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Van Koeverden jusqu'en 2016

10/10/2012 09:48 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Aux Jeux olympiques de Londres, Adam van Koeverden a ajouté une quatrième médaille à sa collection. Il aurait pu accrocher sa pagaye sans regret. Après tout, le meilleur kayakiste du pays n'a plus rien à prouver. Sauf que la fierté d'appartenance à l'équipe canadienne le pousse à poursuivre quatre années de plus.

Un texte de Manon Gilbert

« Je suis inspiré par l'équipe olympique, par mes coéquipiers. Ce n'est pas parce que j'ai le sentiment que je dois encore accomplir quelque chose, a affirmé l'Ontarien de 30 ans à Radio-Canada Sports. J'ai gagné une médaille de chaque couleur, j'ai porté le drapeau canadien aux cérémonies d'ouverture et de clôture. Je suis très satisfait de ma carrière et si j'en veux encore plus, c'est à cause de mes coéquipiers. »

D'ailleurs, c'est la performance étincelante de son meilleur ami Mark Oldershaw au C-1 1000 m, quelques minutes après sa finale en K-1, qui a remis les choses en perspective.

Van Koeverden ne sautait pas de joie après avoir décroché l'argent, sa deuxième après celle au 500 m quatre ans plus tôt à Pékin. C'est l'or, déjà gagné au 500 m des Jeux d'Athènes, qu'il visait et rien de moins. Et le fait de l'avoir laissé filer après avoir mené pendant les trois quarts de la course le contrariait passablement.

« J'ai vu la course de Mark. J'étais tellement heureux pour lui que ça a effacé la déception de ma médaille d'argent. J'étais content qu'il ait gagné le bronze, alors comment aurais-je pu être déçu par ma médaille d'argent? J'ai réalisé que la médaille d'argent n'était pas un prix de consolation. Elle prouve que j'étais très bon et très près de la victoire. »

Autre élément de motivation : Eirik Veras Larsen, l'homme qui lui a ravi l'or dans la capitale britannique, avait 36 ans bien sonnés.

Champion du monde en titre au 1000 m et médaillé de bronze sur la distance aux Jeux d'Athènes, van Koeverden a donc encore plusieurs bonnes années de kayak dans les bras.

Mais avant de remettre son embarcation à l'eau et d'accumuler les kilomètres, l'athlète d'Oakville veut prendre un peu de recul. Les côtés solitaire et répétitif de son sport ont quelque peu usé son désir de vaincre.

« C'est l'accumulation de centaines et centaines de kilomètres, environ 100 km par semaine, souvent dans des conditions météo pas toujours agréables. Et c'est toujours gauche, droite, gauche, droite. Je n'ai pas besoin d'arrêter de travailler fort. J'ai besoin d'arrêter le kayak », soutient le membre du club de canoë de Burloak.

Le ski avant le kayak

Depuis l'âge de 13 ans que ce passionné de sports consacre sa vie au kayak, d'où cette impression de parfois mettre ses oeufs dans le même panier. En tout cas, c'est le sentiment qui l'habitait l'an dernier à l'issue d'un camp d'entraînement de ski de fond à Whistler où il avait également essayé le surf des neiges. À son départ, il regrettait de ne pas pouvoir davantage pratiquer ces deux sports.

L'hiver prochain, van Koeverden entend bien remédier à la situation. S'il le faut, il passera deux mois à Whistler pour assouvir ses nouvelles passions.

Le bachelier en kinésiologie profitera aussi de ces quelques mois de repos pour réaliser d'autres objectifs importants dans sa vie. À commencer par l'ascension du Kilimandjaro cet automne afin d'amasser des fonds pour Right to Play, une des fondations pour laquelle il agit à titre d'ambassadeur, l'autre étant la Fondation David Suzuki. Il est aussi porte-parole de Colon Cancer Canada.

Ensuite viendra le temps de jeter les bases de son après-carrière.

« L'écriture m'intéresse. Je voudrais aussi poursuivre mon implication avec mes oeuvres caritatives. Une carrière dans les médias comme analyste s'avère aussi une avenue potentielle. Je veux avoir une idée de ce qui m'attendra après Rio parce que ce ne sera plus du kayak professionnel. »

Van Koerverden sait qu'il ne sera pas évident d'arrêter son choix. Mais une chose certaine, il ne reculera devant aucun sacrifice et il a l'intention de foncer avec la même énergie qui l'anime quand il se tient sur la ligne de départ.

De toute façon, on n'attendrait rien de moins de lui!

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