L’artiste électro montréalais Guillaume Coutu-Dumont, qui habite Berlin depuis 2007, est de passage dans la métropole québécoise pour y présenter vendredi soir, au centre PHI, son nouvel album Intitulée Twice Around the Sun, issu de son projet (il en a quelques autres tel Side Effects) Guillaume & The Coutu Dumonts. Actuellement en tournée mondiale, le trentenaire qui dit explorer le compromis entre la musique et le message a pris une heure de son temps pour raconter son nouveau bébé.

Une des découvertes du festival MUTEK lors de la dernière décennie, Coutu-Dumont poursuit une carrière respectable en Europe depuis quelques années. Selon ses dires, tout irait plutôt bien. Pour son troisième album sous le pseudonyme Guillaume & The Coutu-Dumonts, il offre un amalgame d’ambiances house, motown, disco, jazzy (l’excellente Constellation, aux ambiances cinématographiques), R’n’B (la chanson titre Twice Around the Sun), funky (Solar Flare), dansant (Discotic Space Capsule) aux limites de la musique lounge. Sur des mélodies atmosphériques, parfois sensuelles, jamais effrénées, il incorpore des rythmes assez enveloppants et faciles à apprivoiser.

À travers des lignes de saxophone (comme sur le morceau Last Call), des bruits synthétiques (qui inspirent à l’occasion le voyage spatial) et des expressions robotiques, la voix de Jaw (membre de dOP) et celle vocodorisée de Dave Aju ajoutent de la profondeur à la proposition globale. Disons que cette œuvre résolument électro (comme la pièceTime Outta Joint) laisse filtrer une poussière de sédiments « organiques », pourrions-nous dire. Le tout dans une offre qui farfouille bien des genres, certes, mais qui cherche néanmoins la cohésion.

« Malgré la popularité grandissante des singles, j’aime faire un album », raconte Guillaume Coutu-Dumont. « C’est plus complet, plus beau (l’objet), en plus d’avoir une durée de vie plus longue en général. Le disque est une réflexion, une démarche. Ça prend une ligne directrice, un concept (qui n’affecte cependant pas la liberté d’expression ou d’écoute) qui unit les pièces. En plus, l’artiste peut davantage travailler sur les thèmes, qu’il veut aborder au niveau musical, mais aussi à l’égard du message. »

L’homme, le temps et l’espace

Parmi les sujets de prédilection de Twice Around the Sun, le musicien avance le concept de dualité : il cite en exemple la résistance contre l’empire (Solar Flare) ou encore le conflit intérieur qui met souvent en opposition la morale et la tentation (Twice Around the Sun, Cascading Thoughts).

« J’adore aussi tout ce qui entoure les sujets scientifiques, les thématiques temporelles et spatiales. Le futur, par exemple, est devenu une notion qui me fait davantage réfléchir depuis la naissance de mon fils. Je m’amuse aussi pas mal avec la trajectoire des corps (planètes, humains, etc.). Tout à sa vitesse différente, y compris les gens. Je pense que cet album est un mariage entre la pensée et l’expression artistique. Je ne dis pas que tout est conscient sur le disque, mais j’ai réfléchi ou transmis aux auteurs de certains textes des champs d’intérêt. »

Lyrique, joyeusement mélancolique, dansant-mais-pas-tant, hypnotisant, hybride entre la musique du monde et l’électronique, le dernier cru de Coutu-Dumont n’est pas unblast d’énergie technoïde. Le rendu a du corps, du souffle, du rythme, mais personne ne doit s’attendre à traverser en sueur la piste de danse ou sauter debout sur une caisse de son. Cette finalité n’étant pas ici dans le ton, simplement.

Guillaume Coutu-Dumont proposera ce soir, au nouveau centre PHI (à voir) dans le Vieux-Montréal, plusieurs de ses nouvelles compositions issues de Twice Around the Sun. Il a également invité son vieil ami montréalais et DJ Vincent Lemieux, avec lequel il forme le duo Flabbergast.

Le disque de Guillaume & The Coutu-Dumonts est quant à lui disponible en magasin depuis le 8 octobre sur l’étiquette Circus Company.