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L'Union européenne reçoit le prix Nobel de la paix

12/10/2012 04:35 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

Le prix Nobel de la paix a été décerné à l'Union européenne, à Oslo, pour avoir « contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l'homme en Europe. »

« Dans l'entre-deux-guerres, le comité Nobel norvégien a plusieurs fois distingué des personnes ayant travaillé à la réconciliation entre l'Allemagne et la France. Depuis 1945, cette réconciliation est devenue une réalité », explique dans un communiqué le comité Nobel norvégien.

Rappelant que la France et l'Allemagne aient connu trois guerres en 70 ans, dont la Seconde Guerre mondiale qui a infligé de « terribles souffrances » à l'Europe, le comité Nobel souligne qu'une guerre entre la France et l'Allemagne est aujourd'hui impensable.

« Cela montre comment, par des efforts adaptés et en établissant une confiance mutuelle, des ennemis historiques peuvent devenir de proches partenaires », écrit le comité.

Pour plusieurs, il y a belle lurette que l'Union européenne aurait dû être récompensée, pour avoir pacifié un continent plus habitué aux guerres qu'à la collaboration.

Toutefois, le contexte actuel, alors que la zone est parcourue par des problèmes financiers sans précédent et que les pays de l'UE n'arrivent pas à s'entendre sur les façons de gérer la crise, ne semble pas idéal.

Des réactions

Les réactions ont été nombreuses à l'obtention de cette prestigieuse récompense par l'UE, à commencer par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Ce dernier a notamment salué les efforts déployés par les Européens qui sont parvenus, en s'unissant, à « surmonter la guerre et les divisions ».

La chancellerie allemande s'est également réjouie de cette distinction. « Nous y voyons un encouragement au grand projet pacificateur qu'a représenté l'Union européenne pour le continent européen qui a rarement connu de longues périodes de paix », a déclaré Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel.

L'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, a estimé que la remise de ce prix à l'UE est un « message à la fois moral et politique ».

« Moral dans la mesure où on salue des pays qui, renonçant à leur attitude d'hier, ont fait la paix entre eux. Et un message politique à un moment où il y a beaucoup de critiques, beaucoup de statistiques, de pronostics défavorables à l'Europe », a expliqué Jacques Delors.

Pas que des éloges

Lech Walesa, récipiendaire du prix Nobel de la paix en 1983, s'est déclaré vendredi « surpris et déçu » par l'attribution de cette récompense à l'Union européenne.

« Certes, l'Union européenne tente de changer l'Europe et le monde de manière pacifique, mais elle se fait payer pour ça », a souligné le leader historique du syndicat Solidarité en Pologne. Selon lui, les vrais activistes s'engagent dans leur action par conviction, pour défendre des idées, et ne reçoivent rien pour le faire.

Selon l'ancien président polonais, « il existe dans ce monde beaucoup de cas d'engagement personnel » qui auraient mérité d'être récompensés avant l'Union européenne.

Les candidatures de 231 personnes ou organisations ont été retenues cette année, dont celle du militant des droits de l'Homme bélarusse, Ales Beliaski, qui est actuellement en prison, ainsi que la Russe Lioudmila Alexeeva, également militante de longue date pour les droits de l'Homme.

L'an dernier, le prix Nobel de la paix a été décerné aux militantes des droits de femmes Ellen Johnson Sirleaf, Leymah Gbowee et Tawakkol Karman.

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