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Usine d'engrais : IFFCO confirme le choix de Bécancour (SONDAGE)

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(Radio-Canada.ca)
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Bécancour devrait avoir son usine de production d'urée. Québec en a fait l'annonce officielle mardi matin, dans une région où la décision de fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2 a provoqué la grogne dans une partie de la population.

Le projet de 1,2 milliard et son emplacement avaient déjà été confirmés il y a près d'un mois. La Coop fédérée, établie au Québec, et le géant indien IFFCO, dont le siège social est à Mumbai, seront partenaires de ce projet. IFFCO exploite déjà, ailleurs dans le monde, cinq autres usines du même type que celle qui verra le jour à Bécancour. Le géant indien investirait de 100 à 200 millions dans le projet.

Pour ce qui est des investissements gouvernementaux, nous savons pour le moment que Québec a accordé 5 millions pour une étude de préfaisabilité, qui coûtera au total 20 millions. On sait aussi que chaque partenaire devrait accorder 6 millions chacun pour la réalisation des études environnementales.

Plus de détails sur le reste des fonds qui seront accordés par Québec en ce qui a trait à la construction de l'usine seront précisés mercredi.

Pour ce qui est de l'assurance que le projet, toujours à l'étude, se concrétisera, tous les partenaires soulignent que Bécancour a été l'endroit choisi parmi une cinquantaine d'autres sites en Amérique du Nord. Ils laissent sous-entendre que tout le processus d'étude de faisabilité du projet n'est que le chemin obligatoire à suivre.

La construction de l'usine devrait commencer en 2014, pour un début de production prévu en 2017.

Selon le gouvernement, la construction de l'usine emploiera plus de 1500 travailleurs et, une fois achevée, l'usine assurera de l'emploi à près de 300 de ceux-ci.

L'usine produira de l'urée, une composante contenant de l'azote, nécessaire à la production d'engrais agricole, qui était auparavant importée d'Oman, de Russie ou d'Égypte.

IFFCO aurait décidé de s'implanter au Québec en raison de l'engagement de sa partenaire, la Coop fédérée, d'acquérir la moitié de la production annuelle de l'usine, soit 600 000 tonnes d'urée par année. Le reste de la production est destinée au marché canadien et américain.

Le choix de Bécancour s'explique aussi par la proximité d'un gazoduc , car la production d'urée nécessite une grande quantité de gaz naturel. L'accès facile au fleuve et à la voie ferrée que permettra le site est également un avantage déterminant.

Des emplois de qualité

D'après Yves-François Blanchet, ministre responsable de la Mauricie, on ne connaît pas encore quels seront les salaires des employés de la nouvelle usine, mais il n'y a pas de doute que ces emplois seront des emplois de qualité.

Quant à la possibilité que des employés de la centrale de Gentilly-2 puissent se recycler à l'usine d'engrais, le ministre a été plutôt vague. Selon lui, le gouvernement estime que certains pourront faire la transition, mais « nous sommes sûrs que les résultats seront mieux qu'avec Gentilly ».

Jean-Denis Girard, président de la Chambre de commerce et de l'industrie du Coeur-du-Québec, est de son côté moins optimiste de voir les ex-employés de la centrale nucléaire se trouver un emploi à l'usine d'engrais.

« Ce n'est pas vraiment comparable. L'expertise du nucléaire, d'électricité, tout ce qui est transformation électrique, n'a aucun lien avec l'usine de transformation d'urée qui s'en vient à Bécancour. Donc, se sont des emplois qui sont complètement différents. Ça prend une formation vraiment spécialisée de ce type-là. Donc, les employés de Gentilly-2 ne peuvent pas aller appliquer à cette usine-là. Ce n'est pas du tout les mêmes compétences qui sont recherchées », dit-il.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a annoncé la fermeture - à la suite de la recommandation d'Hydro-Québec - de la centrale nucléaire Gentilly-2 le 3 octobre dernier. Cette recommandation est contenue dans le rapport d'évaluation produit par la société d'État sur les coûts de réfection de la centrale nucléaire.

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