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La contraception gratuite fait diminuer les avortements chez les adolescentes

05/10/2012 01:14 EDT | Actualisé 05/12/2012 05:12 EST
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SAINT-LOUIS - La gratuité de la contraception fait radicalement baisser le taux d'avortements et de grossesses non désirées chez les adolescentes, révèle une étude réalisée aux États-Unis.

Cette étude, publiée jeudi dans la revue «Obstetrics & Gynecology», paraît au moment où une mesure similaire incluse dans la réforme du système de santé de l'administration Obama fait l'objet de critiques virulentes.

Le docteur Jeffrey Peipert et son équipe de l'université de Washington à Saint-Louis, au Missouri, ont suivi plus de 9000 femmes de 2008 à 2010, dont plusieurs étaient pauvres ou non assurées. Elles pouvaient choisir entre plusieurs méthodes de contraception proposées gratuitement, allant de la pilule contraceptive au stérilet en passant par l'implant contraceptif. Les trois quarts des femmes suivies ont choisi les méthodes les plus efficaces, comme l'implant, qui coûte habituellement plusieurs centaines de dollars.

L'effet de la gratuité de la contraception sur les grossesses adolescentes a été impressionnant: le taux était de 6,3 naissances pour 1000 adolescentes dans cette étude, contre 34 pour 1000 au niveau national en 2010.

En ce qui concerne les avortements, le taux était de 4,4 à 7,5 avortements pour 1000 femmes dans l'étude, contre de 13,4 à 17 avortements pour 1000 femmes dans toute la région de Saint-Louis, selon les calculs du docteur Peipert. Le taux national est de 20 avortements pour 1000 femmes.

«Nous ne devrions pas avoir, à mon avis, un système où les femmes aisées peuvent planifier leur famille et celles qui n'ont pas d'argent ne le peuvent pas», a estimé le docteur Peipert.

Le docteur James Breeden, président du collège américain des obstétriciens et gynécologues, a commenté les résultats en les qualifiant d'«amélioration fantastique».

«Je dirais que si vous êtes contre l'avortement, vous devriez être à 100 pour cent d'accord avec l'accès à la contraception», a-t-il dit.

Plus de la moitié des six millions de grossesses annuelles aux États-Unis ne sont pas désirées. La moitié des ces grossesses non voulues sont attribuables à une absence de contraception et 43 pour cent se terminent par un avortement. En outre, les femmes ayant un faible revenu ont plus tendance à vivre une grossesse non désirée.