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Québec lance ses discussions en vue du sommet sur l'éducation

09/10/2012 06:18 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

À quelques mois d'un forum sur l'éducation universitaire, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, amorce une série de rencontres préliminaires avec les représentants du milieu. Après des relations tendues entre le précédent gouvernement et les leaders étudiants, le ministre entend instaurer une autre dynamique.

Avant son entretien avec les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), mardi après-midi, il a d'ailleurs insisté sur le caractère cordial des échanges avec les leaders des associations étudiantes depuis son entrée en fonction. « On veut ouvrir, on veut changer le ton. C'est une première consultation, avant d'annoncer la tenue du forum », a-t-il précisé.

Affichant son optimisme, le ministre a présenté le conflit étudiant entourant la hausse des droits de scolarité comme chose du passé, soulignant « qu'il n'y a[vait] pas de crise actuellement sur les campus ».

Après la rencontre, la représentante de la FEUQ, Martine Desjardins, s'est d'ailleurs réjouie de l'« ouverture » dont avait fait preuve le ministre Duchesne. « Tout s'est très bien passé », a-t-elle spécifié en entrevue au réseau RDI. « Le changement de ton est tout à fait intéressant », a-t-elle dit, faisant allusion au gouvernement de Jean Charest.

Pierre Duchesne avait déjà tenu des rencontres informelles avec des étudiants la semaine dernière. Il doit s'entretenir vendredi avec les représentants de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), réputée plus radicale dans ses revendications et autour de laquelle s'était formée la Coalition large de l'ASSÉ (CLASSE) lors de la grève contre la hausse des droits de scolarité. La CLASSE a été mise en veilleuse il y a deux semaines.

Le ministre Duchesne doit aussi rencontrer les recteurs des universités, les représentanx syndicaux, mais aussi des « gens qui ne sont pas nécessairement associés à des groupes ». En matinée, il a d'ailleurs rencontré des représentants des chambres de commerce.

Un débat au-delà de la hausse des droits de scolarité

La présidente de la FEUQ a précisé que les échanges avec le ministre Duchesne s'étaient faits autour du document préparé par l'organisation. « Tout est sur la table », a indiqué Mme Desjardins.

La fédération étudiante, qui défendra lors du sommet le gel des droits de scolarité, voudrait aussi que l'ensemble du financement universitaire, et pas uniquement la contribution étudiante, soit examiné, tout comme la gestion des universités. La FEUQ réclame notamment que le vérificateur général du Québec ait accès aux livres comptables des universités pour évaluer la qualité de leur gestion.

Même si le gouvernement Marois privilégie l'indexation des droits de scolarité au coût de la vie, Mme Desjardins a souligné que le gouvernement et la FEUQ avaient des « visions qui pouvaient se ressembler ».

Ce week-end, le ministre Duchesne a lui-même mis en doute le sous-financement des universités, un argument brandi par les recteurs, mais réfuté par la FEUQ. Il est loin d'être certain que les universités québécoises pourront compter sur un financement accru après le sommet, a-t-il prévenu.

Mme Desjardins a par ailleurs indiqué qu'aucune des propositions de la FEUQ n'était conditionnelle à la participation de l'organisation au sommet. « On ne jouera pas la politique de la chaise vide », a-t-elle dit. « Lorsqu'on a un ministre de l'Éducation qui se montre ouvert, transparent, il faut continuer de discuter et continuer de collaborer. »

Même si elle aimerait évidemment que la communauté étudiante soit une voix importante dans ce débat, Mme Desjardins dit espérer que l'ensemble de la population fera connaître son opinion, « même le Conseil du patronat, même les Chambres de commerce ». « On ne peut pas arriver à des conclusions si ce n'est pas tous les acteurs qui s'assoient et qui discutent ensemble. Quand on en exclut un, ça donne des crises comme on a vécu » au cours des derniers mois.

Les positions de la FEUQ diffèrent de celles de l'ASSÉ, qui prône de la gratuité scolaire et voit d'un mauvais oeil la participation des représentants d'entreprises privées au sommet.

« Le front uni était sur la question de la hausse des droits de scolarité », a fait valoir Mme Desjardins.

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