POLITIQUE

Les allégations de Zambito sur le financement libéral font bouger le parti (VIDÉO)

10/10/2012 12:01 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec (PLQ) Jean-Marc Fournier et l'ex-vice-première ministre du Québec Nathalie Normandeau ont tous deux réagi mercredi aux allégations que Lino Zambito a lancées devant la commission Charbonneau au sujet du financement du parti.

M. Fournier a annoncé que le PLQ va demander le statut de participant à la commission Charbonneau et qu'il va analyser son mécanisme d'autorisation des collecteurs de fonds, « de manière à resserrer les contrôles si cela s'avérait nécessaire ».

Cette annonce est faite au lendemain de la publication de certains extraits du témoignage de Lino Zambito. L'ex-propriétaire d'Infrabec a notamment expliqué comment il a contourné les lois électorales en vigueur au Québec pour amasser de l'argent au profit de l'ex-vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau.

M. Zambito a notamment dit qu'il avait organisé une soirée de financement pour l'ex-ministre en janvier 2008 en vendant des billets à 5000 $ - alors que la contribution politique maximale que pouvait faire un individu à l'époque était plafonnée à 3000 $ - et qu'il avait incité les firmes de génie et les entrepreneurs en construction à recourir à des prête-noms pour contourner les règles en vigueur.

Jean-Marc Fournier a fait savoir mercredi qu'il a rencontré le directeur général du parti mercredi matin afin de « faire le point » sur ces questions.

Ce dernier lui a notamment réitéré « que le financement du PLQ se fait correctement et qu'il respecte la loi qui encadre le financement politique ».

« Il m'a réitéré qu'il n'y a pas de pratique de prête-noms [et] qu'il n'y a pas de pratique d'argent liquide au Parti libéral du Québec », a-t-il dit. « Ces pratiques n'ont jamais été tolérées au Parti libéral du Québec, et ne seront jamais tolérées. »

Jean-Marc Fournier a refusé d'évaluer la crédibilité de M. Zambito, préférant laisser cette tâche aux commissaires. Il a cependant admis qu'il est « évident » que ce témoignage « contient des choses qui ne sont pas à l'avantage de la classe politique en général et certainement pas du Parti libéral du Québec »

Fournier défend Normandeau, qui réitère sa position

M. Fournier n'a pas bronché lorsqu'un journaliste lui a demandé si Mme Normandeau avait été imprudente dans ses relations avec M. Zambito. L'homme d'affaires lui a notamment fourni gracieusement des billets pour assister à un concert de Céline Dion au Centre Bell.

Le chef libéral a répondu que le Parti libéral avait adopté un code d'éthique pour les élus, en vertu duquel les élus doivent faire preuve de transparence en dévoilant les avantages qu'ils peuvent obtenir dans le cadre de leurs fonctions.

« Conséquemment, si elle avait bénéficié de cette loi, si elle avait existé avant, probablement qu'elle aurait pu l'inscrire et la question ne se poserait plus à ce moment-là », a commenté M. Fournier. « Il est clair que ça prend souvent des lois » pour faire face à ce genre de situation, a-t-il ajouté.

« Je pense que Mme Normandeau a dit elle-même que si c'était à refaire, elle ne le referait pas. » — Jean-Marc Fournier

Dans un communiqué publié peu après, Mme Normandeau a tenu à « se dissocier fermement », des allégations de M. Zambito. Elle réitère « qu'elle a toujours exercé ses fonctions de députée et de ministre avec honnêteté et intégrité. »

Mme Normandeau précise aussi qu'elle n'a « jamais été impliquée dans l'organisation » d'activités de financement, et que ses décisions n'ont été ni influencées ni altérées par le fait que M. Zambito l'a invité au Centre Bell ou qu'il lui a envoyé des fleurs.

« Je tiens à réaffirmer que j'ai toujours fait mon travail avec rigueur tout en étant consciente de l'importance d'honorer la confiance des citoyens. Aujourd'hui, je ne laisserai personne remettre en question mon intégrité », conclut-elle.

L'ex-vice-première ministre « ne fera pas d'autres commentaires sur le sujet », précise le communiqué.

Drainville sollicite l'appui des libéraux

Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, presse les candidats à la direction du PLQ d'appuyer le Parti québécois dans sa volonté de faire passer de 1000 $ à 100 $ la contribution maximale qu'un individu peut faire à un parti politique.

« Le témoignage de M. Zambito confirme le système des prête-noms, confirme que les extras et la surfacturation [sont] utilisés massivement pour financer le Parti libéral. Et nous, c'est précisément ce à quoi on veut mettre fin », a dit M. Drainville.

« La raison pour laquelle on veut limiter à 100 $ le financement des partis politiques, c'est justement parce qu'on veut mettre fin à l'influence de l'argent », a-t-il ajouté.

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