POLITIQUE

SNC-Lavalin propose de faire la réfection de Gentilly-2 à coût moindre

04/10/2012 05:13 EDT | Actualisé 04/12/2012 05:12 EST
AP
The offices of SNC Lavalin are seen Monday, March 26, 2012 in Montreal. SNC-Lavalin says chief executive officer Pierre Duhaime has resigned amid allegations he overruled top executives in approving questionable payments that breached the company's code of ethics. (AP Photo/The Canadian Press, Ryan Remiorz)

QUÉBEC - Le géant du génie-conseil SNC-Lavalin propose de faire la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 à coût moindre.

La multinationale demande du temps pour examiner les données du rapport d'Hydro-Québec et suggère même d'exploiter la centrale de Bécancour avec un bail, une autre option, comme dans d'autres pays. Elle met donc en garde le gouvernement Marois contre la précipitation dans ce dossier.

SNC Lavalin réagit ainsi à l'annonce de la fermeture de la seule centrale nucléaire du Québec. Hydro plaide en effet que la réfection coûterait 4,3 milliards $ et n'est pas économiquement viable, parce qu'elle produirait de l'électricité à un coût supérieur au marché.

Le déclassement a donc été choisi, au coût de 1,8 milliard $, sur 50 ans.

SNC-Lavalin semble prudemment remettre en doute les données d'Hydro-Québec. Propriétaire de la technologie du réacteur Candu utilisée à Gentilly, l'entreprise ne cache pas son intérêt dans la réfection, voire l'exploitation, de la centrale.

Le vice-président exécutif de SNC-Lavalin et membre du conseil d'administration de Candu, Patrick Lamarre, estime que l'expérience de son entreprise dans la réfection d'équipements similaires ailleurs au Canada et dans le monde rend ce type de projet de moins en moins onéreux.

«On va être rendu à six-sept (projets de réfection du même genre)», a-t-il dit dans une entrevue téléphonique à La Presse Canadienne jeudi.

«On a une meilleure connaissance des coûts, de la productivité, alors les outils sont démontrés, les équipes se déplacent de chantier en chantier, on a une meilleure confiance en la capacité d'exécution dans des coûts moindres que ce qui a été fait jusqu'à maintenant.»

Il n'a toutefois pas avancé de chiffres précis, un exemple de coûts, pas plus qu'il n'a contesté ouvertement l'estimation de 4,3 milliards $ d'Hydro.

Mais il veut voir les données d'Hydro et «travailler avec le gouvernement» pour prendre en compte les hypothèses et les chantiers les plus récents, «pour voir s'il n'y a pas une occasion de revoir cet estimé».

«Est-ce qu'on peut avoir plus de temps pour mieux comprendre et mieux comparer quels seraient les vrais coûts avec les dernières informations?» a-t-il demandé, pour éviter en quelque sorte l'empressement.

Certes, a-t-il admis, il y a eu des dépassements de coûts à Pointe Lepreau (N.-B.) et la centrale ontarienne Bruce, mais dans ce dernier cas, il en coûtera 4,8 milliards $ pour deux centrales, pas seulement une, a-t-il argué.

SNC Lavalin propose par ailleurs une autre option: reprendre la centrale à bail, à l'instar de ce qui se fait aux États-Unis et en France, mais aussi, justement, pour Bruce, en Ontario. Candu est intéressée à s'occuper de la réfection, de l'exploitation, voire du déclassement, mais Hydro demeure propriétaire des installations. Un contrat d'approvisionnement en électricité lierait la société d'État à Candu, avec un tarif établi.

Il assure que l'entreprise assumerait néanmoins une part de risque, et qu'en cas d'accident, la responsabilité pourrait être partagée, dépendant des cas.