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Des causes en psychiatrie légale entendues à l'hôpital Robert-Giffard

10/10/2012 06:20 EDT | Actualisé 10/12/2012 05:12 EST

Des juges et du personnel de la Cour supérieure du Québec siègent depuis un mois à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, anciennement Robert-Giffard, pour entendre des causes en psychiatrie légale.

Il s'agit d'un projet-pilote et d'une première au Québec. Cette initiative en santé mentale permet de présenter sur les lieux d'un établissement de santé les requêtes d'autorisation de soins lorsqu'un usager refuse de les recevoir, même lorsque ces soins sont jugés nécessaires par des médecins.

Les requêtes concernent des patients qui refusent d'admettre qu'ils sont atteints d'une maladie mentale ou des patients pour qui l'expérience au palais de justice peut être traumatisante.

Diminuer le stress

Pour les avocats qui défendent ces patients, il s'agit d'une expérience qui diminue le stress de leurs clients. « Ça enlève une pression aux usagers [...] Cette initiative-là fait en sorte que ces gens-là peuvent être entendus rapidement », explique Louis-Michel Côté, avocat spécialisé en psychiatrie légale.

« C'est un vrai procès comme dans tous les autres procès, c'est une salle d'audience, on est en toge, c'est le même décorum », ajoute-t-il.

Le son de cloche est le même du côté du Dr Pierre Laliberté, psychiatre et directeur des soins professionnels à l'IUSMQ.

« Imaginez un grand psychotique, un grand schizophrène paranoïaque qui s'imagine que les Hells Angel lui courent après : d'aller au palais de justice, ce n'est pas toujours aidant. Éviter le stress, rester dans un milieu de quiétude, éviter ces choses-là est un avantage », dit-il.

Le projet-pilote vise aussi à améliorer l'efficacité du personnel médical. Ce dernier, qui avait normalement comme mission d'accompagner les patients au palais de justice de Québec, gagne un temps précieux, car il n'a plus à se déplacer.

Cette initiative allège également l'horaire de certains professionnels de la santé, car avec ce type de procédure, ils peuvent consacrer tout le temps gagné aux autres patients.

Depuis le lancement du projet-pilote, 13 requêtes d'autorisation de soins ont été traitées. Le projet-pilote sera évalué dans un peu plus de six mois. Il pourrait être étendu au Québec.

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