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«Armstrong, le meilleur des pires» - Pound

14/10/2012 07:04 EDT | Actualisé 14/12/2012 05:12 EST

Richard Pound a maintes fois prévenu l'UCI qui, selon lui, a fermé les yeux sur les agissements de Lance Armstrong et de l'équipe US Postal.

C'est ce que soutient l'avocat montréalais à l'Agence France Presse. Pour l'ancien directeur de l'Agence mondiale antidopage (AMA) entre 1999 et 2007, le doute n'est pas permis.

« Ce n'est pas crédible de dire qu'ils ne savaient pas ce qu'il se passait. Je me suis plaint auprès de l'UCI pendant des années », explique M. Pound, quatre jours après la publication du rapport de l'Agence américaine antidopage (USADA).

Richard Pound s'en prend aux méthodes de contrôle de l'UCI.

« Aucun test n'était effectué avant la course pour voir s'ils étaient chargés », souligne-t-il, ajoutant que les coureurs bénéficiaient d'une heure sans surveillance après leur arrivée.

« Il suffisait alors d'une solution saline ou d'un autre moyen de cacher les effets de l'EPO ou de quelque autre substance dopante, explique-t-il. C'est à se demander si les contrôles n'étaient pas délibérément voués à l'échec? »

Une interrogation en forme d'accusation qui devrait faire réagir l'UCI, dans la tourmente depuis la publication du rapport.

Mercredi, l'USADA a détaillé dans un rapport de 202 pages le système de dopage mis en place par le champion texan, s'appuyant sur les témoignages de 26 personnes dont 11 de ses anciens coéquipiers.

Selon l'Agence américaine, Armstrong avait mis en place « le programme de dopage le plus sophistiqué de l'histoire du sport » afin de se procurer et d'utiliser entre autres de la testostérone, de l'hormone de croissance, de l'EPO.

« Là où cela clochait vraiment, c'était avec l'UCI », estime Richard Pound, qui s'est souvent montré critique envers Hein Verbruggen, l'ancien patron de l'UCI (1991-2005).

« S'ils continuent à nier, alors ils mettent leur sport en danger », insiste-t-il, évoquant la poursuite potentielle des enquêtes dans le cyclisme espagnol et italien.

Selon lui, Armstrong, qui a toujours nié s'être dopé, devra cette fois se rendre à l'évidence.

« Je ne pense pas qu'Armstrong puisse dire que toutes ces 26 personnes ont menti, et crachent dans la soupe. Je pense qu'il a fait son temps désormais, a estimé l'avocat canadien. Ce qui serait une surprise, c'est qu'après tout cela Lance persiste à dire qu'il ne s'est jamais dopé.

« Il a déjà perdu la bataille auprès de l'opinion publique. Il faut espérer qu'il va admettre et dire: "J'étais le meilleur des pires". Si le piédestal sur lequel il trône s'est construit en trichant, ce n'est plus un piédestal », a conclu l'avocat montréalais.

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