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Commission Charbonneau: le PLQ a trop tardé, admet Raymond Bachand

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Raymond Bachand. (Radio-Canada.ca)
Raymond Bachand. (Radio-Canada.ca)

L'ancien ministre des Finances du Québec et actuel candidat à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ), Raymond Bachand, admet que le gouvernement défait le 4 septembre a trop attendu avant de déclencher une commission d'enquête publique sur l'octroi et la gestion des contrats dans l'industrie de la construction.

M. Bachand a fait cette admission au cours de l'émission Tout le monde en parle, qui est diffusée le dimanche à la télévision de Radio-Canada.

« Moi je n'ai aucune patience, aucune tolérance pour la corruption. Maintenant, pour ce qui est de la commission d'enquête (...) peut-être qu'elle aurait pu être déclenchée un petit peu plus tôt, mais ça prenait quand même les enquêtes policières avant », explique M. Bachand.

L'ancien ministre des Finances explique qu'une commission d'enquête constitue une sorte de dernier recours, puisque les témoins qui y défilent ne peuvent être poursuivis pour ce qu'ils viennent y raconter.

« Quand un témoin, aujourd'hui c'est M. Zambito - lui, il ne peut être poursuivi pour rien de ça [ce sur quoi il témoigne en commission], explique-t-il. Si jamais la police veut le poursuivre pour ce qu'il dit, il faut que la police prouve que la preuve qu'elle ramasse est totalement indépendante. Pis, ça veut dire qu'il faut qu'elle donne ses noms de délateurs. »

M. Bachand estime que la commission d'enquête sert à décortiquer un phénomène pour éviter que la situation ne se reproduise. Une utopie, selon lui, en ce qui concerne la collusion et la corruption. « La commission d'enquête, ce n'est pas de mettre le monde en prison, illustre-t-il. C'est pour faire en sorte que ça n'arrive plus. Quels mécanismes on se donne pour que ça n'arrive plus. Pis pour que ça n'arrive plus... Ça arrive partout dans le monde [la corruption et la collusion]. »

Sur la scène fédérale, la Commission Gomery a entraîné la chute du Parti libéral du Canada et l'a relégué au statut de deuxième parti d'opposition. Mais, M. Bachand est catégorique, il ne craint pas un tel impact de la Commission Charbonneau sur le PLQ. Après un silence, il émet toutefois un doute. « Mais, on est dans l'hypothèse. Je ne connais pas ce que je ne connais pas, qu'est-ce que tu veux que je te dise. »

Le gouvernement de Jean Charest s'est opposé au déclenchement d'une commission d'enquête sur la collusion et la corruption dans le milieu de la construction. Les partis d'opposition ont unanimement réclamé une telle commission, suivis notamment en cela par les policiers de la Sûreté du Québec, la Fraternité des policiers de Montréal, l'Ordre des ingénieurs du Québec et l'Association des procureurs de la Couronne du Québec.

Dans la foulée de diverses révélations par les médias, au cours des dernières années, la population s'était largement et rapidement rangée derrière cette option, selon ce qu'ont révélé les sondages.

L'adéquiste Sylvie Roy a été la première à réclamer une enquête en avril 2009.

Le rapport sur Gentilly 2

Le gouvernement ignorait le contenu du rapport d'Hydro Québec sur les coûts de la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly 2 lors du déclenchement des élections générales, a par ailleurs indiqué M. Bachand.

Il soutient que les membres du PLQ connaissaient les grandes lignes des coûts associés à la réfection, 2 milliards de dollars, et ceux de la fermeture, 2 milliards de dollars. Il ajoute que les dépassements de coûts, fréquents au Québec, sont également au rendez-vous à la centrale de Pointe-Lepreau au Nouveau-Brunswick.

Il croit toutefois qu'il aurait fallu attendre le rapport, l'analyser et le présenter aux gens de la région de Bécancour de même qu'aux Québécois avant de prendre une décision déterminante.

Au sujet de sa candidature à la direction du PLQ, il croit en ses chances, malgré un retard sur ses deux adversaires dans les sondages. Il répond aux reproches de certains sur son manque de charisme qu'un ministre des Finances ne peut être « un excité ». Il explique que ses anciennes fonctions ont pu lui donner une image publique moins sympathique que ses adversaires.

Bien que les trois candidats à la direction du PLQ invoquent l'importance pour le parti de reprendre contact avec sa base militante, M. Bachand refuse de désavouer publiquement l'ancien chef Jean Charest. « Moi je constate ce que les militants me disent depuis trois semaines, explique-t-il. Et je leur parle, et ils ont le goût de participer au débat. Ils ont le goût de faire les choses différemment. Je les écoute. [...] »

« Il faut qu'on bâtisse notre programme ensemble, avec les citoyens, pour les six prochains mois et avec les citoyens par la suite », conclut-il.