault

Pourtant, la première ministre sera reçue avec tous les égards, à la faveur d'un programme chargé où figurent des rencontres avec le président Hollande, le premier ministre Jean-Marc Ayrault mardi, et les présidents des deux Chambres, le Sénat et l'Assemblée nationale.

À travers ce programme, estime-t-on, la Gauche au pouvoir affiche ses bons sentiments envers des péquistes qui partagent ses vues sur la plupart des sujets.

Ce n'était pas le cas des libéraux de Jean Charest, l'ami de Nicolas Sarkozy, à qui on reproche d'avoir attendu une « bonne semaine » avant de féliciter François Hollande pour sa victoire. C'est encore moins le cas du gouvernement Harper.

« Entre les programmes de Harper et de Marois, il n'y a pas photo. Les socialistes et les péquistes sont politiquement sur la même longueur d'onde, qu'il s'agisse de politique fiscale, de gaz de schiste, de l'amiante, etc. », résume cette même source.

Une proximité naturelle entre péquistes et socialistes

L'accueil qui sera fait à Pauline Marois reflétera cette proximité, sans que les dirigeants français aillent pour autant jusqu'à ressortir le « ni-ni » des placards, comme l'espèrent Mme Marois et son ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée.

Interrogé sur le sujet la semaine dernière à l'issue d'une rencontre avec son homologue canadien, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait lui-même soigneusement évité de recourir à la fameuse formule. John Baird à ses côtés, il avait déclaré que la France pouvait très bien avoir d'« excellentes relations » à la fois avec le Canada et le Québec.

Paris n'a « pas d'atomes crochus » avec le Canada de Stephen Harper, qui avait été reçu à l'Élysée par le président Hollande quelques jours après l'élection présidentielle. Mais la France cherche à ménager cet allié dont elle a besoin dans des dossiers comme la Syrie, le Mali, la crise financière, des sujets « concrets », pour reprendre l'expression de M. Fabius.

Entre-temps, le gouvernement fédéral surveillera de près cette première visite de Mme Marois. Il y aurait d'ailleurs eu de « très fortes » pressions de l'ambassade du Canada à Paris pour que la France « n'en fasse pas trop ».


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