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Le PQ renonce à demander de nouveaux pouvoirs à Ottawa

10/10/2012 09:04 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Le nouveau gouvernement péquiste de Pauline Marois a décidé d'adopter un ton beaucoup plus conciliant à l'égard d'Ottawa et veut maintenant collaborer avec les conservateurs de Stephen Harper afin de créer un Canada plus décentralisé.

Étant donné son statut de gouvernement minoritaire, le Parti québécois (PQ) a modéré son message par rapport à la récente campagne électorale, durant laquelle il avait annoncé son intention de se battre avec le fédéral pour récupérer certains pouvoirs.

En entrevue avec La Presse Canadienne mercredi, le ministre des Affaires intergouvernementales et à la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier, a déclaré que les objectifs du PQ étaient désormais assez modestes pour qu'il puisse espérer trouver un terrain d'entente avec le gouvernement Harper dans certains domaines.

« Nous agirons de bonne foi et de façon pragmatique », a affirmé M. Cloutier, faisant référence à l'attitude que le gouvernement Marois privilégierait dans ses relations avec les conservateurs.

Cette nouvelle position tranche avec celle énoncée dans la plateforme électorale du PQ, qui disait que la formation politique essaierait de rapatrier divers pouvoirs allant de l'aide internationale à la perception des impôts.

Les membres du parti avaient même soutenu que, si le gouvernement fédéral refusait de satisfaire l'une de leurs requêtes, il ne ferait que renforcer le sentiment souverainiste dans la province.

Depuis les élections, Ottawa n'a pas manifesté beaucoup d'enthousiasme à l'idée d'amorcer des discussions sur la répartition des pouvoirs entre les gouvernements fédéral et provinciaux.

Selon Alexandre Cloutier, le Québec tentera d'obtenir le contrôle des sommes que le fédéral dépense dans des programmes qui, en vertu de la Constitution, sont de toute façon de compétence provinciale, comme les infrastructures, la culture et la santé.

« Dans chaque domaine de compétence du Québec, on va réclamer la part du Québec », a indiqué le ministre et avocat spécialisé en droit constitutionnel, qui détient également une maîtrise en droit international public de l'Université Cambridge en Grande-Bretagne.

« Et si on les accumule, on va effectivement arriver à des milliards de dollars. »

Il a fait valoir que cette approche allait dans le même sens que les fréquentes déclarations des conservateurs au sujet de leur intention de mettre fin au fédéralisme paternaliste.

Durant ses premiers jours au pouvoir, le gouvernement Harper avait même promis de limiter les dépenses d'Ottawa dans les domaines qui relevaient des provinces, promesse qui n'a toutefois jamais été honorée.

M. Cloutier a indiqué que les conservateurs auraient plusieurs occasions durant les prochains mois de prouver qu'ils étaient sérieux.

Pauline Marois rencontrera Stephen Harper cette semaine pour la première fois depuis son élection en septembre. Les deux leaders seront en République démocratique du Congo à l'occasion du Sommet de la Francophonie.


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