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La Turquie déploie son aviation à la frontière syrienne

09/10/2012 10:55 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST

Alors que les services de renseignement syrien essuient une nouvelle attaque des insurgés, le gouvernement turc envoi des renforts aériens à la frontière syrienne, où les duels d'artillerie se multiplient depuis une semaine.

Mardi, Ankara a déplacé au moins 25 chasseurs F-16 de plus sur la base aérienne de Diyarbakir, dans le sud-est du pays, pour « parer à toute éventualité ».

Au cours d'une allocution au Parlement turc, le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a répété que cette manoeuvre n'était pas offensive, mais plutôt préventive. Le chef du gouvernement turc a expliqué que la Turquie ne voulait pas entrer en guerre avec la Syrie, mais que la Turquie répondrait à toute attaque en provenance de son voisin aux prises avec une intense guerre civile. La Turquie accueille présentement sur son territoire près de 100 000 réfugiés syriens qui fuient les combats et les exactions dans leur pays.

Les forces terrestres turques ont bombardé des positions de l'armée syrienne à plusieurs reprises depuis une semaine à la suite de tirs d'artillerie sur des villes turques en provenance de Syrie.

Les hostilités ont été déclenchées mercredi dernier entre les deux pays par des tirs d'obus syrien sur la ville turque d'Akçakale, où cinq civils ont été tués : deux femmes et trois enfants.

Les échanges d'artillerie de part et d'autre de la frontière n'ont cessé de s'intensifier depuis.

Mardi, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a appelé la Syrie et la Turquie à la retenue tout en rappelant que l'Alliance atlantique, dont la Turquie fait partie, « dispose de tous les plans nécessaires pour protéger et défendre la Turquie si nécessaire ».

Attentat contre les services de renseignement syriens

Pendant ce temps, en Syrie, le quartier général des services de renseignement de l'armée de l'air a été la cible mardi d'une série d'attentats à la voiture piégée. L'attaque a été revendiquée par le groupe islamiste Al-Nousra, qui affirme avoir lancé deux voitures bourrées d'explosifs contre le complexe militaire situé en banlieue de Damas.

Une centaine de personnes auraient été tuées au cours de l'attaque, selon des chiffres avancés par des groupes d'insurgés cités par Reuters.

Selon le Front Al-Nousra, le siège des services de renseignement de l'armée de l'air serait l'une des pièces maîtresses du régime du dictateur Bachar Al-Assad dans la répression en Syrie. Des centaines d'opposants au régime y auraient été détenus et torturés.

Le gouvernement syrien, de son côté, n'a fourni aucune information ni aucun bilan en relation avec cet attentat. Les forces de sécurité ont bouclé le secteur et des tireurs d'élite ont été déployés le long des rues menant au site des explosions.

Selon Reuters, le Front Al-Nousra serait composé de salafistes syriens soupçonnés d'être liés à la nébuleuse terroriste Al-Qaïda.

Avant le début du soulèvement en Syrie, les combattants d'Al-Nousra étaient liés aux services de renseignement du gouvernement Al-Assad, qui le laissait utiliser le territoire syrien comme base arrière pour lancer des attaques en Irak contre les forces d'occupation américaines.

Le mouvement aurait ensuite adopté la cause des rebelles syriens qui combattent depuis des mois pour chasser le dictateur Bachar Al-Assad du pouvoir.

D'après Washington, la guerre civile en Syrie constitue un terreau fertile pour des organisations terroristes internationales qui tentent d'y étendre leur influence en adoptant la cause des rebelles.

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