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Peter Trent veut que le maire Vaillancourt démissionne de l'UMQ

05/10/2012 05:50 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Au lendemain de la série de perquisitions menées à Laval jeudi, le maire de Westmount et président de l'Association des municipalités de banlieue, Peter Trent, estime que le maire Gilles Vaillancourt doit quitter les fonctions qu'il occupe au sein de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), du moins temporairement.

« La décence-même exige que M. Vaillancourt se retire temporairement [de ces deux instances supramunicipales] », a déclaré Peter Trent en entrevue à Radio-Canada. Il en va de la « bonne réputation des élus », dit-il.

Dans la foulée d'une enquête policière, il avait déjà formulé cette demande en novembre 2010, mais les événements de jeudi lui ont fourni un argument supplémentaire.

« M. Vaillancourt ne peut pas nier qu'il y a eu une perquisition et qu'il y a actuellement une enquête », plaide-t-il, en référence à l'opération de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) et de l'escouade Marteau menée à la résidence du maire Gilles Vaillancourt dans quatre édifices lavallois, dont l'hôtel de ville et la résidence principale du maire Vaillancourt.

S'il dit ne pas se prononcer sur la culpabilité du maire Vaillancourt pour quelque acte que ce soit, M. Trent souligne toutefois que les soupçons sont suffisants pour justifier son retrait.

Puisque M. Vaillancourt refuse d'offrir de lui-même sa démission de l'UMQ, M. Trent indique qu'il a écrit au comité exécutif pour réclamer son départ, le temps de l'enquête, « en guise de protestation ». « S'il est disculpé, parfait, il pourra revenir », ajoute-t-il.

Il rappelle qu'en novembre 2010, Jacques Duchesneau s'était temporairement retiré de ses fonctions de chef de l'Unité anticollusion lorsqu'avaient circulé des informations laissant croire qu'il avait utilisé des prête-noms pour financer sa campagne électorale municipale de 1998. Il avait repris son poste trois mois plus tard, après avoir été blanchi par le Directeur général des élections.

Le maire Trent se refuse toutefois à réclamer sa démission de la mairie de Laval, puisqu'il n'est pas citoyen de la municipalité. « La seule chose que je peux vous dire, c'est que je ne veux pas être membre d'un comité exécutif avec lui comme membre, pour le moment », tranche-t-il.

Des allégations depuis plusieurs années

M. Trent avait d'ailleurs quitté son poste au sein du comité exécutif et du conseil de l'UMQ en novembre 2010, après que M. Vaillancourt eut refusé de démissionner de l'UMQ, malgré l'ouverture d'une enquête de la Sûreté du Québec sur des allégations d'irrégularités visant M. Vaillancourt.

À l'époque, Serge Ménard avait déclaré à Radio-Canada que le maire Vaillancourt lui avait offert illégalement 10 000 $ comptant en 1993, alors qu'il était candidat péquiste dans la circonscription lavalloise de Laval-des-Rapides.

En août dernier, la société d'État avait aussi appris que Gilles Vaillancourt aurait donné la même somme à un ex-collecteur de fonds du Parti québécois, Claude Vallée, durant la campagne électorale provinciale de 1994. Cette présumée affaire de financement illégal a été dénoncée à l'escouade Marteau.

Le maire Vaillancourt a toujours nié ces allégations. Il avait sommé ses détracteurs de se rétracter en déposant une mise en demeure, mais il l'avait ensuite retirée.

Ce n'était pas les premières fois que la Sûreté du Québec tournait son attention vers la municipalité de Laval. Dès 2009, François Beaudry, un ancien conseiller du sous-ministre du ministre des Transports, avait de son côté affirmé à Radio-Canada qu'il avait été témoin d'un stratagème de collusion à Laval, en 2003. À l'époque, M. Beaudry avait porté plainte à la SQ, qui avait ouvert une enquête qui s'était cependant terminée sans résultats.

Gilles Vaillancourt préside également le caucus des municipalités de la région métropolitaine de Montréal.

En matinée, il s'est dit surpris par l'opération policière de la veille.

Avec Benoît Chapdelaine

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