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Le taux de mastectomie varie grandement d'une province à l'autre

11/10/2012 06:32 EDT | Actualisé 11/12/2012 05:12 EST

La chirurgie choisie pour traiter le cancer du sein varie énormément d'une province canadienne à l'autre, révèle une étude détaillée menée par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) et le Partenariat canadien contre le cancer.

Dans l'ensemble, 39 % des Canadiennes victimes d'une forme invasive de cancer du sein subissent une mastectomie, c'est-à-dire l'ablation totale du sein. L'autre traitement est la tumorectomie, aussi appelée chirurgie conservatrice du sein, une ablation circonscrite à la tumeur, souvent suivie de radiothérapie.

L'ICIS, dont l'étude s'est déroulée de 2007 à 2010, a suivi quelque 22 000 femmes pendant un an à partir de la date de leur chirurgie initiale.

Le stade de la maladie au moment du diagnostic influence grandement le traitement choisi, mais la province de domicile aussi, indique l'étude.

Au Québec, près des trois quarts des femmes atteintes d'un cancer invasif ont conservé leur sein. À Terre-Neuve-et-Labrador, ce taux chutait à 31 %.

L'ICIS n'est pas en mesure d'expliquer cet écart important, mais quelques hypothèses sont émises. Il est possible, par exemple, que les professionnels de certaines provinces soient plus enclins à pratiquer une médecine plus traditionnelle en privilégiant d'emblée les mastectomies.

Interviewé par Radio-Canada, le Dr André Robidoux, directeur du groupe de recherche sur le cancer du sein au CHUM, rappelle que les médecins québécois ont pour leur part participé dès les années 70 et 80 à des études sur les chirurgies de conservation.

Le nombre de femmes qui doivent, dans l'année suivant la première chirurgie, subir une autre intervention reliée à la tumeur (excision de tissu supplémentaire pouvant aller jusqu'à la mastectomie) varie lui aussi grandement. Le classement par province s'apparente à celui des mastectomies initiales. Le taux de réexcision va de 17 % au Québec et au Manitoba et au Québec à 56 % à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le rapport dresse un autre constat : le taux de mastectomie augmente lorsque le déplacement entre le domicile de la patiente et l'unité de radiothérapie dépasse 40 minutes. Les patientes qui n'ont qu'une tumorectomie nécessitent souvent des traitements complémentaires de radiothérapie plusieurs fois par semaine. Chez les femmes pour qui l'aller-retour dure trois heures, ces taux excèdent même 50 %.

L'étude note également des variations selon l'âge. Ainsi, 45 % des femmes de plus de 70 ans et plus subissent une mastectomie. Elles sont suivies de près par les 18 à 49 ans (44 %) et ensuite par les 50 à 69 ans (35 %).

L'étude s'est également penchée sur les données reliées au carcinome canalaire in situ (CCIS), une forme non invasive de cancer.

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