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Angela Merkel estime que la Grèce a fait «une bonne partie du chemin»

09/10/2012 12:52 EDT | Actualisé 09/12/2012 05:12 EST
AP

ATHÈNES, Grèce - La chancelière allemande Angela Merkel a reçu mardi un accueil hostile de la part de nombreux Grecs lors de sa première visite en Grèce depuis le début de la crise de la dette il y a trois ans.

Elle a néanmoins déclaré que le pays avait fait «une bonne partie du chemin» vers la guérison et qu'il y avait «des progrès quotidiens», après s'être entretenue avec le premier ministre grec Antonis Samaras.

Angela Merkel, qui a effectué une visite de cinq heures à Athènes, a déclaré qu'elle espérait que la Grèce resterait dans la zone euro mais ajouté que le gouvernement devait mener à bien des réformes de restrictions budgétaires essentielles. «C'est un effort qui devrait aller jusqu'au bout parce que sinon cela rendrait les circonstances encore plus dramatiques plus tard», a-t-elle ajouté.

La venue de la chancelière, pour la première fois en cinq ans, a provoqué des manifestations qui ont rassemblé environ 50 000 personnes à Athènes. Plusieurs dizaines de manifestants ont affronté la police et près de 200 personnes ont été détenues au cours de la journée, mais dans l'ensemble toutefois l'atmosphère était pacifique.

Les autorités grecques avaient pris des mesures exceptionnelles pour éviter tout débordement. Plus de 7000 policiers ont été déployés, bouclant les parcs et d'autres quartiers d'Athènes pour garder les manifestants à distance de la chancelière.

En tant que principal contributeur du Fonds de sauvetage européen venu à la rescousse de la Grèce, l'Allemagne est perçue par de nombreux Grecs comme le grand responsable des mesures d'austérité du gouvernement grec, exigées en échange de l'aide apportée.

Beaucoup de dirigeants européens ont évité les voyages officiels en Grèce et le risque d'un accueil hostile, alors que le pays criblé de dettes s'efforce de respecter les engagements nécessaires pour garantir ses emprunts. Mais Angela Merkel a accepté l'invitation d'Antonis Samaras.

«Au regard des commentaires très durs de certains membres de la zone euro — Autriche, Hollande, Finlande — je pense que cela envoie un message à la Grèce» a dit Jason Manolopoulos, auteur d'un livre sur la crise financière européenne en 2011, intitulé «L'Odieuse Dette grecque».

Le premier ministre Antonis Samaras a estimé que cette visite avait mis fin à «l'isolement international du pays».

«Aucun dirigeant étranger ne devrait avoir peur de venir ici», a commenté mardi le quotidien grec Kathimerini.

Depuis mai 2010, Athènes dépend de l'aide internationale pour éponger la crise de sa dette publique, et a dû s'engager en contrepartie dans un programme d'austérité drastique. La Grèce tente aujourd'hui de convaincre ses bailleurs internationaux de lui accorder une nouvelle tranche d'aide de 31 milliards d'euros, sinon elle sera en défaut de paiement et pourrait quitter la zone euro.

La Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, regroupés sous le surnom de «troïka», doivent rendre un rapport sur la question dans les prochaines semaines.

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