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Gaspésie : un projet plus modeste pour la scierie de Saint-Alphonse

10/10/2012 03:30 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

La scierie Rosario Poirier, de St-Alphonse, est fermée depuis 2 semaines après le refus de Développement économique Canada de soutenir un projet de modernisation.

Cette décision d'Ottawa choque la ministre déléguée à la Politique industrielle et la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaib. Le maire de St-Alphonse, Gérard Porlier, se dit inquiet et refuse d'encaisser une autre fermeture d'usine après celle de Temrex il y a 2 ans.

Depuis des années, l'usine Rosario Poirier fabrique des produits à valeur ajoutée dont des moulures jointées et des bûches énergétiques. La survie de l'entreprise réside maintenant dans un projet de modernisation de la scierie estimé à cinq millions de dollars. DEC Canada était sollicité pour 600 000 dollars mais le ministère a récemment annoncé son retrait.

« Avec notre usine de deuxième transformation, on a réussi à passer à travers la crise mais faut quand même pas se contenter de ça et il faut maintenant investir dans l'usine de première transformation », soutient Luc Poirier, président-directeur-général de l'entreprise.

vives réactions

Pour le maire de St-Alphonse, lui-même producteur forestier, les 35 emplois de l'usine sont essentiels à l'économie de la municipalité.

« Présentement, on est considéré comme municipalité dévitalisée. On essaye, autrement dit, de mettre de la vitalité au niveau social et des loisirs mais il faut aussi garder des emplois », affirme le maire, Gérard Porlier.

« Moi je pense que le jour ou on sera souverain, on aura pas ces problèmes là. Maintenant, effectivement, ca me désole et vous n'êtes pas la seule région ou le fédéral se désengage dans bien des programmes », a commenté la semaine dernière, la ministre Élaine Zakaib, de passage dans la Baie-des-chaleurs.

En Gaspésie et aux Iles-de-la-Madeleine, ce sont une dizaine de projets qui ont été abandonnés par Ottawa, Les projets totalisaient environ seize millions de dollars et Ottawa était sollicité pour cinq millions et demi de dollars.

« Développement économique Canada a un mandat pour aider tous les Canadiens, à ma connaissance, mais on est en train de laisser pour compte toutes les régions comme les nôtres. C'est ça qui tient pas debout pis en plus y ont même pas été consulté », s'insurge le député néo-démocrate de Gaspésie-Les-Iles, Philippe Toone.

Luc Poirier s'est résigné à réduire les coûts de la modernisation initiale en faisant passer son projet de cinq millions à un million et demi de dollars.

Le ministre Denis Lebel, responsable de DEC Canada, sera à Gaspé jeudi pour confirmer des investissements, selon un porte-parole de son cabinet. Il reste à voir quels sont ces projets et quelle sera la participation d'Ottawa.

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