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Francophonie: Québec veut promouvoir la démocratie au pays de Kabila (PHOTOS)

12/10/2012 06:53 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST
Courtoisie

La première ministre du Québec n'a pas l'intention de rencontrer en privé le président Joseph Kabila en marge du 14e Sommet de la francophonie, qui s'ouvre samedi en République démocratique du Congo (RDC). Pauline Marois, arrivée jeudi à Kinshasa, ne souhaite pas voir en tête à tête le dirigeant en raison de son sombre bilan en matière des droits de la personne.

Son ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Jean-François Lisée, a expliqué la présence du Québec au sommet par la nécessité de « travailler entre francophones dans un pays francophone important, mais aussi envoyer un signal fort à la société congolaise, qui a soif de démocratie, pour lui dire qu'on va les accompagner ».

Pauline Marois, a d'ailleurs annoncé vendredi à Kinshasa une aide de 250 000 $, sur deux ans, aux femmes victimes de violence au Nord-Kivu et pour l'accès à l'eau potable dans des quartiers de la capitale de la RDC. Oxfam Québec sera responsable de ces deux programmes. Développement et Paix bénéficiera aussi de 50 000 $ pour aider 425 familles dans le Nord-Kivu.

Mme Marois va rencontrer en journée le Secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf ainsi que plusieurs représentants des partis d'opposition de la RDC.

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, ne rencontrera pas non plus le président Kabila, mais n'a pas précisé ses raisons.

En décembre dernier, Joseph Kabila a a été reconduit à la présidence de la RCD lors d'un scrutin dont les observateurs nationaux et internationaux ont dénoncé de nombreuses irrégularités. L'élection a été suivie par de graves épisodes de violences, condamnées par les Nations unies.

Pour ces raisons, d'autres représentants internationaux, dont le président de la France, François Hollande, ont hésité à confirmer leur présence au sommet.

La défense du français, ici et ailleurs

Le ministre québécois des Relations internationales a par ailleurs commenté la situation linguistique au Canada. Se référant aux nominations d'unilingues anglophones à la Cour suprême et au poste de vérificateur général, le ministre Lisée a critiqué le premier ministre Harper, estimant qu'il devait faire davantage pour protéger le français au Canada.

Citant en exemple la situation du français à Montréal, le ministre Lisée veut par ailleurs demander à la francophonie de faire davantage pour la sauvegarde du français.

Le gouvernement Marois entend également profiter de cet événement international pour mettre en valeur le rôle du Québec au sein de la francophonie et, avec la souveraineté en tête, renforcer les liens socioculturels avec les pays membres.

Jean-François Lisée, qui est aussi ministre du Commerce extérieur, a indiqué l'intention de son gouvernement d'entreprendre un virage pour accompagner la croissance économique africaine et faire en sorte que les entreprises québécoises puissent tirer profit.

Le travail des journalistes encadré

Sur place, tout est fait pour tenter d'envoyer une image positive de la ville. Les grandes artères ont été refaites, et les rues ont fait l'objet d'un grand ménage.

Mais, surtout, les autorités prennent les grands moyens pour empêcher les manifestations contre le pouvoir, rapporte Emmanuelle Latraverse, et les médias sont surveillés. Interdiction leur est faite de filmer la garde nationale ou encore les forces de l'ordre qui assurent la sécurité.

Reporters sans frontières et Journaliste en danger, une ONG congolaise, ont profité de la tenue du sommet pour dénoncer la détérioration des conditions de travail des journalistes depuis les élections de l'an dernier.

Les deux organisations de défense de la presse déplorent en outre l'inaction du président Kabila pour protéger les droits des journalistes. En octobre 2010, rappellent-elles, le président Kabila avait promis de « faire en sorte qu'aucun crime - que ce soit contre les journalistes ou contre la population, à Kinshasa, à l'est ou sur toute l'étendue du territoire national - ne reste plus impuni ».

Selon elles, plusieurs journalistes sont actuellement emprisonnés. Le rapport 2011 de JED recense un assassinat, 42 arrestations, 57 cas de menaces et d'agressions, 43 cas de censures et d'entraves à la circulation de l'information et 17 cas de pressions sur les médias.

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