POLITIQUE

L'administration Tremblay qualifie d'« irresponsables » les propos de la Fraternité des policiers

09/10/2012 03:05 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST
Agence QMI

Claude Trudel, le président de la Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal, a rapidement réagi lors d'un point de presse aux propos du président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, qui déclarait avoir perdu confiance en l'administration du maire Gérald Tremblay.

« Les déclarations de M. Francoeur sont irresponsables. Je lui demande de se rétracter. », a déclaré M. Trudel qui s'est dit « outré » qu'un policier de l'expérience de M. Francoeur puisse facilement condamner sans preuve.

« M. Francoeur condamne toute la classe politique sur la base d'une seule allégation non encore corroborée. », a-t-il souligné.

M. Trudel estime que la commission qu'il préside a toute la légitimité pour poursuivre ses travaux.

Dans un communiqué rendu public mardi, la Fraternité des policiers et policières de Montréal affirme avoir un « sérieux malaise » avec le fait que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) doive soumettre ses budgets et ses orientations à l'administration du maire Gérald Tremblay.

Le président de la Fraternité, Yves Francoeur, s'interroge sur la pertinence de discuter des priorités et du budget du SPVM devant une commission contrôlée par un parti qui fait face à de lourdes allégations de corruption.

« J'ai de la misère avec ça, et aussi avec le fait que les budgets du SPVM soient sous le contrôle de cette administration », ajoute Yves Francoeur.

Le parti du maire de Gérald Tremblay, Union Montréal, est dans l'embarras depuis le témoignage de l'entrepreneur Lino Zambito, la semaine dernière, devant la commission Charbonneau.

Ce dernier y avait expliqué qu'en plus d'une quote-part de 2,5 % que les entrepreneurs qui décrochaient des contrats à Montréal devaient verser à la mafia, 3 % de la valeur des contrats obtenus devait aussi être versée au parti Union Montréal.

« Compte tenu de la crédibilité zéro de l'administration Tremblay en matière de probité, on dit qu'ils n'ont plus la légitimité nécessaire pour approuver les crédits, les orientations, les priorités et les budgets du service de police », a déclaré mardi M. Francoeur à Radio-Canada.

Le SPVM prend ses distances

À la suite du communiqué émis par la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Montréal,

À la suite des déclarations de M. Francoeur, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a rendu public un bref communiqué, où il précise que « ses orientations stratégiques, ses priorités organisationnelles et son budget à la Commission de la sécurité publique font l'objet de séances de travail et de séances publiques, le tout conformément à la Charte de la Ville de Montréal. »

Le SPVM a indiqué qu'il a « l'indépendance nécessaire à l'exécution de sa mission », précisant qu'il ne fera pas de commentaires en ce qui concerne ce dossier.

La Fraternité se tourne vers Québec

La Fraternité demande au ministre de la Sécurité publique du Québec, Stéphane Bergeron, et à son collègue des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, de prendre les « mesures qu'ils jugeront appropriées ».

M. Francoeur pense que Québec doit trouver une solution pour « soustraire le service de police de l'administration Tremblay ». Parmi les solutions avancées, il évoque la création d'un poste de « super-administrateur ».

Le président de la Fraternité n'écarte pas un processus qui exclurait temporairement les budgets et les priorités du SPVM du regard de l'administration Tremblay.

La Fraternité redoute que les accusations qui pèsent contre l'administration Tremblay, qui a droit de regard sur les budgets et les orientations du SPVM, aient une influence sur le travail des policiers.

« Le lien de confiance entre nous et la population est très important. Ce que les policiers nous disent présentement c'est que lorsqu'ils disent aux gens qu'ils doivent faire appliquer la loi, ils se font répondre : ­''vos patrons ne la respectent pas'' », déplore le président du syndicat de policiers de Montréal.