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Les rebelles syriens prennent un poste de la défense antiaérienne

12/10/2012 06:13 EDT | Actualisé 12/12/2012 05:12 EST

Les rebelles syriens ont pris un poste de la défense antiaérienne de l'armée syrienne d'Al-Taaneh près d'Alep, vendredi, selon des activistes. Ces derniers ont mis en ligne des vidéos montrant des rebelles à l'intérieur de la base militaire inspectant des rangées de missiles.

Un des activistes joints par l'Observatoire syrien des droits de l'homme en Syrie, Mohammed Abou Omar, a déclaré que quatre rebelles avaient été tués durant la bataille pour la possession de la base militaire.

Les rebelles ont déclaré avoir saisi une autre base de défense antiaérienne la semaine dernière près de la capitale Damas. Malgré la prise de ces postes gouvernementaux, rien n'indique que les rebelles sauront en tirer parti dans leur lutte contre l'armée fidèle au président Bachar Al-Assad, puisqu'on ne sait pas si les rebelles ont les connaissances nécessaires pour utiliser les armes sophistiquées syriennes.

Un partisan de la rébellion a indiqué que les rebelles se sont emparés d'un maximum de munitions tirées de la base militaire dans l'espoir de pouvoir les utiliser contre l'aviation syrienne.

Par ailleurs, le directeur de l'hôpital universitaire d'Alep, favorable au régime Al-Assad, a été assassiné et son corps a été retrouvé vendredi, a annoncé à l'AFP un médecin ami de la victime. Selon ce dernier, le responsable de l'hôpital, enlevé le 26 juillet alors qu'il se rendait à son travail, a été assassiné d'une balle dans la tête tirée à bout portant.

Violences dans le sud

À Khirba, dans le sud du pays, 14 membres de l'armée syrienne ont été tués par les rebelles, vendredi, selon ce qu'a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Jeudi, les combats ont coûté la vie à près d'une centaine de soldats loyalistes à travers le pays. Près de 70 rebelles ont également été tués. Les affrontements les plus violents ont eu lieu à Idleb, dans le nord-ouest du pays.

Selon une source hospitalière interrogée par l'AFP, environ 10 000 soldats de l'armée fidèle au président Bachar Al-Assad ont perdu la vie depuis le début du soulèvement, il y a 19 mois. Le nombre de morts s'élèverait à une vingtaine chaque jour.

De plus, l'Observatoire syrien des droits de l'homme a estimé que les six derniers mois ont été les plus meurtriers depuis le début du conflit. Plus du deux tiers des 32 000 victimes auraient perdu la vie au cours de cette période.

L'aviation turque en état d'alerte

Au nord de la Syrie, un chasseur turc a éloigné vendredi un hélicoptère syrien qui s'est approché de la frontière turque après avoir bombardé la ville frontalière d'Azmarin. « Cet avion de chasse a décollé [...] après l'envoi par l'armée syrienne d'un hélicoptère chargé de pilonner la localité [syrienne] d'Azmarin, qui est tombée aux mains des rebelles syriens », a expliqué un responsable turc sous couvert d'anonymat.

Sur le front diplomatique, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, doit se rendre à Istanbul vendredi afin de discuter de la situation à la frontière entre la Turquie et la Syrie. L'Allemagne a récemment assuré la Turquie de son soutien dans le conflit qui l'oppose à la Syrie, qui a attaqué à quelques reprises des villages situés en sol turc. La Turquie et l'Allemagne font toutes deux partie de l'OTAN.

De plus, M. Westerwelle a indiqué qu'il comptait demander des précisions à la Turquie quant à ses allégations récentes sur des marchandises saisies à bord d'un avion de ligne. Ankara affirme avoir saisi des munitions russes qui étaient envoyées en Syrie.

Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergeï Lavrov, soutient que l'avion de ligne intercepté par la Turquie ne contenait aucune arme, mais des pièces de radar tout à fait légales. De son côté, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, est lui-même monté aux barricades pour affirmer que la cargaison du Aribus A320 syrien, effectuant la liaison Moscou-Damas, contenait de « de l'équipement et des munitions à destination du ministère syrien de la Défense ».

L'incident menace d'étendre les tensions turco-syriennes qui découlent elles-mêmes du conflit interne en Syrie.

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